Livre du langage analogique d’Hermès : Les Fables Égyptiennes et Grecques par Dom Antoine-Joseph Pernety
les dieux de l'Olympe
Chute des géants Giulio Romano
Livre d’Alchimie et d’ésotérisme les fables Égyptiennes et Grecques par Dom Antoine-Joseph Pernety. Chapitre Premier : Les travaux d’Hercule. LA réputation d’Hercule a été si universellement répandue, et ses travaux immenses ont fait tant de bruit dans le monde, qu’il n’est presque pas un coin de la terre où il n’ait été connu, dès l’antiquité la plus reculée. Il fut toujours regardé comme le plus grand des Héros, le vainqueur des monstres et des tyrans. Il y aurait donc de l’absurdité et de la mauvaise humeur à vouloir combattre la réalité de son existence, an moins dans l’imagination des Philosophes, et des Poètes qui ont suivi leurs idées. On veut qu’Hercule ait existé en personne ; on prétend même qu’il y en a eu plusieurs ; j’en tomberai encore d’accord. Je dis plus : chaque pays a eu le sien, et même plus d’un. Mais enfin, qu’Hercule ait été Egyptien, Phénicien, Idéen, Gaulois, Germain, ou de toute autre nation, il s’agir ici de celui à qui l’on a attribué ions ces travaux donc je dois parler dans ce Livre. Sont-ce les travaux de plusieurs Héros du même nom, que l’on a attribues à celui de Thèbes ? Je n’en crois rien ; et je conviendrai, malgré cela, qu’Hercule n’est qu’un surnom ou un attribue de tous ceux qui ont fait les actions donc il s’agir. Ainsi, que l’Hercule Tyrien s’appelât Thasius ; le Phénicien, Desanaüs ou Agenor; le Grec, Alcée ou Alcide ; l’Egyptien, contemporain d’Osiris et Général de les Troupes, Osochor ou Chon ; l’Indien, Dorsane ; le Gaulois, Ogmion, etc. peu m’importe. Quelque nom qu’aient eu tous les Hercules du monde, ils n’en étaient pas moins des Hercules ; et tous, quoi qu’on en dise, étaient fils d’Alcmène, comme on le verra bientôt. Ce qui me surprend, et qui doit surprendre tout le monde, c’est que les Historiens et les Poètes aient bien voulu compter parmi les exploits d’un si grand Héros, et conserver avec de grands éloges, à la postérité, une quantité de faits qu’un Palefrenier ou tout autre homme de cette espèce a coutume de faire, ou peut exécuter. Quoi ! chasser des oiseaux d’une Ile en faisant un charivari de chaudrons, nettoyer une étable à boeufs, enlever des cavales, étouffer un homme en lui faisant perdre terre, tuer un aigle à coups de flèches, etc. Sont-ce donc là des faits si inouïs, des actions si extraordinaires ? Ou changent-elles de nature, pour avoir été faites par un Héros ? Alexandre, César, Pompée et tant d’autres, étaient des Héros, mais les Historiens auraient cru avilir leurs histoires, s’ils avaient pris pour motifs de leurs éloges des faits qu’ils auraient eu communs avec la plus vile populace. On se serait moqué et du Héros, et du Panégyriste. Les autres faits d’Hercule sont pour la plupart si peu vraisemblables, qu’un homme de bon sens rougirait de les regarder comme réels ; des gens d’esprit et très sensés nous en ont cependant conservé la mémoire. Tout cela doit donc nous faire penser qu’ils avaient d’Hercule une idée bien différente de celle qu’on en a communément. Ils regardaient Hercule comme uni Héros, mais comme un Héros fabuleux, issu des Dieux de la Fable, et ne faisaient pas difficulté de lui attribuer des actions qui ne peuvent convenir qu’à des Dieux de la Fable. Aussi le même Hercule est-il supposé en même temps dans l’Egypte, la Phénicie, l’Afrique, les Indes et la Grèce, Orphée, le plus ancien des Poètes, Hermès Trismégiste, Homère et tant d’autres racontent les actions d’Hercule, et pas un ne se flatte d’avoir été son contemporain, d’avoir vu des vestiges de ses actions ; les uns et les autres se contentent de les raconter : et Orphée, Homère, ces Poètes qui ont été les pères de la fiction et des fables, sont-ils plus croyables sur les actions d’Hercule que sur celles de leurs Dieux ? Ne doit-on pas penser des unes comme des autres ? Je veux dire qu’elles sont toutes de pures allégories, puisque Orphée est le premier qui a pris chez les Egyptiens toutes celles des Dieux et des Héros, qu’il a transportées dans la Grèce. Il dit lui-même au commencement de son histoire des Argonautes, qu’il a fait un traité des travaux d’Hercule, un autre du combat de Jupiter avec les Géants, un troisième de l’enlèvement de Proserpine, du deuil qu’en porta sa mère, et des courses de celle-ci ; un autre du deuil que faisaient les Egyptiens à l’occasion de la mort d’Osiris, et plusieurs autres pleins d’allégories, qu’il débita dans la Grèce, comme des faits des Dieux et des Héros. Si Orphée est le premier qui ait fait mention de tout cela, comme tous les Auteurs en conviennent, il y a grande apparence que ceux qui sont venus après lui, ou n’ont suivi que ses idées, ou, comme Homère, ont puisé dans la même source. Sur quel autre principe peuvent donc raisonner les Mythologues de nos jours, et ceux qui les ont précédés ? Sur quel fondement établiront-ils leur système d’histoire ? Sera-ce sur le rapport de quelques-anciens qui, n’entendant pas les allégories de ces premiers Poètes, s’efforçaient, par toutes sortes de moyens, de donner un air de vraisemblance à des faits qui n’en avaient point, et ne pouvaient en avoir, que pris allégoriquement ? Quelles époques prendront-ils pour déterminer les points chronologiques de l’histoire des personnes prétendues, qui vivaient avant le siècle d’Orphée ? il s’en trouve qui l’ont entrepris parmi les Grecs ; on en voit encore aujourd’hui : mais, avouons-le de bonne foi, Bochart, M. le Clerc, Meursius, M. l’Abbé Banier et tant d’autres y nous ont-ils donné là-dessus quelque chose qu’on puisse assurer être vrai ? J’en appelle au Lecteur désintéresse, qui ne s’est pas laissé aveugler par des raisonnements spécieux, et qui n’a pas porté dans la lecture qu’il a faire de ces Auteurs, un esprit prévenu, soit en faveur de l’Auteur, soit en faveur de son système. Non, nous n’avons pas-un seul Auteur que l’on puisse croire sur le rapport ; qu’il fait de ce qui s’est passé avant Orphée ; j’en excepte l’Ecriture Sainte : mais il n’est pas question ici de la généalogie des Juifs ; il s’agit de la généalogie et des action s des Dieux et des Héros prétendus du Paganisme. Les Egyptiens sont emporté à cet égard, comme a l’égard de bien d’autres choses, sur les Grecs oc les autres Nations. Ils ont servi d’exemple aux autres d’une vaine gloire fondée sur leur antiquité. L’on a vu des Auteurs très postérieurs à Orphée, Homère, et bien des siècles après eux, en croire les Egyptiens sur leur parole, et dire comme eux, avec un grand sang-froid, que les Dieux et les Héros ont régné en Egypte dix-huit à vingt mille ans. Il suffit, pour les convaincre de faux, de suivre la généalogie de leurs Dieux, dont Horus, suivant Hérodote (In Euterpe 144.) fut le dernier : Priores tamen his viris fuisse Deos in AEgypto principes, una cum hominihus habitantes, et eorum semper unum extitisse dominatorem ; et postremum illic regnasse Horum Osiris filium, quem Graeci Apollinem nommant. Tunc, postquam Typhonem extinxit regnasse in AEgypto postremum. Osiris autem, Graecâ Linguâ, est Dionysus . Si Horus est donc le dernier des Dieux qui ait régné en, Egypte, comme les Egyptiens avaient rai son de le dire, puisque Horus ou Apollon est la perfection de l’oeuvre Hermétique ou l’élixir parfait au rouge. Sa généalogie ne compte pas beaucoup de générations. Horus était fils d’Osiris, celui-ci l’était de Saturne, et Saturne eut Coelus ou le Ciel pour père. De qui Coelus fut-il fils ? Ainsi toute la chaîne des Dieux, suivant les Egyptiens, consiste dans Coelus, comme la racine de l’arbre, d’où sont sortis successivement Saturne, Osiris et Horus. Voilà donc les Dieux qui ont régné tant de milliers d’années. Ils ne pouvaient en effet en compter davantage, eu égard à l’objet qu’ils se proposaient dans ces Dieux allégoriques, puisqu’ils ne sont que quatre dans l’Art Hermétique, comme on a pu le remarquer constamment ici. Coelus est la matière, Saturne la couleur noire, Isis la couleur blanche, et Horus la couleur rouge ; c’est-à-dire, la matière mise dans le vase est Coelus, qui règne jusqu’à ce que Saturne ou sa couleur noire paroisse : Saturne règne alors jusqu’à la couleur blanche, qui est Isis, enfin la couleur rouge survient à la matière, et succède à la blanche : voilà le règne d’Horus, qui est dit justement le dernier, puisque la rouge est permanente et ne varie plus. C’est donc mal à-propos qu’on s’amuse à disputer, à contredire ou a vouloir justifier le calcul des Egyptiens sur la durée des règnes de ces Dieux prétendus, puisque ces Dieux et leurs règnes ne sont que de pures allégories. Mais revenons à Hercule. Hercule était un des douze Dieux de l’Egypte, suivant Hérodote (Loc. cit. c. 43.). Si le fils d’Alcmène est originaire d’Egypte, je pense qu’on ne risque pas beaucoup à assurer que l’Alcée Grec et l’Hercule Egyptien pourraient bien être une même chose, car les différents noms qu’on donne à un même sujet, ne changent point sa nature. Mais tel qu’il soit, il est fils d’Alcmène, suivant tous les Auteurs, et Orphée nous apprend (In Argonaut.) qu’il ne fallut pas moins de trois nuits et trois jours pour former un si grand homme. Homère eu du même sentiment (In Hymno Herculis.) Ces deux Auteurs me paraissent préférables à ceux qui le disent fils d’Amphitryon. Alcmène était déjà enceinte du fait d’Amphitryon : mais elle voulue, dit-on, devenir grosse d’elle-même, et Jupiter s’étant prêté à ses désirs, réunit trois nuits dans une, et passa tout ce temps, avec elle. On voit bien par-là que les Poètes ont voulu mettre de l’extraordinaire dans cette conception d’Hercule, afin de donner à entendre que ce Héros participait plus de la Divinité que de l’humanité. Ils ont toujours mêlé du merveilleux dans l’histoire des grands hommes, afin de faire concevoir d’eux un certain respect. Ils ont supposé Pallas née du cerveau de Jupiter, pour marquer la force de la sagesse et la perspicacité du génie. Les Egyptiens, premiers inventeurs des fictions, ne s’inquiétaient pas beaucoup de les rendre conformes au cours ordinaire de la nature, ni aux règles établies pour les moeurs. De là sont venus tous ces prétendus adultères et ces autres crimes monstrueux, dont leurs fables et celles qui ont été imitées des leurs, sont remplies. Ils les attribuent non seulement aux hommes, mais aux Dieux, et les publient avec éloge y comme s’ils avaient voulu indiquer par-là que ceux dont il était question, n’étaient ou n’avaient été en effet ni Dieux, ni hommes réels, mais seulement symboliques, et qui ne devaient leur être de dénomination spécifiée, qu’a, l’imagination des hommes. Hermès Trismégiste, dans son Dialogue avec Asclépios, nous l’insinue assez, puisqu’il n’y parle toujours que d’un seul Dieu souverainement bon, souverainement Sage et parfait, duquel tout procède, qui a créé et qui gouverne toutes choses. Après avoir parlé des différents Dieux, il dit qu’ils sont fabriqués par les hommes : Sic Deorum fictor est homo. Il ajoute : Nos Aïeux incrédules étant tombés dans l’erreur à l’égard des Dieux, et ne portant pas leur attention sur la religion et le culte du vrai Dieu, ont trouvé l’art de se faire des Dieux. Quoniam ergo Proavi nostri multum errantes circa Deorum rationem, increduli, et non animadvertentes ad cultum religionemque divinam, invenerunt artem quâ Deos efficerent . Tout homme qui lira avec attention cet ouvrage d’Hermès, y verra clairement que les Egyptiens ne reconnaissaient qu’un seul vrai Dieu éternel, sans commencement ni fin, et que le nom de Dieu qu’ils donnaient à d’autres êtres, ne doit point être pris dans le même sens, mais seulement comme Ministres dépendants et obéissants aux ordres du souverain Créateur de ces Ministres mêmes et de toutes choses. Mais ce n’est pas ici le lieu de disserter sur la religion des Egyptiens ; ceux qui seront curieux de voir leur justification sur l’accusation portée contre eux, d’avoir rendu les honneurs divins, même pendant le temps de leur gloire, aux choses les plus viles, et d’avoir autorité par leur exemple le culte des Dieux matériels, peuvent avoir recours au Traité qui a été fait par Paul-Ernest Jablouski, Docteur en Théologie dans l’Université de Francfort le Vieil. Ce livre a pour titre ; Panthéon AEgyptiorum, sive de Diis eorum commentarius, imprimé in- 8°. à Francfort, en 1751. Les Poètes ont donc feint qu’Hercule n’avait pas été fait aussi simplement que les autres hommes. Il fallait, pour donner une idée de la force de ce Héros, le supposer fils du plus grand dos Dieux, et formé avec un travail et une attention conforme à ce qu’il devait devenir. Il fallait même feindre le cours ordinaire de la nature, changé à cause de lui. Ils avaient sans doute puisé ces idées chez les Egyptiens, qui, pourvu qu’ils se fissent entendre, et qu’ils exprimassent, ce qu’ils pensaient de manière à le faire comprendre, s’embarrassaient fort peu si les moyens qu’ils employaient pour cela, étaient conformes ou non au cours ordinaire des choses. Les Grecs furent quelquefois plus scrupuleux sur l’article ; ils indiquaient souvent les choses par les noms qu’ils leur donnaient, comme nous l’avons vu jusqu’ici par l’étymologie même de ces noms. Celui d’Alcéé ou d’Alcide était de ce nombre, puisqu’il vient d’ force, puissance. Il fallait bien le supposer extrêmement fort et robuste, pour braver tous les dangers, vaincre tant de monstres, et venir à bout de tous les travaux qu’on lui attribue ; ce n’était pas assez de le désigner comme un particulier, on devait supposer qu’il avait apporté, en venant au monde, une force de corps et un courage plus qu’ordinaire. Il fallait le dire fils de parents capables de produire un si grand homme ; aussi le dit-on fils d’un Dieu, et si on ne lui donne pas une Déesse pour mère, mais une femme, le nom d’Alcmène indique assez que ce n’est pas une femme commune. Il signifie la force du génie, la solidité du jugement, la grandeur d’âme, tout ce qu’il faut enfin pour former un parfait Philosophe ; car , signifie force, et , âme, impétuosité, ardeur de l’esprit, force, courage. Tel aussi doit être l’Artiste de la Médecine dorée, et tel le supposèrent ceux qui lui donnèrent le nom allégorique d’Alcée ou d’Hercule. Nous verrons, par l’explication de ce Héros, que les Anciens n’entendaient pas autre chose, pour l’ordinaire ; je dis pour l’ordinaire, car ils ont quelquefois mis sur le compte d’Hercule ou de l’Artiste les effets ou opérations du Mercure philosophique. Les Philosophes Hermétiques s’expriment souvent dans ce sens-là, et disent : mettez ceci, mettez cela, imbibez, semez, cohobez, broyez, etc. comme si l’Artiste le faisait en effet, quoique la nature elle-même le fasse en opérant dans le vase par le moyen du mercure, comme nous l’assure Synésius (De l’Art secret des Philosophes.) en ces termes : « Remarquez que dissoudre, calciner, teindre, blanchir, imbiber, rafraîchir, baigner, laver, coaguler, fixer, broyer, dessécher, mettre, ôter, sont une même chose, et que tous ces mots veulent dire seulement cuire la nature jusqu’à ce qu’elle soit parfaite. » Et qu’est-ce qui fait tout cela ? C’est le Mercure Philosophique, ou l’eau mercurielle. Suivant ce conseil du même Auteur : « Je vous dis, mon fils, de ne faire aucun compte des autres choses, parce qu’elles sont vaines ; mais seulement de cette eau, qui brûle, blanchit, dissout et congèle. C’est elle qui putréfie, et qui fait germer. » Ainsi l’Artiste et le Mercure travaillants de concert à la perfection de la Médecine dorée, ceux qui en traitent mettent indifféremment sur le compte de l’un et de l’autre coût ce qu’ils disent par similitude, par allégorie ou fabuleusement, des opérations par lesquelles la matière de cette médecine se travaille, se purifie et se perfectionne. L’histoire d’Hercule a été fabriquée dans ce goût-là. C’est pour cette raison qu’on lui donne pour frère un certain Iphicle, qui n’avait pas son pareil pour la légèreté a la course, puisque Hésiode nous apprend qu’il marchait sur les eaux comme sur la terre, et sur des épis de blé sans les faire plier. Iphicle fut aussi un des principaux Héros qui accompagnèrent Jason, à la conquête de la Toison d’or. Tous ces traits de la vie d’Iphicle conviennent très bien au Mercure philosophique, ou à la partie volatile de la matière du grand oeuvre. Hercule naquit à Thèbes de Béotie. Cette Ville fut bâtie par Cadmus, et la raison pour laquelle nous avons vu dans le second Livre, qu’il l’avait bâtie, est la même qui a fait déterminer la naissance d’Hercule dans cette Ville. Pour donner quelque vraisemblance à l’histoire d’Hercule, les Poètes ont feint que Junon avait conçu pour lui une haine mortelle, dès avant qu’il fut né, et que pour assouvir cette passion, elle avait usé d’un stratagème qu’Homère raconte de la manière suivante (Iliad. I.19, v. 95.). « Un jour Até, fille de Jupiter, trompa elle-même ce Dieu, lui qu’on dit être plus puissant que les Dieux et les hommes. Junon, quoiqu’elle ne soit qu’une femme, en fit autant le jour qu’Alcmène devait mettre au monde la force Herculéane dans la Ville de Thèbes. Jupiter avait dit à tous les Dieux, en se glorifiant : Ecoutez-moi tous, Dieux et Déesses ; je veux vous faire part d’un projet que j’ai eu tête. Aujourd’hui la Déesse qui préside aux accouchements, Illithie, mettra au monde un homme qui régnera sur tous ses voisins, et cet homme sera de mon sang. Junon, qui méditait de lui jouer un tour, lui dit : Vous nous en imposez, vous ne tiendrez pas ce que vous promettez ; jurez-nous donc que l’enfant qui naîtra aujourd’hui, issu de votre sang, régnera sur tous ses voisins. Jupiter qui ne soupçonnait point la supercherie de Junon, jura un grand serment, et il lui en mésarriva. Junon descendit promptement de l’Olympe, se transporta à Argos, ou elle savait que la femme de Sthénelus, fils de Persée, était grosse d’un garçon, et qu’elle était dans son septième mois. Elle la fit donc accoucher avant terme, et elle retarda l’accouchement d’Alcmène, en arrêtant Illithie. Junon vint ensuite dire à Jupiter, il vient de naître un homme de condition, savoir, Eurysthée, fils de Sthénelus, et petit-fils de Persée qui était de votre sang ; il mérite par conséquent de régner à Argos. Jupiter fut très affligé de cette nouvelle ; la colère lui fit jurer par le plus grand serment, en prenant Até par sa belle chevelure, que puisqu’elle faisait du mal à tout le monde, elle ne retournerait jamais dans le Ciel étoilé. Aussitôt il la saisit, la fit pirouetter d’un tour de main, la précipita du Ciel, d’où elle fut se mêler dans les affaires des humains. » Voilà la prétendue source du pouvoir qu’Eurysthée eut de commander à Hercule tous les travaux que ce Héros fit dans la suite. Junon le persécuta dès sa naissance ; car à peine fut-il né, qu’elle envoya deux gros serpents pour le dévorer. Iphicle en eut peur, et sa légèreté lui fut d’un grand secours pour éviter le danger : mais Hercule les saisit, et les mit en pièces. Eumolpe (Lib. de Mysteriis.) dit que Junon avait, à la vérité, pour Hercule une grande haine ; mais que Pallas la guérit si bien de cette passion, qu’elle la détermina même à nourrir Hercule de son propre lait ; ce qui le rendit immortel : qu’Hercule suçant avec trop de force et d’avidité la mamelle de Junon, le lait qu’il en tira de trop se répandit et forma la voie lactée. D’autres rapportent ce fait de Mercure, comme nous l’avons vu dans son chapitre. A Icide en devenant grand, montrait les grandes dispositions qu’il avait pour tout ; sa force et son courage se manifestaient dans toutes sortes d’occasions. Ce fut pour faire fructifier ces admirables semences, qu’on prit de son éducation tous les soins possibles. Il apprit de Teutate, Pasteur Scythe, l’art de tirer de l’arc ; d’autres disent de Rhadamanthe, de Thestiade, d’Euryte. Lin, fils d’Apollon, l’instruisit dans les Lettres ; Eumolpe lui apprit la Musique ; Harpalycus, la lutte et les autres arts qui y ont du rapport ; Amphitryon, l’art de monter a cheval ; Castor, la manière de, combattre en armes ; et Chiron enfin, le plus sage et le ; plus savant des hommes dans l’Astronomie et la Médecine, l’en instruisit, comme il avait fait Esculape et quelques autres. Hercule eut donc huit Maîtres pour les arts et les sciences. Etait-ce trop pour un homme, pour la formation duquel Jupiter avait concouru de toutes ses forces pendant le temps de trois nuits et trois jours ? Il n’est pas surprenant qu’il soit devenu un grand homme ; il était fils d’un Dieu, il avait toutes les dispositions imaginables, et des Maîtres parfaits, chacun dans son espèce. Quel merveilleux ! Est-il donc étonnant que des Païens, qui regardaient comme véritable l’existence de Jupiter, et son commerce avec les hommes, aient eu la même idée de réalité de l’existence et des faits d’Hercule qui passait pour un des fils de ce Dieu ? Mais que de nos jours mêmes on veuille admettre et expliquer comme réel ce que la Fable nous rapporte de ses prétendus travaux ; qu’on veuille nous persuader la vérité de l’histoire suivie (Mythol. de M. l’Abbé Banier. T. III. 1. 3. ch. 6.) que l’on fabrique sur sa naissance, son éducation, et tout le reste de sa vie, c’est mesurer la crédulité de ses Lecteurs sur la sienne propre. Car, s’il est vrai qu’il y ait eu plusieurs Hercules, mal-à-propos veut-on attribuer au seul Hercule Grec les actions de tous les autres ; en vain se met-on l’esprit à la torture pour en fabriquer une seule histoire. Il y a eu un Hercule égyptien, ou feint ou réel ; Hermès en fait mention dans ses Ouvrages. Cet Hercule fut établi Gouverneur de l’Egypte par Osiris, dans le temps même qu’il donna Mercure pour conseil à Isis, et qu’il fit Prométhée sous-Gouverneur, pendant le voyage que ce Roi fit dans les Indes. Pendant ce temps-là, Hercule eut affaire avec Anthée, et il se passa bien d’autres choses attribuées à Alcide. En admettant la réalité des deux, on ne peut aussi se dispenSer d’avouer qu’il s’est passé bien des siècles entre le temps où vivait l’Hercule Egyptien, et celui où vécut Alcide, puisque l’Hercule d’Egypte est de l’antiquité la plus reculée, et que celui de la Grèce lui est fort postérieur. Comment ose-t-on donc en faire une histoire unique ? Je laisse aux Mythologues ces dissertations qui ne viennent pas directement à mon dessein. Hercule, ou Alcide, si l’on veut, n’est qu’un personnage introduit allégoriquement, tant dans les fictions Égyptiennes que les Fables Grecques, pour signifier l’Artiste ou le Philosophe Hermétique qui conduit les opérations du grand oeuvre : les preuves que j’en donnerai ci-après en convaincront le plus incrédule. Si nous faisons attention à la racine d’où Hercule sortit, nous trouvons que Jupiter, son père, est un des principaux de la Généalogie dorée, dont nous avons traité dans le troisième Livre. Le fils tient du père, é il doit lui ressembler en quelque chose. Tel est le père, tel est le fils, mais à divers égards. L’un est le principal agent interne, l’autre l’agent externe ou l’Artiste, ou plutôt ses propres opérations. Tous les Philosophes demandent dans l’Artiste un jugement solide, un esprit vif et pénétrant, un grand courage et une patience constance. Ce sont les qualités qu’on attribue à Alcide. La sagesse, la vigueur et la science sont de l’essence de Pallas ; elles sont requises dans le Philosophe, et voila pourquoi l’on a dit que cette Déesse avait fait la paix d’Hercule avec Junon : nous en avons parlé dans le chapitre de Jason ; nous en parlerons encore dans le Livre suivant au sujet d’Ulysse ; car ces trois Héros sont proprement le symbole de l’Artiste. Aurélius Augurelle (Chrysop. 1. 2.) en a pensé de même. Je ne doute pas que bien des gens ne puissent pas se mettre en tête qu’il y ait un vrai rapport encre l’histoire de ces Héros et la Chimie. Ils se sont rendus célèbres par des faits d’armes et par des actions de grands nommer ; ils étaient des Princes, et la Fable ne fait aucune mention, de la Chimie à leur égard. Cet art est même méprisé, et ne s’exerce guère que par des gens du commun ; ceux qui en font profession, ne sont presque recommandables que par quelque découvertes utiles à la société. La plupart des Chimistes sont des menteurs et des fourbes ; je parle des Souffleurs ou chercheurs de pierre Philosophale, qui, après avoir fait évaporer leurs biens en fumée, cherchent à s’en dédommager sur la crédulité d’autrui, et demandent de l’or pour faire de l’or. Je conviens de tout cela : mais il est ici question d’une Chimie plus noble, et que les Rois n’ont pas dédaigné d’exercer. Ce n’est pas celle qui apprend à distiller de l’eau rose, de l’esprit d’absinthe, à extraire les sels des plantes calcinées, en un mot à détruire les mixtes que la nature a formée ; mais celle qui se propose de suivre la nature pas à pas, d’imiter ses opérations, et de faire un remède qui puisse guérir toutes les infirmités de cette même nature dans les trois règnes qui la composent, et d’en conduire tous les individus au dernier degré de perfection dont ils sont capables. Il est même des perfections requises dans l’Artiste, que n’ont pas la plupart de ceux qui s’adonnent à cette science : car, suivant Geber (Summa perfect. cap. 4.), il n’est pas possible d’y réunir, si l’on n’a pas un corps sain et entier dans toutes ses parties, un corps robuste et vigoureux, un esprit cultivé, un génie pénétrant, et une connaissance des principes de la nature. Je dis donc que l’Artiste ne pourra jamais faire notre oeuvre, s’il n’a ses organes entiers et sains : Par exemple, s’il est aveugle, ou s’il est estropié des mains et des pieds ; parce que devant être le Ministre de la Nature, il ne pourra pas s’en aider pour faire les travaux nécessaires, et sans lesquels l’oeuvre ne peut être parfaite. Il en sera de même, s’il a le Corps infirme ou malade, comme ceux qui ont la fièvre, ou qui sont ladres, à qui les membres tombent par pièces ; s’il est dans la décrépitude, et dans une extrême vieillesse : car il est certain qu’un Homme qui aura quelques-unes de ces imperfections ne pourra de lui-même, (et travaillant seul), faire l’oeuvre, ni la conduire à sa dernière perfection. Geber n’est pas le seul qui parle dans ce goût-là ; Arnaud de Villeneuve (Rosar, 1. 2. c. 5.) s’exprime ainsi : « Trois choses sont requises dans l’Artiste ; savoir, un génie subtil et savant, un corps à qui il si ne manque rien pour pouvoir opérer, des richesses et des livres. » Raymond Lulle en dit autant (Theor. Test. c. 31.) : « Je vous dis, mon fils, que trois choses sont requises dans l’Artiste ; un jugement sain et un esprit subtil, quoique naturel, droit et sans travers, dégagé de tout embarras ; l’opération de la main, des richesses pour fournir aux dépenses, et des livres pour étudier. » Ce n’est donc pas mal-à-propos que Jason et Hercule sont supposés avoir eu une si belle éducation, et que l’on feint un certain Chiron, le plus sage et le plus savant de son temps, comme Précepteur de l’un et de l’autre. Quant aux difficultés qui se rencontrent, et qui empêchent la plus grande partie de parvenir à la connaissance même de cette science, je renvoie le Lecteur aux Traités qu’en ont fait Théobaldus de Hogelande, Pic de la Mirandole et Richard Anglois. Le Traité du premier a pour titre, de difficultatibus Chemiae ; celui du second, de Auro, et celui du troisième, Correctio fatuorum. On les trouve dans la Bibliotheca Chemica, curiosa Mangeti. Il est bon qu’un Hercule Chimique soit informé de toutes ces choses-là avant que d’entreprendre les travaux de l’Hercule de la Fable, que nous allons expliquer. C’est à lui que nous revenons. Nous avons vu dans le troisième Livre et dans celui-ci, qu’Hercule appartient à la Généalogie dorée des Dieux, et dans le premier, qu’il était contemporain d’Osiris, qui rétablit Gouverneur de l’Egypte pendant son expédition des Indes, qu’il arrêta pendant son gouvernement l’inondation du Nil, et qu’il eut Busiris, Anthée, Prométhée et Mercure pour Collègues. On rapporte qu’il mit à mort les deux premiers à cause de leur tyrannie. On suppose par conséquent qu’Hercule vivait à peu près du temps de Saturne, de Jupiter, d’Osiris, et des autres Dieux. Il est même visible que les Grecs n’entendaient pas par l’Hercule Grec, un Hercule différent de celui d’Egypte, puisqu’ils le disaient disciple du Centaure Chiron, et que Chiron était fils de Saturne et de Phillyre. Si cet Hercule est le même que celui qui accompagna Jason dans son expédition de la Toison d’Or, il a du vivre bien longtemps, puisque, selon le calcul des Egyptiens, il se serait écoulé plusieurs milliers d’années entre le règne d’Osiris et la naissance même de Jason. On doit donc juger de la réalité de la chose par son absurdité palpable ; nous devons d’ailleurs juger d’Hercule par ses Collègues Mercure, Prométhée, et par les compagnons de Jason, dont nous avons déjà parlé. Les Maîtres qu’eut Hercule doivent aussi nous faire connaître quel fut le Disciple. Il apprit, dit-on, l’art de tirer les flèches, la Poésie, la Musique, la lutte, la manière de conduire les chariots et de monter à cheval, l’Astronomie et l’art de combattre en armes. Ses Maîtres furent Rhadamante, Lin Eumolpe, Harpalicus, Autolycus, Amphitryon, Castor et Chiron ; et toutes ces instructions le mirent en état de venir à bout de tous les travaux qu’on lui attribue. Ils furent tous une suite de la haine de Junon, qui par son stratagème avait soumis Hercule aux ordres d’Eurysthée.
289
- Hermès
- Accueil
  - Livre d'Hermès
  - Salle d'Hermès
  - Hermès Corp 0
  - Hermès Corp 1
  - Hermès Corp 2
  - Hermès Corp 3
  - Hermès Corp 4
  - Hermès Corp 5
  - Hermès Corp 6
  - Hermès Corp 7
  - Hermès Corp 8
  - Hermès Corp 9
  - Hermès Corp 10
  - Hermès Corp 11
  - Hermès Corp 12
  - Hermès Corp 13
  - Hermès Corp 14
  - Hermès Corp 15
  - Hermès Corp 16
  - Hermès Corp 17
  - Hermès Corp 18
  - Hermès Corp 19
  - Hermès Corp 20
  - Hermès Corp 21
  - Hermès Corp 22
  - Hermès Corp 23
  - Hermès Corp 24
  - Hermès & Roy 1
  - Hermès & Roy 2
  - Hermès & Roy 3
  - Hermès & Roy 4
  - Hermès & Roy 5
  - Hermès & Roy 6
  - Hermès & Roy 7
  - Hermès & Roy 8
  - Fables Lévi 1
  - Fables Lévi 2
  - Fables Lévi 3
  - Fables Lévi 4
  - Fables Lévi 5
  - Fables Lévi 6
  - Fables Lévi 7
  - Fables Lévi 8
  - Fables Lévi 9
  - Fables Lévi 10
  - Fables Lévi 11
  - Fables Lévi 12
  - Ovide 1
  - Ovide 2
  - Ovide 3
  - Ovide 4
  - Ovide 5
  - Ovide 6
  - Ovide 7
  - Ovide 8
  - Ovide 9
  - Ovide 10
  - Ovide 11
  - Ovide 12
  - Ovide 13
  - Ovide 14
  - Ovide 15
  - Ovide 16
  - Ovide 17
  - Ovide 18
  - Ovide 19
  - Ovide 20
  - Ovide 21
  - Ovide 22
  - Ovide 23
  - Ovide 24
  - Ovide 25
  - Ovide 26
  - Ovide 27
  - Ovide 28
  - Ovide 29
  - Ovide 30
  - Ovide 31
  - Ovide 32
  - Ovide 33
  - Ovide 34
  - Ovide 35
  - Ovide 36
  - Ovide 37
  - Ovide 38
  - Ovide 39
  - Ovide 40
  - Ovide 41
  - Ovide 42
  - Ovide 43
  - Ovide 44
  - Ovide 45
  - Ovide 46
  - Ovide 47
  - Ovide 48
  - Ovide 49
  - Ovide 50
  - Ovide 51
  - Ovide 52
  - Ovide 53
  - Ovide 54
  - Ovide 55
  - VD F Olivet 1
  - VD F Olivet 2
  - VD F Olivet 3
  - VD F Olivet 4
  - VD F Olivet 5
  - VD F Olivet 6
  - VD F Olivet 7
  - VD F Olivet 8
  - VD F Olivet 9
  - VD F Olivet 10
  - VD F Olivet 11
  - VD F Olivet 12
  - VD F Olivet 13
  - VD F Olivet 14
  - VD F Olivet 15
  - VD F Olivet 16
  - VD F Olivet 17
  - VD F Olivet 18
  - VD F Olivet 19
  - VD F Olivet 20
  - VD F Olivet 21
  - VD F Olivet 22
  - VD F Olivet 23
  - VD F Olivet 24
  - VD F Olivet 25
  - VD F Olivet 26
  - Pythagore 1
  - Pythagore 2
  - Pythagore 3
  - Tablettes de Thoth
  - Tablette 1
  - Tablette 2
  - Tablette 3
  - Tablette 4
  - Tablette 5
  - Tablette 6
  - Tablette 7
  - Tablettes 8
  - Tablette 9
  - Tablette 10
  - Tablette 11
  - Tablette 12
  - Tablette 13
  - Tablette 14
  - Tablette 15
  - Salle du Corpus
  - Corpus avis
  - Livre 1 corpus
  - Livre 2 corpus
  - Livre 3 corpus
  - Livre 4 corpus
  - Livre 5 corpus
  - Livre 6 corpus
  - Livre 7 corpus
  - Livre 8 corpus
  - Livre 9 corpus
  - Livre 10 corpus
  - Livre 11 corpus
  - Livre 12 corpus
  - Livre 13 corpus
  - Livre 14 corpus
  - Livre 15 corpus
  - Livre 16 corpus
  - Livre 17 corpus
  - Intro table Em
  - Table Emeraude
  - T Emeraude A 1
  - T Emeraude A 2
  - T Emeraude A 3
  - Livre SIH intro
  - Livre SIH 1
  - Livre SIH 2
  - Livre SIH 3
  - Livre SIH 4
  - Livre SIH 5
  - Livre SIH 6
  - Livre SIH 7
  - Livre SIH 8
  - Livre SIH 9
  - Salle ésotérisme
  - Koot Houmi 1
  - Koot Houmi 2
  - Koot Houmi 3
  - Koot Houmi 4
  - Koot Houmi 5
  - Koot Houmi 6
  - Koot Houmi 7
  - Koot Houmi 8
  - Koot Houmi 9
  - Koot Houmi 10
  - Koot Houmi 11
  - Koot Houmi 12
  - Koot Houmi 13
  - Koot Houmi 14
  - Koot Houmi 15
  - Koot Houmi 16
  - Koot Houmi 17
  - Koot Houmi 18
  - RC et FM 1
  - RC et FM 2
  - RC et FM 3
  - Salle d'Alchimie
  - Espagnet 1
  - Espagnet 2
  - Espagnet 3
  - Espagnet 4
  - Espagnet 5
  - Espagnet 6
  - Espagnet 7
  - Espagnet 8
  - Espagnet 9
  - Espagnet 10
  - Ariadne 1
  - Ariadne 2
  - Ariadne 3
  - Ariadne 4
  - Ariadne 5
  - Ariadne 6
  - Ariadne 7
  - Ariadne 8
  - Ariadne 9
  - Ariadne 10
  - FEG Pernety 1
  - FEG Pernety 2
  - FEG Pernety 3
  - FEG Pernety 3D
  - FEG Pernety 4
  - FEG Pernety 5
  - FEG Pernety 6
  - FEG Pernety 7
  - FEG Pernety 8
  - FEG Pernety 9
  - FEG Pernety 10
  - FEG Pernety 11
  - FEG Pernety 12
  - FEG Pernety 13
  - FEG Pernety 14
  - FEG Pernety 15
  - FEG Pernety 16
  - FEG Pernety 17
  - FEG Pernety 18
  - FEG Pernety 19
  - FEG Pernety 20
  - FEG Pernety 21
  - FEG Pernety 22
  - FEG Pernety 22D
  - FEG Pernety 23
  - FEG Pernety 24
  - FEG Pernety 25
  - FEG Pernety 25D
  - FEG Pernety 26
  - FEG Pernety 27
  - FEG Pernety 28
  - FEG Pernety 28D
  - FEG Pernety 29
  - FEG Pernety 29D
  - FEG Pernety 30
  - FEG Pernety 31
  - FEG Pernety 32
  - FEG Pernety 33
  - FEG Pernety 33D
  - FEG Pernety 34
  - FEG Pernety 35
  - FEG Pernety 35D
  - FEG Pernety 36
  - FEG Pernety 37
  - FEG Pernety 38
  - FEG Pernety 39
  - FEG Pernety 40
  - FEG Pernety 41
  - FEG Pernety 42
  - FEG Pernety 43
  - FEG Pernety 44
  - FEG Pernety 45
  - FEG Pernety 46
  - FEG Pernety 47
  - FEG Pernety 48
  - FEG Pernety 49
  - FEG Pernety 50
  - FEG Pernety 51
  - FEG Pernety 52
  - FEG Pernety 53
  - FEG Pernety 54
  - FEG Pernety 55
  - FEG Pernety 56
  - FEG Pernety 57
  - FEG Pernety 58
  - FEG Pernety 59
  - Noce chimique 1
  - Noce chimique 2
  - Noce chimique 3
  - Noce chimique 4
  - Noce chimique 5
  - Noce chimique 6
  - Noce chimique 7
  - Noce chimique 16
  - Noce chimique 8
  - Noce chimique 9
  - Noce chimique 10
  - Noce chimique 11
  - Noce chimique 12
  - Noce chimique 13
  - Noce chimique 14
  - Noce chimique 15
  - Cantique 1
  - Cantique 2
  - Cantique 3
  - Cantique 4
  - Cantique 5
  - Cantique 6
  - Cantique 7
  - Cantique 8
  - Cantique 9
  - Cantique 10
  - Cantique 11
  - Cantique 12
  - Cantique 13
  - Cantique 14
  - Chrysopée 1
  - Chrysopée 2
  - Etoile 1
  - Etoile 2
  - Etoile 3
  - Basile Valentin 1
  - Basile Valentin 2
  - Basile Valentin 3
  - Basile Valentin 4
  - Basile Valentin 5
  - Basile Valentin 6
  - Basile Valentin 7
  - Givry 1
  - Givry 2
  - Givry 3
  - Givry 4
  - Givry 5
  - Givry 6
  - Givry 7
  - Givry 8
  - Givry 9
  - Givry 10
  - Givry 11
  - Givry 12
  - Givry 13
  - Givry 14
  - Irshou 1
  - Irshou 2
  - Irshou 3
  - Irshou 4
  - Irshou 5
  - Irshou 6
  - Irshou 7
  - Irshou 8
  - Irshou 9
  - Lettre Koot 1
  - Lettre Koot 2
  - Lettre Koot 3
  - Lettre Koot 4
  - Lettre Koot 5
  - Livre Liebniz 1
  - Livre de Liebniz 2
  - Livre de Liebniz 3
  - Grand arcane int
  - Grand arcane 1
  - Grand arcane 2
  - Grand arcane 3
  - Grand arcane 4
  - Grand arcane 5
  - Grand arcane 6
  - Grand arcane 7
  - Grand arcane 8
  - Grand arcane 9
  - Grand arcane 10
  - Grand arcane 11
  - Grand arcane 12
  - Grand arcane 13
  - Grand arcane 14
  - Grand arcane 15
  - Grand arcane 16
  - Grand arcane 17
  - Grand arcane 18
  - Grand arcane 19
  - Grand arcane 20
  - Grand arcane 21
  - Grand arcane 22
  - Grand arcane 23
  - Grand arcane 24
  - Grand arcane 25
  - Grand arcane 26
  - Grand arcane 27
  - Grand arcane 28
  - Grand arcane 29
  - Salle occultisme
  - Boehme 1
  - Boehme 2
  - Boehme 3
  - Boehme 4
  - Boehme 5
  - Boehme 6
  - Boehme 7
  - Cit Eliphas 1
  - Cit Eliphas 2
  - Cit Eliphas 3
  - Cit Eliphas 4
  - Cit Eliphas 5
  - Cit Eliphas 6
  - Clav Salomon 1
  - Clav Salomon 2
  - Clav Salomon 3
  - Clav Salomon 4
  - Clav Salomon 5
  - Clav Salomon 6
  - Clav Salomon 7
  - Clav Salomon 8
  - Clav Salomon 9
  - Clav Salomon 10
  - Clav Salomon 11
  - Clav Salomon 12
  - Clav Salomon 13
  - Clav Salomon 14
  - Clav Salomon 15
  - Clav Salomon 16
  - Clav Salomon 17
  - Clav Salomon 18
  - Voix silence 1
  - Voix silence 2
  - Voix silence 3
  - Voix silence 4
  - Voix silence 5
  - Voix silence 6
  - Voix silence 7
  - Voix silence 8
  - Voix silence 9
  - Voix silence 10
  - Voix silence 11
  - Voix silence 12
  - Voix silence 13
  - Voix silence 14
  - Voix silence 15
  - Voix silence 16
  - Voix silence 17
  - Voix silence 18
  - Evang Thomas 1
  - Evang Thomas 2
  - Evang Thomas 3
  - Evang Thomas 4
  - Evang Thomas 5
  - Evanf Thomas 6
  - Evang Thomas 7
  - Evang Thomas 8
  - Lao Tseu 1
  - Lao Tseu 2
  - Lao Tseu 3
  - Lao Tseu 4
  - Lao Tseu 5
  - Lao Tseu 6
  - Lao Tseu 7
  - Lao Tseu 8
  - Lao Tseu 9
  - Livre Hénoc 1
  - Livre Hénoc 2
  - Livre Hénoc 3
  - Livre Hénoc 4
  - Livre Hénoc 5
  - Livre Hénoc 6
  - Livre Hénoc 7
  - Bhagavad Gita 1
  - Bhagavad Gita 2
  - Bhagavad Gita 3
  - Bhagavad Gita 4
  - Bhagavad Gita 5
  - Bhagavad Gita 6
  - Bhagavad Gita 7
  - Bhagavad Gita 8
  - Bhagavad Gita 9
  - Bhagavad Gita 10
  - Bhagavad Gita 11
  - Bhagavad Gita 12
  - Bhagavad Gita 13
  - Bhagavad Gita 14
  - Bhagavad Gita 15
  - Bhagavad Gita 16
  - Bhagavad Gita 17
  - Bhagavad Gita 18
  - Bhagavad Gita 19
  - Méditation 1
  - Méditation 2
  - Méditation 3
  - Méditation 4
  - Médiation 5
  - Méditation 6
  - Méditation 7
  - Méditation 8
  - Méditation 9
  - Méditation 10
  - Meditation 11
  - Méditation 12
  - Méditation 13
  - Méditation 14
  - Méditation 15
  - Méditation 16
  - Méditation 17
  - Méditation 18
  - Méditation 19
  - Méditation 20
  - Méditation 21
  - Méditation 22
  - Médiation 23
  - Méditation 24
  - Meditation 25
  - Méditation 26
  - Méditation 27
  - Méditation 28
  - Méditation 29
  - Méditation 30
  - Méditation 31
  - Méditation 32
  - Méditation 33
  - Méditation 34
  - Méditation 35
  - Méditation 36
  - Méditation 37
  - Méditation 38
  - Méditation 39
  - Méditation 40
  - Méditation 41
  - Méditation 42
  - Méditation 43
  - Méditation 44
  - Méditation 45
  - Méditation 46
  - Méditation 47
  - Méditation 48
  - Méditation 49
  - Méditation 50
  - Méditation 51
  - Méditation 52
  - Méditation 53
  - Méditation 54
  - Méditation 55
  - Méditation 56
  - Méditation 57
  - Méditation 58
  - Méditation 59
  - Méditation 60
  - Méditation 61
  - Méditation 62
  - Méditation 63
  - Méditation 64
  - Méditation 65
  - Méditation 66
  - Méditation 67
  - Méditation 68
  - Méditation 69
  - Méditation 70
  - Méditation 71
  - Méditation 72
  - Méditation 73
  - Méditation 74
  - Méditation 75
  - Méditation 76
  - Méditation 77
  - Méditation 78
  - Méditation 79
  - Méditation 80
  - Méditation 81
  - Méditation 82
  - Méditation 83
  - Méditation 84
  - Méditation 85
  - Méditation 86
  - Méditation 87
  - Méditation 88
  - Méditation 89
  - Méditation 90
  - Méditation 91
  - Méditation 92
  - Méditation 93
  - Méditation 94
  - Méditation 95
  - Info travaux
  - Téléchargements
- Cabbale
- Tarot
- Contact
- Blogs & forums
.