Livre d’Alchimie et d’ésotérisme les fables Égyptiennes et Grecques par Dom Antoine-Joseph Pernety. Chapitre IV à VI : Adonis, et son Culte. Adonis fut le fruit de l’inceste de Cinyras avec sa fille Myrrha. Cette fille fut trouver son père pendant la nuit, et y fut conduite par sa Nourrice. Cinyras ayant joui de Myrrha, voulue voir cette beauté que la Nourrice lui avait tant vantée : il reconnut sa fille ; la fureur le saisit, il voulut la tuer ; mais Myrrha profita de l’obscurité de la nuit pour se sauver, et se retira en Arabie, où elle mit au monde Adonis. Les Nymphes du voisinage le reçurent à sa naissance, le nourrirent dans un antre, et prirent soin de son éducation. Vénus en devint si éperdument amoureuse, que Mars, devenu jaloux, engagea Diane à susciter un sanglier furieux pour se venger. Adonis à la chasse voulut poursuivre cet animal, qui se sentant blessé, tourna sa fureur contre l’auteur de son mal, et lui donna dans l’aine un coup de défense si violent, qu’il jeta par terre Adonis mourant. Vénus l’ayant aperçu baigné dans son sang, accourue à son secours. Passant auprès d’un rosier, elle fut piquée par une de ses épines, et le sang qui sortit de sa blessure teignit en rouge les roses, qui étaient blanches auparavant. Vénus continua son chemin, et fit tout son possible pour rendre la vie à son Amant ; mais ne pouvant y réussir, elle le changea en une fleur, que quelques-uns appellent anémone, donc Ovide désigne simplement la couleur rouge, en la comparant à la grenade : ........ Nec plena longior hora Fada mora est, cum flos de sanguine concolor ortus, Qualem quae lento celant sub cortice granum Punica ferre solent. Métam. 1. 10. A peine Adonis eut-il paru dans le Royaume de Proserpine, que cette Déesse fut éprise pour lui des mêmes feux que Vénus conservait encore. Celle-ci désolée de la pêne qu’elle en avait faite, demanda à Jupiter son retour sur la terre ; Proserpine ne voulait pas le rendre. Jupiter laissa la chose à décider à la Muse Calliope, qui pour accorder ces deux Déesses, jugea qu’elles en jouiraient alternativement l’une et l’autre pendant six mois. Encore un inceste que la Fable nous met devant les yeux ; Ovide (Loco citato.) s’est exercé à le décrire avec tout ce que la Poésie a de plus agréable y et avec tout ce dont un tel sujet était susceptible : mais ceux qui ont voulu adapter ce fait à l’histoire, et qui ont pris pour fondement le récit de ce Poète, n’ont pas fait sans doute attention qu’il le regardait lui-même comme une fiction pure, puisqu’il commence ainsi : Dira canam, procul hinc natoe, procul este parentes ; Aut mea si vefiras mulcebunt camina mentes, Desit in hac mihi parte fides ; nec credite factum. Aussi M. l’Abbé Banier avoue-t-il (Myth. expliquée, Tom. I. pag. 549.) que c’est une fable bien mystérieuse,et une énigme qu’on ferait très embarrassé d’expliquer dans tous ses points : d’où il conclue qu’il est aisé de juger quelle est mêlée d’Histoire et de Physique. Il est peu de fables dont certaines circonstances ne mettent cet Auteur dans le même embarras ; et c’est en vain qu’il fait ses efforts pour prouver qu’Adonis n’est pas le même qu’Osiris. Je dis plus : il est le même qu’Apollon et que Bacchus. Orphée nous apprend qu’il se plait dans la diversité des noms, qu’il est mâle et femelle, ce qu’on dit aussi de Bacchus ; et qu’enfin Adonis est celui qui donne la vie à tous les mixtes : Qui cunctis alimenta refert, prudentia cujus Plurima, qui vario laetaris nomine Adoni : Germinum et idem auctor pariter puer ataue puella. Hymno in Adonim. Ce dernier trait doit être encore pour M. l’Abbé Banier, M. le Clerc, M. Selden et tant d’autres, un mystère bien difficile à dévoiler. Comment l’ajuster à l’histoire ? Voyons si la Philosophie Hermétique sera plus heureuse à mettre cette fable dans son véritable jour. Quant à l’inceste du père et de la fille, pris en lui-même, nous l’avons déjà expliqué dans plus d’un chapitre, et nous avons rapporté quantité de textes des Philosophes, où l’on a vu de semblables incestes. Passons maintenant en revue toutes les circonstances de cette fable. Qu’est-ce que Myrrha ? Qu’est-ce que Cinyras ? Myrrha vient de , je coule, je distille ; et Cinyra, de pleurer, se lamenter ; d’où l’on a fait l’instrument triste et mélancolique. Myrrha doit donc être regardée comme signifiant eau, ou gomme, ou quelque substance liquide. C’est ce qui a déterminé l’Auteur de cette fable, à faire allusion à la myrrhe, qui se dit , en grec, de , parfum, venu lui-même de , je distille. Or les Philosophes appellent gomme, eau, une partie de leur composé, et celle précisément qui doit engendrer l’Adonis ou l’or Philosophique. Notre matière, dit le Philosophe (La Tourbe.), est un oeuf, une gomme, un arbre, une eau. Prenez la gomme blanche et la gomme rouge, dit Marie à Aros dans son Dialogue, et joignez-les par un véritable mariage. Isindrius dit : Mêlez l’eau avec l’eau, la gomme avec la gomme. Je crois qu’il est inutile de citer un plus grand nombre de textes qui se trouvent à chaque page dans les Livres des PhiloSophes. Myrrha, ne signifie donc autre chose que la gomme ou eau des Sages, qu’ils appellent femelle et Reine d’une grande beauté (Nouveau Symbole de Basile Valentin.). Sa Nourrice ou l’eau mercurielle Philosophique la conduit à Cinyras pendant la nuit, et l’inceste se commet. Voilà là nuit des Philosophes, pendant laquelle ils disent que se fait la conjonction de leur mâle et de leur femelle. La tristesse et la mélancolie, indiquée par Cinyras, est aussi un des noms que les Adeptes donnent à leur matière parvenue au noir. Remarquez, dit Philalèthe (Enarratio method. trium Geberi medicin.), que les noms d’eau sulfureuse, eau venimeuse, eau aromatique, tête de corbeau, poids, mélancolie, nuit, instrument de tristesse, enfer, veste ténébreuse, etc. ne sont que des-noms différents pour signifier la même chose. Y a-t-il rien de plus propre en effet que l’obscurité, la nuit, le noir, pour engendrer la mélancolie, et faire naître la tristesse ? Pourquoi Myrrha est-elle dite fille de Cinyras, ou de l’instrument de tristesse et de mélancolie ? C’est qu’elle l’était en effet ; elle y avait été conçue, comme Proserpine. Elle était belle, blanche, brillante et jeune, parce que la pierre au blanc a toutes ces qualités. S’agit-il d’en faire l’élixir ? il faut que sa Nourrice la conduise à son père Cinyras, parce que l’eau mercurielle est l’agent de la putréfaction, pendant laquelle Myrrha a commerce avec son père dans l’obscurité de la nuit ; et pour concevoir Adonis ou l’élixir, il faut nécessairement que la pierre au blanc, née de la putréfaction, y repasse une seconde fois. On suppose que Cinyras ayant reconnu Myrrha, se mit en colère, et voulue la tuer ; mais qu’elle profita de l’obscurité de la nuit pour se sauver dans l’Arabie pétrée, afin de faire voir que la pierre passe du noir au blanc, et se fixe alors en pierre. La nuit étant un des noms que les Philosophes ont donné au noir de leur matière, il doit naturel de dire que Myrrha s’était échappée à la faveur de la nuit. Elle y fut changée en arbre, et mit ensuite au monde Adonis, parce que la pierre au blanc est Marbre Philosophique, appelé par le Cosmopolite, arbre lunaire. Le fruit de cet arbre est Adonis, ou l’or Philosophique, que les Naïades et les Nymphes reçoivent à sa naissance ; il naît en effet au milieu de l’eau mercurielle, qui le nourrit, et a soin de lui jusqu’à sa perfection. A mesure qu’Adonis grandit, il devient beau de plus en plus. N’est-ce pas la couleur de l’or Philosophique, qui se fortifie et devient plus brillante ? Vénus en devient éperdument amoureuse, et l’accompagne dans les divertissements qu’il prend à la chasse. Rien de plus simple que cela ; il ne pouvait même pas se faire que Vénus ne l’aimât éperdument, et qu’elle ne l’accompagnât pas, jusqu’au moment malheureux où Adonis fut tué, et mourut. En voici la raison. La pierre passe de la couleur blanche a la safranée, appelée Vénus par les Philosophes. Pendant que cette couleur dure, il se fait encore une circulation de la matière dans le vase ; c’est la chasse où Vénus suit Adonis. La couleur de rouille qui succède à la safranée, est nommée Mars. Voilà le sanglier que Mars jaloux envoie contre Adonis. Celui-ci meurt de la blessure, parce qu’il ne reste plus rien de volatil en lui. Vénus conserve même, après la mort de son Amant, l’amour qu’elle avait pour lui, parce que la couleur rouge que l’Adonis Philosophique prend dans sa fixation, conserve toujours une partie de cette couleur safranée qu’il avait pendant qu’il chassait avec Vénus. Les roses que le sang de cette Déesse teignit en rouge pendant qu’elle courait au secours de son Amant, ne signifient autre chose que la couleur rouge qui succède à la blanche par l’entremise de la safranée, nommée Vénus, comme nous venons de le voir. Abraham Juif, rapporté par Flamel, a pris le rosier pour hiéroglyphique de cette variation de couleurs (Figures hiéroglyph. d’Abraham, dans Flamel.). Le même Flamel nous fait encore voir ce qu’il faut entendre par la descente d’Adonis aux Enfers, et de l’amour dont Proserpine se sent éprise envers lui. Nous avons démontré assez clairement que les Philosophes donnent le nom de mort, de sépulcre, à l’enfer à la couleur noire ; voici encore néanmoins un texte de l’Auteur cité ci-devant, qui servira de preuve à l’explication que nous allons donner de la mort d’Adonis, et de son retour vers Venus. « Je t’ai donc fait ici peindre un corps, une âme et un esprit tout blancs, comme s’ils ressuscitaient, pour te montrer que le Soleil, la Lune et Mercure sont ressuscités en cette opération, c’est-à-dire sont faits éléments de l’air, et blanchis : car nous avons ; déjà appelé mort la noirceur ; continuant la métaphore, nous pouvons donc appeler la blancheur une vie qui ne revient qu’avec et par la résurrection. » Adonis, après avoir été atteint de la défense meurtrière du sanglier de Mars, meurt de sa blessure ; c’est l’imbibition que l’on donne à la matière, pour la faire passer de la couleur orangée à la rouge de pavot, en y mêlant un peu d’humidité qui y occasionne une couleur noire passagère. « En cette opération du rubifiement, dit Flamel (Ibid. ch. 8.), encore que tu imbibes, tu n’auras guère de noir, mais bien du violet et bleu, et de la couleur de queue de paon : car notre pierre, est si triomphante en siccité, qu’incontinent que ton mercure la touche, la Nature s’éjouissant de sa nature, se joint à elle, et la boit avidement, et partant le noir qui vient de l’humidité, ne se peut montrer qu’un peu sous ces couleurs violettes et bleues. » Voilà donc Adonis descendu dans l’Empire ténébreux de Proserpine ; elle en devient amoureuse, parce que le noir s’unit avec lui. Vénus le redemande à Jupiter, qui prend Calliope pour arbitre du différend entre les deux Déesses. Cette Muse décide qu’elles en jouiront alternativement pendant six mois. La couleur grise, appelée Jupiter, succède toujours à la noire immédiatement ; c’est pourquoi Cérès pour ravoir Proserpine, Vénus pour ravoir Adonis, etc. s’adressent à ce Dieu. Mais pourquoi choisit-il la Muse Calliope pour arbitre ? C’est qu’Adonis ne peut être rendu à Vénus, c’est-à-dire, ne peut reprendre la couleur rouge orangée, qu’au moyen de l’imbibition de l’eau mercurielle, appelée dans cet état vin rouge, par Raymond Lulle, Riplée et plusieurs autres ; et que Calliope n’est autre que cette eau mercurielle, puisque ce nom lui vient de , beau, et de , suc, humeur, comme si l’on disait que le suc rouge ou beau suc a accordé le différend de ces deux Déesses ; ce qui l’a fait appeler par Flamel, lait virginal solaire (Ibid.). Cette alternative de jouissance des deux Déesses, indique les différentes réitérations de l’oeuvre pour la multiplication, parce qu’à chaque opération la matière doit repasser par le noir, le gris, le blanc, l’orangé, la couleur de rouille et le rouge foncé, ou la couleur de pavot. M. l’Abbé Banier (Tom. I. p. 549.) dit en note, qu’une tradition porte qu’Apollon avait suscité le sanglier qui tua Adonis, pour se venger de Vénus, qui avait aveuglé Erimanthe, fils de ce Dieu, parce qu’il s’était moqué des galanteries de la Déesse. Mais que ce soit Apollon ou Mars, l’un et l’autre est indifférent, puisque le Mars Philosophique ou la couleur dérouille est proprement l’Apollon des Philosophes commencé. Ces expressions prises dans la nature même des choses, prouvent qu’Adonis ne diffère que de nom d’avec Osiris, Bacchus, etc. Il n’est donc pas surprenant que son culte établi en Phénicie et ailleurs, ait beaucoup de ressemblance avec celui d’Osiris chez les Egyptiens. L’un servira à expliquer l’autre, comme nous allons le voir. Osiris et Adonis étaient repréSentés fous la figure d’un boeuf. On célébrait en Phénicie la fête d’Adonis en même temps et de la même manière qu’on célébrait celle d’Osiris en Egypte. On pleurait l’un et l’autre comme morts, et l’on se réjouissait comme s’ils étaient ressuscités. Adonis était chez les Phéniciens le symbole du Soleil, comme Osiris l’était en Egypte, et l’on portait dans leurs Solennités les mêmes représentations. Les Adoniades ou solennités d’Adonis se célébrèrent d’abord en Phénicie, à l’imitation de celles d’Osiris. Elles duraient huit jours. Tout le monde commentait par prendre le deuil, et donnait des marques publiques de douleur et d’affliction : on n’entendait de tous côtés que pleurs et que gémissements. Au dernier jour de la fête la solennité changeait de face, la tristesse feinte faisait place à la joie, et on la faisait éclater avec des transports extraordinaires. Lucien rapporte (In Deâ Syriâ.) que les Egyptiens exposaient sur la mer un partier d’osier que le vent poussait sur les côtes de Phénicie, d’où les femmes de Byblos, après l’avoir attendu avec impatience, l’emportaient dans la ville avec pompe ; la fête alors se terminait par la joie. La Syrie communiqua le culte d’Adonis à ses voisins. On ne peut rien voir de plus superbe que l’appareil de cette cérémonie à Alexandrie. Arsinoé, soeur et femme de Ptolémée Philadelphe, y portait elle-même la statue d’Adonis. Les femmes les plus considérables de la Ville l’accompagnaient, tenant à la main des corbeilles pleines de gâteaux, des boites de parfums, des fleurs et toutes sortes de fruits ; d’autres fermaient la pompe en portant des tapis sur lesquels étaient deux lits en broderie d’or et d’argent, l’un pour Vénus, l’autre pour Adonis : on allait ainsi jusqu’à la mer, ou à quelques fontaines, où l’on jetait les fleurs, les fruits et les plantes qu’on avait portés. Un fleuve près de Byblos, au rapport du même Lucien, portait le nom d’Adonis, et ses eaux devenaient rouges, dit-on, pendant qu’on célébrait les fêtes en son honneur. On dit aussi que son sang rougit l’eau de ce fleuve, quand on y lava la plaie de cet amant de Vénus. La première partie de cette solennité se nommait , pendant laquelle durait le deuil y et la seconde, , où la tristesse se changeait en joie. On voit clairement que ces pleurs et ce deuil des Phéniciens et des Grecs, à l’occasion de la mort d’Adonis, ont un rapport manifeste avec les cris et les gémissements que tout le monde faisait entendre dans les Solennités des fêtés de Cérès, où l’on supposait que cette mère désolée avait cherché sa fille Proserpine. Les Egyptiens affectaient aussi une semblable tristesse à la mort d’Apis. Le deuil durait dans les solennités de Cérès jusqu’à ce qu’on portait en triomphe la statue d’Iacchos, et dans celle d’Apis jusqu’à ce qu’on lui avait trouve un successeur. Dans les unes et les autres on portait à peu près les mêmes représentations, des corbeilles de gâteaux, de fleurs, de fruits, etc. On se réjouissait également, quand Iacchos, Apis reparaissaient, ou qu’on croyait Adonis ressuscité. On supposait que Proserpine demeurait six mois avec Pluton, et six mois avec Cérès. On disait aussi qu’Adonis séjournait six mois auprès de Proserpine, et six mois auprès de Vénus. Doutera-t-on que l’institution de ces diverses Solennités ait eu le même objet, et qu’elle ne différait guère que par les noms et quelques cérémonies ? Mais si Cérès, Proserpine et Osiris ne furent jamais que des personnes feintes, et leur histoire une allégorie, pourquoi n’en dirait-on pas autant d’Adonis ? En effet quel fondement de réalité y a-t-il dans une histoire plus que dans l’autre ? Eh quoi ! des hommes aussi sensés que les Egyptiens auraient feint une tristesse réelle pour la mort d’un boeuf qu’ils suffoquaient eux-mêmes, et se seraient répandus en des transports de joie pour un boeuf trouvé, capable de succéder à l’autre, à cause qu’il était noir et qu’il avait une marque blanche faite en croissant ? Tout autre boeuf n’aurait pas été bon ; il le fallait avec ces marques, parce que sans doute elles signifiaient quelque chose. J’ai prouvé, je pense, assez clairement que l’histoire de Cérès n’était aussi qu’une allégorie ; je suis persuadé que tout homme sensé pensera de même de celle d’Adonis » et que les solennités instituées en son honneur, ne l’ont aussi été que pour en conserver la mémoire à la postérité. La première partie doit appelé A, et pourquoi cela ? Les pleurs et les gémissements se faisaient à cause de la perte d’Adonis, et de son séjour dans le Royaume ténébreux de Proserpine, comme on les faisait dans les solennités de Cérès à l’occasion du rapt de sa fille,et de son séjour dans l’Empire noir et obscur de Pluton. , vient d’ privatif, et , je luis, j’éclaire, d’où l’on a fait , obscur, caché ; et enfin A, comme si l’on disait la fête, la cérémonie, du temps de l’obscurité. Si ces solennités ont le même objet, il est manifeste que cette noirceur, cette obscurité ne peut être que celle du Royaume de Pluton et de Proserpine. On a vu par les explications précédentes, que ce Royaume de Pluton et Pluton lui-même n’étaient qu’une allégorie de la noirceur qui survient à la matière philosophique y nous avons même prouvé que la mort d’Adonis ne signifiait que cela. Il est donc constant que les cérémonies instituées en mémoire de cette mort prétendue, n’étaient aussi qu’une allégorie du temps que dure cette noirceur de la matière des Philosophes. La seconde partie de cette fête était appelée , d’, je retrouve, et tout le monde s’écrit alors dans des transports de joie. La même chose arrivait dans les cérémonies de Cérès. La présence d’Iacchos faisait crier avec des démonstrations de joie, voilà Bacchus, voilà Bacchus, comme si on l’eût retrouvé après l’avoir perdu. Je renvoie le Lecteur aux explications que j’ai données à cette occasion, puisqu’il est inutile de les repérer pour un sujet absolument semblable. Il est bon cependant de faire observer que ce n’était pas sans raison qu’on dirigeait la procession à la mer, ou à une fontaine, pour chercher Adonis ; parce que les Instituteurs de ces cérémonies savaient très bien qu’on ne pouvait le trouver que là, c’est-à-dire, dans la mer des Philosophes ou leur eau mercurielle, appelée aussi fontaine par Trévisan et plusieurs d’entre eux. On a dit aussi que le fleuve du nom d’Adonis devenait rouge pendant la solennité des fêtes instituées en son nom, parce que, suivant ce qu’en disent les Adeptes, leur eau mercurielle est rouge dans le temps que leur Adonis reparaît. Adonis est donc le Soleil philosophique, qui s’éclipse par la noirceur, et qui reparaît à mesure que l’éclipse s’évanouit. Il est mâle et femelle, parce qu’il est le rebis des Philosophes, et toujours jeune comme Bacchus, par les raisons que nous en avons apportées en parlant de ce fils de Jupiter. Il est enfin le même que Denys, Apollon et Osiris, qui ne sont que différents noms du Soleil philosophique, et non de l’Astre qui nous éclaire. Car y a-t-il apparence qu’on pût regarder cet Astre comme mâle et femelle, même allégoriquement ? J’accorderai, si l’on veut, que les Grecs l’ont adoré comme une Divinité, puisqu’ils firent mourir Anaxagoras par le poison y pour avoir dit que le Soleil n’était pas un Dieu, mais une pierre ardente et enflammée. Mais doit-on penser pour cela qu’Orphée ou ceux qui leur avaient apporté la Théogonie d’Egypte avec ses cérémonies, aient prétendu leur persuader la divinité du Soleil ? Je sais bien, et personne n’ignore les abus qui ont infecté les premières cérémonies portées chez les Grecs. On ne doute point aussi des erreurs populaires qui se multiplièrent dans la suite ; mais il s’agit ici de la première institution, et non de ce qui s’en est suivi. Socrate fit bien voir qu’il avait sur les Dieux d’autres idées que le Peuple. Platon et les aunes Sages pensaient-ils comme le vulgaire ? CHAPITRE V. Les Grecs avaient une infinité d’autres fêtes, telles que la solennité des lampes, appelées pour cela Lampadophories, instituées en l’honneur de Vulcain, de Minerve et de Prométhée. Nous avons vu dans les chapitres de ces Dieux, qu’ils étaient des Dieux purement chimiques ; on doit juger de leurs fêtes dans le même goût. Les Autels qui étaient communs à eux trois, indiquent assez qu’on devoir penser d’eux comme étant la même chose, ou comme ayant du moins une grande analogie. Car enfin qu’entend-on par Vulcain, un des principaux des douze grands Dieux de l’Egypte ? N’est-ce pas le feu ou l’ouvrier qui se sert du feu ? Qu’était Prométhée ? N’est-il pas représenté comme l’inventeur de plusieurs arts qui se sont par le feu ? Suivant ce qu’en dit Eschyle en ces termes, qu’il prête à Prométhée : « Que dirai-je ? Combien de commodités ignorées n’ai-je pas apprises aux hommes ? Qu’est-ce qui a trouvé avant moi le fer, l’argent, l’or, le cuivre et la manière de les travailler ? Personne ne s’en flattera, s’il ne veut mentir. Prométhée est l’inventeur des Arts. » C’est lui qui vola une étincelle du feu céleste, pour le communiquer aux hommes. C’est lui qui montra à Hercule le chemin qu’il fallait prendre pour parvenir au jardin des Hespérides. Orphée parle de lui, comme s’il eut été l’époux de Rhée. Eschyle le dit l’inventeur de la Médecine, qui guérit toutes les maladies. A quel autre mélange de drogues, à quelle autre composition a-t-on jamais attribué la propriété de guérir tous les maux, qu’à la Médecine dorée ou Pierre philosophale ? Il y avait sans douce une raison mystérieuse pour ériger un Autel commun à ces trois Divinités, et c’était apparemment la même qui faisait observer les mêmes cérémonies des lampes dans leurs solennités. Pourquoi ces lampes allumées, sinon pour représenter le feu donc Vulcain et Prométhée étaient les symboles ? Ce feu pouvait-il donc être notre feu des forges et des cuisines, connu certainement avant Vulcain et Prométhée, quoiqu’on les dise en être les inventeurs ? Telle est sans doute l’origine de ce feu que les Grecs et les Romains entretenaient perpétuellement en l’honneur de Vesta : car Vesta a été prise, tantôt pour la terre, tantôt pour le feu, et même pour la Déesse du feu. Diodore de Sicile et Orphée la disent fille de Saturne, de même qu’Ovide dans le 6ème livre des Fastes : Semine Saturni tertia Vesta suit. Il croyait qu’il y avait eu deux Vesta, l’une mère de Saturne, l’autre sa fille ; la première était prise pour la terre, l’autre pour le feu : Vesta eadem eest, et terra : subest vigil ignis utrique» Significant sedem terra focusque suam. Nec tu aliud Vestam, quam vivam intillige flammam. On ne représentait Vesta sous aucune figure, parce que le feu n’en a proprement aucune de déterminée. C’est lui qui donne la forme à tous les êtres ; c’est lui qui les anime : c’est lui qui les vivifie, et ne peut être représenté que symboliquement. On se contentait donc d’entretenir perpétuellement un feu allumé dans le Temple de Vesta, et l’on confiait ce soin à des jeunes Vierges que l’on nommait Vestales. Celles par la négligence desquelles ce feu s’éteignait, étaient punies de mort. Valère Maxime (Lib. I. c. I.) dit que le grand Pontife Licinus en condamna une à être brûlée vive, pour l’avoir une fois laissé éteindre pendant la nuit. Tite-Live (De Bello Punico, lib. 8.) regarde comme une chose surprenante, et une espèce de prodige, de ce qu’on avait été assez négligent pour laisser éteindre ce feu une fois. Ou voit par-là quel respect on avait pour le feu. Ce culte religieux était certainement venu d’Egypte, où Vesta et Vulcain étaient en grande vénération, comme on peut en juger par le fameux Temple de ce Dieu, où l’on nourrissait Apis. C’était même d’entre les Prêtres établis pour le service de ce Temple, que l’on tirait des Rois. Les autres Nations regardaient Vulcain comme le dernier des Dieux, parce qu’il était boiteux, dit la Fable, et qu’il avait été chassé du Ciel, pendant qu’en Egypte on le regardait comme un des principaux : c’est que ceux-ci entendaient par Vulcain le feu de la nature, qui anime tout, qu’ils représentaient symboliquement par le feu commun de nos cuisines ; et que les Grecs et les autres Nations prirent le symbole pour la chose même. Les feux ou lampes allumés et entretenus en Egypte, donnèrent lieu aux solennités des Lampadophories, et aux feux que les Vestales entretenaient chez les Romains. Les intentions des Instituteurs mal interprétées, sont la source de bien des abus. Il est aussi aisé d’interpréter et d’expliquer les autres fêtes instituées en l’honneur des Dieux, au moins celles qui sont les plus anciennes, et de la première institution : car pour celles qui n’en sont que des branches, et qui leur sont très postérieures, de même que les fables, qui sont de pures fictions des Poètes qui voulaient s’amuser, elles n’entrent point dans le plan que je me suis proposé. Je m’en tiens à l’origine des choses, et non aux mauvaises interprétations que des gens peu au fait en ont données. On ne doit pas juger de la pureté de la source d’un ruisseau par la boue et la fange dont ses eaux sont remplies à une distance considérable. La source peut être très pure, et les ruisseaux qui en viennent très mal propres et mal sains, à cause des ordures et des mauvaises qualités des terres donc leurs eaux s’imprègnent pendant leurs cours. Telle est la différence des Fables primitives, d’avec celles qu’on a inventées dans la suite, et des fêtes de la première institution, d’avec les solennités où les abus sans nombre se sont glissés. CHAPITRE VI. Des Jeux et des Combats. La Religion avait consacré ces sortes de spectacles ; et lorsque les Romains les eurent adopté le Sénat donna un Arrêt, qui portait qu’ils seraient tous dédiés à quelque Divinité. C’était même la coutume d’offrir des sacrifices avant de les commencer. Les Grecs en avaient quatre principaux, célébrés dans des temps marqués ; savoir : les Olympiques, les Pythiques, les Néméens, et ceux de l’Isthme. Le premier était dédié à Jupiter, le second à Apollon, le troisième à Archemor, fils de Lycurgue, et le quatrième à Neptune. Les plus fameux étaient ceux d’Olympie, qui se célébraient tous les quatre ans. Ils fondèrent même leur Chronologie sur l’intervalle de temps qui s’écoulait d’une Olympiade à l’autre. La récompense que l’on donnait aux vainqueurs n’était qu’une couronne de laurier, d’olivier, de peuplier, ou de quelque plante ; quelquefois on élevait des statues en leur honneur, et l’on chantait leur triomphe par toute la Grèce. Le motif de la Religion n’était pas le seul qui eût donné lieu à l’institution de ces jeux ; une double politique y eue part. Les jeunes-gens s’y formaient à la guerre, et se rendaient plus propres aux expéditions militaires ; ils devenaient plus alertes, plus dispos, plus robustes, et acquéraient une santé vigoureuse. On conservait enfin par ces exercices, comme par les solennités des fêtes, la mémoire allégorique d’un secret connu aux Sages Philosophes, mais ignoré du commun. On animait même les peuples à ces exercices par l’exemple des Dieux prétendus qu’on leur disait y avoir été vainqueurs. Ces jeux étaient de trois sortes : les Equestres ou Curules, qui consistaient en des courses à cheval ou en charriées, étaient dédiés au Soleil et à Neptune ; les Agonaux et les Gymniques, composés de combats d’hommes, de femmes, de bêtes, étaient consacrés à Mars et à Diane ; les Scéniques enfin, les Poétiques, et ceux de la Musique, qui consistaient en des tragédies, comédies, Satyres et danses, étaient dédiés a Vénus, à Apollon, à Minerve et à Bacchus. Les quinze Instituteurs de ces jeux qu’Hygin nomme dans sa Fable 275, sont presque tous des Héros de la Fable ; tels sont Persée, Thésée, Hercule, les Argonautes, etc. Mais comme nous avons prouvé assez clairement que tous ces prétendus Instituteurs n’étaient que des personnages feints, pour en former des fables allégoriques de la Philosophie Hermétique, il est à présumer que les vrais Instituteurs nous sont inconnus. Danaüs, fils de Bélus, venu d’Egypte dans la Grèce, est peut-être le seul réel connu ; puisque, comme nous le prouverons dans le sixième Livre, Priam, Achille, Enée n’ont pas plus existé en, personnes réelles, que Persée et les Argonautes. Mais enfin, quel rapport, dira-t-on, ces jeux ont-ils avec votre prétendue Pierre Philosophale ? J’avoue que la disposition que l’on prenait dans ces jeux, pour se rendre propre aux exercices militaires, est bien différente de celle qui est requise pour la Médecine. L’un cherche à détruire les hommes, l’autre à les conserver. Mais enfin ignore-t-on que Minerve, Déesse de l’a Sagesse et des Sciences, l’était en même temps de la guerre et des combats ? L’art militaire est-il donc un chemin qui conduise aux Sciences, ou les Sciences conduisent-elles à l’art militaire ? Quelle incompatibilité entre le repos et la tranquillité du cabinet, avec le tumulte des armes et le fracas perpétuel des combats ! Apollon, le Président de l’assemblée des Muses, l’Inventeur de la Poésie et de la Médecine, n’est-il pas cependant représenté comme le vainqueur de Typhon ? Ne le voit-on pas l’arc et la flèche à la main ? Non, non, ce n’était pas sans raison qu’on a dit qu’il fut le principal vainqueur à ces jeux-là ; que Zethus, fils de l’Aquilon, et Calaïs son frère, le furent au Diaule ou à la course redoublée ; Castor à celle du stade ; Pollux au combat du Ceste, Télamon et Persée au Jeu du palet; Pelée à la lutte ; Méléagre au combat du javelot ; Cygnus, fils de Mars, Sur Diodutus dans un combat à outrance ; Bellérophon à la course du cheval ; enfin Hercule dans toutes les fortes de jeux et de combats. Il est constant que si les Instituteurs décès jeux avaient été des Rois ou des Princes, leurs noms auraient été conservés à la postérité. Qu’on examine sans préjugé ce qui donna lieu à l’institution de ces jeux, suivant ce qu’en rapporte Hygin et plusieurs autres. Persée en institue à l’occasion de la mort de Polydecte, qui avait pris soin de son éducation ; Hercule en fait célébrer à Olympie en l’honneur de Pélops, duquel Cérès avoir mangé l’épaule, lorsque Tantale, père de cet infortuné, le servie aux Dieux dans le repas qu’il leur donna ; d’autres enfin pour des sujets aussi fabuleux. C’est au jeu du palet qu’Apollon tua le jeune Hyacinthe, et Persée son grand-père Acrise. Hercule vainquit Antée à la lutte. Apollon et Esculape furent suivant Galien, les inventeurs du combat du javelot, qui consistait à lancer une pierre, ou un javelot, ou quelque autre chose avec le plus d’adresse, et le plus loin qu’il était possible. Tantôt ce sont des Dieux qui instituent ces jeux, et tantôt ce sont des hommes. Des Dieux y combattent, des Dieux y sont vainqueurs, des hommes tout de même. Mais quels Dieux, quels hommes ? Des êtres de raison ; par conséquent ni Dieux ni hommes, comme on a pu en juger par ce que nous avons dit jusqu’ici. Il est donc vraisemblable que ces jeux furent institués par des Particuliers, qui consultèrent moins leur gloire que le bien de leur patrie. N’est-il pas surprenant que l’on ne trouve dans toute l’Antiquité Païenne, aucune époque on Ere suivie de chronologie avant les Olympiades ? Et comment sur un aussi faible et aussi douteux fondement, les Mythologues et les Historiens modernes osent-ils entreprendre de fixer le temps précis et la durée des règnes des Rois qui ont précédé les Olympiades ? Ne peut-on pas douter avec raison, non seulement des actions qu’on leur attribue, mais de leur existence même ? Quelques Auteurs ont divisé ces temps en trois ; le premier comprend le règne des Dieux ; le second, le règne des Héros, et le troisième, le règne des Princes connus, leurs successeurs. Le premier nous est absolument inconnu, le second l’est un peu moins, et le troisième nous fournit des époques certaines. Varron avait fait cette division en temps inconnus, en temps fabuleux et en temps historiques. M. l’Abbé Banier a raison de ne trouver cette division bonne qu’à l’égard des Grecs ; puisque, comme il le dit fort bien, les Egyptiens et une bonne partie des Asiatiques avaient de puissances Monarchies, et un systeme de religion établi dès les siècles les plus reculés. Les Dieux n’étaient point Grecs d’origine, et la Grèce ne les avait connus que par les Colonies Egyptiennes et Phéniciennes, qui vinrent s’y établir. Mercure Trismégiste, ou quelques Egyptiens sous son nom, avaient composé l’histoire de leur Religion longtemps avant ces Colonies ; l’on sait quel cas l’Antiquité faisait de ces livres. On doit même regarder comme certain, que les Chefs de ces Colonies emmenèrent avec eux quelques Prêtres d’Egypte au fait de la langue appelée sacrée, dans laquelle ces livres étaient écrits : et je suis persuadé que ces Prêtres, ou quelques-uns de leurs successeurs instruits par eux, sont les vrais Instituteurs des solennités, des fêtes, des cérémonies et des jeux dont nous parlons. Qu’on se rappelle ce que nous avons dit des Eumolpides, et l’on en sera convaincu. Je penserais volontiers que le temps qui a précédé immédiatement les Olympiades, n’est pas mal nommé te temps des Héros, non que les Dieux, les Déesses, les Héros et les Héroïnes de la Fable aient en effet vécu et existé pendant ce temps-là ; mais parce que ce sur le temps où d’autres Héros plus réels vécurent, et dans l’imagination desquels prirent naissance les Dieux et les Héros. Tels furent Hermès, et beaucoup d’autres Philosophes Egyptiens, Prêtres et Rois : parmi les Grecs, Orphée, Linus, Melampus, Musée, Amphion, Eumolpe, etc qui furent les Auteurs de la Théogonie des Egyptiennes, des Grecs, etc. et qui purent bien par eux-mêmes, ou leurs successeurs, être les instituteurs des fêtes et des jeux. Il serait très difficile de déterminer le temps précis où commencèrent les Olympiades. Mercator le met à l’an du monde 3154, d’autres en 3189. Ceux qui veulent concilier les époques avec la Chronologie de l’Ecriture Sainte, déterminent la première Olympiade à la 23ème année de la Judicature de Debbora. Diodore de Sicile, qui avait recueilli les traditions anciennes, dit que ce fut Hercule de Crète qui les institua, sans nous apprendre le temps. Quelques-uns pensent que ce fut Pélops ; qu’Atrée, son fils, les renouvela 1418 ans avant la venue de Jésus-Christ. Hercule, disent-ils, au retour de la conquête de la toison d’or, assembla les Argonautes sur les bords du fleuve Alphée près de la ville de Pise dans l’Elide, non loin du Mont-Olympe, pour y célébrer ces mêmes jeux, en action de grâce de l’heureux succès de leur voyage, et l’on promit de s’y rassembler de quatre ans en quatre ans pour le même sujet. On pense aussi qu’ils furent discontinués, et qu’Iphitus (Pausanias, lib. 5.). Roi d’Elide, les rétablit 442 ans après, c’est-à-dire, 775 ans, ou, comme d’autres le veulent, 777 ans avant l’Ere Chrétienne ; ce qui revient à peu près au temps du règne de Sabachus l’Ethiopien, Roi d’Egypte. Chaque Olympiade comprenait quatre années complètes, et se célébrait dans le cinquantième mois, appelé Parthénius ou Apollonius, suivant le Commentateur de Pindare. Elle commençait le jour de la pleine lune, et l’on s’y disposait par des sacrifices et des cérémonies. Les jeux duraient cinq jours : chaque jour était destiné à un jeu, ou à un combat qui lui était propre. Hercule, suivant quelques Auteurs (Isacius et Pindare.), commença ces jeux en l’honneur de Jupiter, après qu’il eut puni Augias, Roi d’Elide, fils du Soleil et d’Iphiboé, de ce qu’il n’avoir pas donné à Hercule la récompense qu’il lui avait promise, pour avoir nettoyé l’étable des boeufs de ce Roi. Ce Héros consacra pour les frais de ces Jeux tout le butin qu’il avait fait dans l’Elide ; il détermina lui-même la longueur de la course, et donna à la stade Olympique 600 pieds mesures sans doute avec son pied propre ; car la stade ordinaire avait ce même nombre de pieds, et la stade Olympique avait beaucoup plus de longueur que la stade ordinaire. Plutarque (Aula-Gelle ininitio Noct. Att.) remarque à ce sujet, que Pythagore avait jugé par-là de la grandeur du corps d’Hercule sur la proportion du pied avec le reste du corps humain. Il est inutile de disserter ici sur les différents sentiments des Auteurs au sujet du temps et des Instituteurs des jeux Olympiques ; il suffit de dire qu’ils ont presque tous un fondement fabuleux. Est-il probable que l’Hercule Idéen, Dactyle (qui devait être un des Curetés ou Corybantes, que l’on dit avoir nourri et élevé Jupiter au milieu d’un charivari de tambours et autres instruments, pour empêcher que Saturne n’entendît ses cris) soit l’Instituteur de ces jeux ? puisque les Curetés, ou Corybantes auraient été contemporains de Saturne ; et suivant le calcul des Egyptiens, il faudrait reculer l’institution de ces jeux à près de vingt mille ans au-delà du temps qu’on l’a déterminée. Il en fera à peu près de même si on l’attribue à Hercule, fils de Jupiter et d’Alcmène; car Jupiter était fils de Saturne. Tout le monde convient que ce calcul des Egyptiens est fabuleux. Mais pourquoi l’est-il ? C’est que la base sur laquelle il est fondé n’est pas moins fabuleuse. Saturne, Jupiter, Hercule sont des personnes feintes, par conséquent leur règne l’est aussi. Pélops, Atrée, son fils, n’ont pas plus de réalité, comme nous l’avons va précédemment. Les Mythologues auraient donc dû s’en tenir à l’institution d’Iphitus. On en a même une bonne raison, puisque tous ceux que les Auteurs nomment comme vainqueur dans les jeux qui ont précédé celui où Coraebus remporta le prix, sont tous des Dieux ou des Héros fabuleux. Mais quel était cet Iphitus ? Etait-il Roi, ou Prince ? Aucun Auteur ne lui donne ces qualités. Iphitus fut, dit-on, consulter l’Oracle de Delphes sur les moyens de faire cesser les guerres intestines et la peste, qui désolaient la Grèce. La Pythie répondit que le renouvellement des Jeux Olympiques serait le salut de sa patrie. Iphitus ordonna aussitôt un sacrifice à Hercule pour apaiser ce Dieu, et célébra ensuite les jeux Olympiques. Cet Iphitus était sans doute un simple particulier, recommandable par sa science, et peut-être en même temps par les armes. On a tant débité d’allégories et de fables sur l’institution de ces jeux, qu’il est à croire que les Poètes ont donné dans les idées des Philosophes, et qu’ils ne nous ont transmis que leurs allégories. On dit (Hygin, loc. cit.) qu’Hercule les institua en l’honneur de Pélops ; ce qui est plus vraisemblable, que de dire que Pélops les institua. Pélops n’exista jamais qu’en allégorie de la première couleur qui survient à la matière du grand oeuvre, c’est-à-dire la noire, indiquée par le nom même, puisque Pélops vient de , noir, et de , suc, humeur, comme si l’on disait, suc noir. Il n’est donc pas surprenant que quelque Philosophe Artiste du grand oeuvre ait institué ces jeux en mémoire de Pélops, c’est-à-dire, en mémoire du grand oeuvre, donc la couleur noire, ou l’eau mercurielle parvenue à la noirceur, est le commencement et la clef, suivant le dire de tous les Philosophes. On verra dans le Livre suivant, qu’Hercule est presque toujours pris pour l’Artiste, quelquefois pour le mercure des Sages, qui fait tout dans l’oeuvre. Apollon vainquit Mercure à la course dans un de ces jeux. Le fait est bien difficile à croire. La Fable nous représente Mercure comme le plus léger des Dieux, ayant des ailes à la tête et aux pieds, et si agile qu’il ne peut rester en repos. Apollon est, à la vérité, peint comme un jeune-homme, mais ayant une chaussure d’or, par conséquent extrêmement pesante, et bien capable de l’empêcher de courir avec la même vitesse que le ferait Mercure. Il faut donc qu’il y ait quelque chose de sous-entendu là-dessous. Je demanderais aux Mythologues comment ils expliqueraient cela ? Dira-t-on que le Mercure vaincu n’était pas le même que le Mercure ailé, et qu’Apollon différait aussi du Dieu de ce nom ? Ce ferait une fort mauvaise raison, puisque ceux qui rapportent le fait ne les distinguent pas, et qu’ils disent au contraire que le Dieu Apollon vainquit le Dieu Mercure. Il est inutile d’avoir recours à un tel subterfuge, ou à d’autres aussi peu satisfaisants. Tout homme qui aura lu avec attention ce que j’ai dit dans les chapitres d’Apollon et de Mercure, saura bientôt comment ce phénomène a pu arriver. Mercure est très agile, Apollon très pesant, c’est ce contraste qui étonne, et c’est précisément par cette pesanteur due Mercure fut vaincu. Chacun a ses armes propres, et sa manière de combattre. Les circonstances décident même souvent des armes que l’on emploie. Mercure tua Argus avec une pierre, et Apollon tua le serpent Python à coups de flèches. Nous avons expliqué ces deux faits, voyons comment il a pu se faire qu’Apollon avec une chaussure d’or ait vaincu Mercure, qui avoir une chaussure et un casque ailé. Les Auteurs disent qu’Apollon fut vainqueur à la course la première fois que se firent les Jeux Olympiques : c’est-à-dire, que cette prétendue première fois ne fut jamais célébrée que dans les idées du premier qui a avancé le fait, et qu’il parlait allégoriquement des jeux Olympiques, qui se passent dans les opérations de l’oeuvre, où Apollon, le plus pesant des Dieux, est celui qui demeure vainqueur de Mercure même ; parce que l’Apollon des Philosophes, ou leur or, vient à bout d’arrêter le Mercure philosophique, qui est tout volatil, et de lui donner une fixité permanente. Voilà le phénomène éclairci. Voilà en quoi consiste la victoire d’Apollon sur Mercure. Quand on dit donc que le premier vainquit le second a la course, la proposition est équivoque ; on penserait d’abord qu’Apollon courut plus vite que Mercure, et qu’ayant atteint le but plutôt, il demeura vainqueur. Point du tout : Apollon court, il est vrai, à la suite de Mercure et avec lui, parce que le mercure philosophique volatilise fd’abord l’or des Philosophes ; mais enfin la fixité du dernier prend le dessus et fixe la volatilité de l’autre, de manière que tout devenant fixe, le champ de bataille demeure à Apollon, qui par conséquent est vainqueur. Pouvait-on s’expliquer autrement ? Hercule institue ces jeux en mémoire de Pélops ; c’est-à-dire, qu’un Philosophe Hermétique, sous le nom d’Hercule, les institua pour faire une allégorie mémoriale du grand oeuvre, dont presque tous les Philosophes qui en traitent, commencent seulement à en parler lorsque la matière dont se fait la médecine dorée, est parvenue à la couleur noire, et qu’elle ressemble à la poix noire fondue, ou à un suc noirci, signifié par Pélops. Après la couleur noire, les combats, les courtes des jeux Olympiques commencent dans, le vase des Philosophes. Alors Hercule provoque tout le monde au combat ; aucun humain n’ose se mesurer avec lui. Jupiter déguisé se présente dans la lice. Hercule ose entreprendre de lui résister : la lune s’engage, le combat dure longtemps ; mais Jupiter voyant que la victoire était douteuse, prend le parti de se faire connaître, Mars vient ensuite et se manifeste aussi ; Apollon se présente enfin avec Mercure, et Apollon devient vainqueur. Ainsi se passèrent les premiers prétendus jeux Olympiques. Nous l’avons dit plus d’une fois ; la volatilisation de la matière de la médecine dorée Se fait lorsque cette matière est dans une parfaire dissolution, et cette dissolution ne se fait que lorsque la matière est parvenue au noir : alors les parties volent ça et la dans le vase, en y circulant ; voilà les courses et les combats qui durent jusqu’à ce que la matière soit parvenue à un degré de fixité capable de résister aux plus vives atteintes du feu. On sait aussi que la couleur grise-blanche, appelée Jupiter par les Philosophes, est la première qui se présente après la noire. Cette couleur noire est l’habit déguisé de Jupiter. Lorsque cette noirceur disparaît, c’est Jupiter qui se manifeste à Hercule, c’est-à-dire à l’Artiste. Avant la couleur rouge foncée, appelée Soleil ou Apollon, on voit la couleur de rouille de fer, nommée Mars. C’est alors ce Dieu de la guerre qui devient vainqueur ; mais enfin Apollon l’est aussi de Mercure, parce que le Magistère finit par la fixation au rouge. On a donc eu raison de regarder ces prétendus combats des Dieux aux jeux Olympiques, comme une fable, ou plutôt comme une allégorie, mais donc l’explication est absolument impossible dans tout autre système que celui sur lequel j’appuie les miennes : ce qui le prouve bien clairement, est que, suivant les Auteurs, Hercule fut vainqueur dans toutes les espèces de combats ; c’est comme si l’on disait, l’Artiste ou le Philosophe Hermétique est le vainqueur dès qu’il a fini la médecine dorée. Quelques Auteurs disent que ces jeux furent institués par Hercule en l’honneur de Jupiter, et qu’il consacra aux frais et aux dépenses nécessaires en pareil cas, tout le butin qu’il avait fait sur les terre d’Augias. Nous expliquerons dans le Livre suivant. Ce qu’il faut entendre par Augias, ses boeufs et son écurie nettoyée par Hercule. Il était tout naturel de les instituer alors en l’honneur de Jupiter ; puisque, comme nous le prouverons, tout cela n’était que la couleur noire, à laquelle succède le Jupiter philosophique ; aussi lui consacre-t-il toutes les dépouilles du fils du Soleil, ce qu’il faut expliquer de l’opération de l’élixir des Philosophes. Ceux qui disent que ces jeux furent institués en l’honneur du Soleil ou d’Apollon, et de Neptune, disent aussi la vérité ; puisque l’or philosophique et la mer, ou l’eau mercurielle des Philosophes, sont tout le composé du grand oeuvre. Les diverses origines et les différents Instituteurs de ces jeux rapportés par les Auteurs, aboutissent donc à un point qui se trouve être le même que celui des fables primitives, et des principales fêtes des Dieux.
Livre du langage analogique d’Hermès : Les Fables Égyptiennes et Grecques par Dom Antoine-Joseph Pernety
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