Livre du langage analogique d’Hermès : Les Fables Égyptiennes et Grecques par Dom Antoine-Joseph Pernety
Chute des géants Giulio Romano
les dieux de l'Olympe
Livre d’Alchimie et d’ésotérisme les fables Égyptiennes et Grecques par Dom Antoine-Joseph Pernety. Chapitre II : Cérès. Les fêtes célébrées chez les Athéniens en l’honneur de Cérès et de Proserpine, ont eu une même origine ; car, malgré tout ce qu’en ont pu dire jusqu’ici divers Mythologues, la Cérès des Grecs ne diffère en rien de l’Isis des Egyptiens ; le culte de l’une n’est que celui de l’autre. Il ne faut cependant pas regarder avec M. l’Abbé Banier (Myth. Tom. II. pag 458.) la transmigration de Cérès ou Isis, comme certaine. Elle n’en est pas moins fabuleuse, et il n’y a eu que son culte de transporté dans la Grèce et ailleurs, ce qui a fait dire à Hérodote que les filles de Danaüs y portèrent les Thesmophories, une des principales fêtes de Cérès. Ce n’est donc pas à tort que l’Auteur de la Chronique des marbres d’Arondel regarde comme une fable l’enlèvement de Proserpine, et la recherche qu’en fit Cérès, le tout n’étant qu’une pure allégorie. On dit que Triptolème fut l’instituteur des Thesmophories, en reconnaissance de ce que Cérès lui avait appris la manière de semer et de recueillir le blé et les fruits. La première célébration s’en fit à Eleusis, et ils furent nommés Mystères Eléusiens. Car Cérès, dit la Fable, cherchant sa fille Proserpine, enlevée par Pluton, arriva dans la ville d’Eleusis, et fut rendre visite au Prince du lieu, qui portait le même nom. L’épouse de ce Prince, nommée Yone, venait de mettre au monde un fils, à qui elle avait donné le nom de Triptolème. Elle cherchait une Nourrice ; Cérès s’offrit et fut agréée. Elle s’acquitta très bien de la commission. Pendant le jour elle le nourrissait d’un lait divin, et pendant la nuit elle le tenait caché sous le feu. Le père s’aperçut du progrès que faisait Triptolème pendant la nuit ; il examina d’où cela pouvait venir, et ayant aperçu le manège de Cérès, il en fut tellement frappé, qu’il ne put s’empêcher de faire un cri. Ce cri fit connaître à Cérès que sa manoeuvre n’était plus secrète. Elle en fut irritée : dans sa colère elle fit mourir Eleusis, et donna à Triptolème un char attelé de deux dragons, pour aller apprendre à toute la terre l’art de semer les grains (Callimaque, Hymne à Cérès.) M. l’Abbé Banier passe légèrement sur les circonstances de cette histoire de Cérès (Tom. II. pag. 454.). Il se contente de dire qu’elle instruisit Triptolème de tout ce qui regarde l’agriculture, et que lui ayant prêté son char, elle lui ordonna d’aller par toute la terre enseigner à ses habitants un art d nécessaire. Sans doute que ne pouvant les expliquer conformément à ton système d’histoire, il a pris le parti de supprimer dans cette fable, comme presque dans toutes les autres, ce qui contredit son système, ou ce qu’il ne peut y ajuster. Bon expédient pour se tirer d’embarras : mais je laisse à juger aux gens de bonne, foi, quelle solidité l’on peur espérer d’un édifice élevé sur un fondement si ruineux. Cette fable ne paraît en effet susceptible d’aucune explication historique ou morale ; car que signifierait ce lait et ce feu dont Cérès nourrissait le fils d’Yone ? A quoi rapporter ce char traîné par deux dragons ? On doit voir au contraire, au premier coup d’oeil, que cette fable a tout l’air d’une allégorie chymique. En effet, Triptolème est l’enfant Philosophique, mis au monde par Yone, c’est-à-dire par l’eau mercurielle, d’, pleuvoir, d’où l’on a aussi formé le nom Hyades. Cérès devient sa Nourrice, parce que, comme le dit Hermès (Table d’Emeraude.), la terre est la nourrice de l’enfant Philosophique. Michel Maïer en a fait le second de ses Emblèmes, où un globe terrestre forme le corps d’une femme depuis les épaules jusqu’aux genoux : deux mamelles sortent de ce globe, et la main droite de la femme soutient un enfant qui tette à la mamelle, du même côté ; avec cette inscription au-dessus ; Nutrix ejus est terra, celle-ci au-dessous : Quid mirum, teneroe sapientum viscera prolis Si serimus terram lacte nutrisse suo ? Parvula si tantas Heroas bestia pavit, Quantus, cui nutrix terreus Orbis erit ? Le lait dont Cérès nourrissait Triptolème, est celui que Junon donna à Mercure : je l’ai expliqué en plus d’un endroit ; c’est pourquoi j’y renvoie le Lecteur, pour ne pas tomber dans des répétitions ennuyeuses. Je dirai seulement de Cérès, avec Basile Valentin (Symbole nouveau.) : Je suis Déesse d’une grand beauté, le lait et le sang coulent de mes mamelles. Il n’y a rien d’extraordinaire à nourrir un enfant avec du lait ; mais le cacher sous la cendre, et le mettre dans le feu pendant la nuit, pour lui donner de la force et de la vigueur, c’est un expédient qui ne peut être en usage que chez un Peuple Salamandrique : aussi Triptolème est-il le symbole de la salamandre des Philosophes, et le vrai Phénix qui renaît de ses cendres. C’est ce Triptolème qu’il faut accoutumer au feu, pour qu’il puisse, étant devenu grand, résister à ses plus vives atteintes. Trois seules choses dans la nature résistent an feu ; l’or, le verre et le magistère parfait des Philosophes : le dernier avec le second doivent se former dans le feu ; l’un dans le feu élémentaire, l’autre dans le feu Philosophique. Ils ne viennent à leur perfection que par l’espèce de nourriture qu’ils en tirent. Il est peu d’Auteurs qui n’en parlent sur ce ton-là. Arnaud de Villeneuve dit (Rosar. 1, 2. c. 25.) : « Lorsque l’enfant sera né, nourrissez-le jusqu’à ce qu’il puisse souffrir la violence du feu. » Raymond Lulle (Theor. Testam. c. 29.) : Faites en sorte que votre corps s’imprègne du feu ; multipliez sa combustion, et il vous donnera une forte teinture. » D’Espagnet dit au Canon 78 : « Lorsque Saturne cède la conduite de son Royaume à Jupiter, notre enfant se trouve tout formé, et se manifeste avec un visage n blanc, serein et resplendissant comme la Lune. » Le même Auteur ajoute (Can. 79.) : « Le feu de la nature, qui achevé la fonction des éléments, devient manifeste de caché qu’il était, lorsqu’il est excité par le feu extérieur. Alors le safran teint le lis, et la couleur se répand sur les joues de notre enfant blanc, devenu par-là robuste et vigoureux. » Le feu est donc la vraie nourriture de la pierre des Sages. Non pas, comme quelques-uns pourraient se l’imaginer, que le feu augmente la pierre en largeur, hauteur et profondeur, et qu’il devienne une substance qui s’identifie avec elle, comme il arrive à la nourriture que prennent les enfants : mais le feu nourrit et augmente sa vertu ; il lui donne ou plutôt manifeste sa couleur rouge, cachée dans le centre de la blanche, de la même manière que le nitre devient rouge au feu, de blanc qu’il était. Il n’y a donc pas à douter que Triptolème soit la Salamandre des Philosophes, lorsqu’il est cuit et mûri sous le feu. Il devient alors le feu même, la terre, la chaux et la semence des Sages, qu’il faut semer dans sa terre propre et naturelle. Avicenne (De Lapide, c. 5.) le fait entendre par ces termes : « Il ne faut point cueillir les semences qu’au temps de la moisson. Les Philosophes ont appelé notre pierre, Salamandre ; parce que notre pierre, de même que la Salamandre, se nourrit de feu, vit et le perfectionne dans le feu seul. » Loin de passer aucunes circonstances de cette fable pour pouvoir l’ajuster à mon système, je veux en faire remarquer jusqu’aux plus petites parties, et l’on verra par-là qu’il est le seul véritable. C’était pendant la nuit que Cérès cachait Triptolème sous le feu, serait-ce, comme on le croirait naturellement, pour le faire en secret avec plus de sûreté ? Point du tout ; c’est parce qu’elle ne lui donnait point de lait pendant ce temps-là, et qu’il fallait y suppléer par une autre nourriture ; c’est parce que le sommeil, image de la mort, s’emparait de lui pendant cet intervalle. Bonellus (In Turba.) va nous l’apprendre. « La volonté de Dieu est telle, dit cet Auteur, que M tout ce qui vit, doit mourir. C’est pourquoi le mixte, auquel on a ôté son humidité, devient semblable à un mort, lorsqu’on l’abandonne pendant la nuit. Alors cette nature a besoin du feu..... Dieu, par ce moyen, lui rend son esprit et son âme, la délivre de son, infirmité ; et cette même nature se fortifie et se perfectionne. Il faut donc la brûler sans crainte. » En effet, que risque-t-on, puisque c’est une Salamandre qui se répare, se renouvelle et ressuscite dans le feu? La couleur noire est le symbole de la nuit, le signe du deuil et de la mort, et l’on ne parvient à la lumière qu’avec l’aide du feu. Le Triptolème Philosophique ne peut aussi parvenir au blanc sans le secours du feu. Lorsqu’il est devenu grand, Cérès fait mourir son père, et donne à son nourrisson un char attelé de deux dragons, pour qu’il aille par toute la terre apprendre rare de l’agriculture à ses habitants. L’agriculture est un symbole parfait des opérations du grand oeuvre. C’est pourquoi les Philosophes en ont tiré une partie de leurs allégories, à l’imitation des Anciens, qui nous ont laissé les leurs sous l’apparence d’histoire. Une des plus grandes preuves que ces histoires prétendues sont de pures allégories, c’est que les Auteurs des Fables ont dit la même chose d’Osiris, de Denys, de Cérès et de Triptolème. Osiris parcourut toute la terre, pour apprendre à ses habitants l’art de la cultiver. Denys fit le même voyage pour le même obJet ; Cérès en a fait autant ; Triptolème va dans le même dessein, et les uns et les autres par toute la terre. Et pourquoi tant de monde pour apprendre en différents temps un art qui n’a jamais péri parmi les hommes, et qu’il est d’un si grand intérêt pour eux de ne pas laisser abolir ? L’on dira sans doute que Denys et Osiris n’étaient qu’un même homme sous deux noms différents : nouvelle preuve de la vérité de mon système. Suivant mon idée, Triptolème et Cérès n’en sont distingués qu’eu égard aux différents états de la matière dans les opérations : mais ces quatre personnes sont-elles la même quant aux systèmes historiques et de morale ? J’en appelle à leurs Auteurs. Quoi qu’il en soit, Denys fit son voyage sur un char attelé de bêtes féroces, et Triptolème sur un char attelé de deux dragons. L’un et l’autre apprirent aux hommes à semer et à cueillir les grains. Denys leur apprit même à planter la vigne, et à faire le vin. Nous avons déjà expliqué, en je ne sais combien d’endroits, quels sont ces dragons et ces bêtes féroces ; nous les avons même suivis dans leurs voyages, et nous avons en même temps déduit ce qu’il fallait entendre par cet art de semer ; mais nous en dirons cependant encore deux mots d’après quelques Philosophes Hermétiques, parce qu’on ne saurait trop inculquer une chose aussi essentielle. Le Laboureur a une terre qu’il cultive pour y semer son grain ; le Philosophe a la sienne. Semez votre or dans une terre blanche feuillée, disent les Philosophes. Basile Valentin en a fait l’Emblème de sa huitième Clef, et Michel Maïer le sixième des siens. Le grain ne saurait germer, s’il ne pourrit en terre auparavant. Nous avons parlé très souvent de la putréfaction des matières Philosophiques, comme de la clef de l’oeuvre. Lorsque le grain a germé, il lui faut de la chaleur pour croître ; car la chaleur est la vie des êtres, et rien ne peut venir au monde sans chaleur naturelle. Il faut deux choses pour l’accroissement des plantes, la chaleur et l’humidité ; il faut aussi le lait et le feu au Triptolème Philosophique, suivant ce qu’en dit Raymond Lulle (Theor. Testam. 4. 46.). « Sachez, dit-il que rien ne naît sans mâle et femelle, et qu’aucun grain ne germe et ne croît sans l’humidité et la chaleur. C’est à quoi vous devez vous conformer dans notre oeuvre. » Lorsque la tige sort de terre, elle paraît d’abord d’un rouge violet, puis d’un vert bleuâtre : quand le grain s’y forme, il est blanc comme du lait ; et lorsqu’il vient à sa maturité, on voit toute la campagne dorée. Il en est précisément la même chose du grain des Philosophes. Se taisent ceux, dit le Trévisan (Philosoph. des Métaux.), qui veulent extraire leur mercure d’autre chose que de notre serviteur rouge. Et d’Espagnet (Can. 53.) : « On doit trouver trois sortes de belles fleurs dans le Jardin des Sages : des violettes pourprées, des lis blancs et jaunes, et enfin l’amaranthe pourprée et immortelle. Les violettes, comme printanières, se présenteront à vous presque dès l’entrée ; et comme elles seront arrosées sans cesse et abondamment par une eau d’or, elles prendront enfin une couleur très brillante de saphir. Gardez-vous bien d’en avancer la maturité. Ensuite avec un peu de soin, le lis leur succédera, puis le souci, et enfin l’amaranthe. » Jodocus Grèverus a composé un Traité particulier, où il fait une comparaison perpétuelle de la manière de cultiver le grain Philosophique. Le Lecteur curieux pourra y avoir recours. Je n’ajourerai donc plus au sujet de l’éducation de Triptolème, que ce que dit Flamel (Désir désiré.) : « Son père est le Soleil, et sa mère est la Lune ; c’est-à-dire, une substance chaude et une substance aqueuse. La terre est sa Nourrice. Il est nourri de son propre lait, c’est-à-dire, du sperme dont il a été fait dès le commencement. L’enfantement arrive, quand le ferment de l’âme s’ajuste avec le corps ou terre blanchie. Il ne peut venir à sa perfection, s’il n’est nourri du lait, et s’il ne prend vigueur par le feu. C’est de lui qu’il est dit dans la, Tourbe : Honorer votre Roi qui vient du feu. » Musée croyait Triptolème fils de l’Océan et de la terre ; ce qui revient parfaitement à la génération de l’enfant Philosophique qui se forme de la Terre et de l’eau mercurielle des Philosophes, appelée Mer, Océan par plusieurs d’entre eux. Triptolème étant une personne feinte, ne saurait avoir été l’Instituteur des Thermophories. J’aime bien mieux m’en tenir au témoignage d’Hérodote (In Euterpe.), qui dit que les filles de Danaüs les apportèrent d’Egypte dans la Grèce, et les apprirent aux femmes Pélasges : Danai filiae ritum hunc (Thesmophoria ) ex Aegypto attulerun, eoqueue Pelasgicas mulieres imbuerunt . Les Auteurs qui ont avancé que Triptolème en était l’Instituteur, l’ont dit sans doute dans le sens de ceux qui ont regardé Isis comme l’Institutrice des fêtes que les Egyptiens célébraient en l’honneur d’Isis même et d’Osiris ; c’est-à-dire, que Triptolème était en partie l’objet qu’avaient eu en vue les Instituteurs des Thesmophories en Grèce, comme Isis l’avait été en Egypte. Les Thesmophories étaient appelées Mystères, à cause du secret qu’on exigeait de ceux qui y étaient initiés. Hérodote (Loco cicaco.) nous apprend la retenue et le respect qui y était requis, par ces termes : De Cereris quoque initiatione, quam Graeci Thesmophoria vocant, a ferendis legibus, absit ut eloquar, nisi quatenus sanctum est de illa dicere. Isis passait aussi pour avoir donné des lois aux Egyptiens. On a dû voir dans le premier livre, que Danaüs mena d’Egypte une Colonie en Grèce, et qu’il était au fait de l’Art Hermétique. Les Mystères Eléusiens étaient des plus sacrés chez les Païens. On raconte diverses raisons qui engageaient à les tenir secrets. Les Mystères, dit Varron, se tiennent fermés par le silence et l’enceinte des murs où ils se passent. Par le silence, de manière qu’il ne soit permis à qui que ce soit de les divulguer, et ils doivent se passer dans l’enceinte des murailles, afin qu’ils ne soient vus et connus que de certaines personnes. Thomas de Valois, dans son Commentaire sur la Cité de Dieu de S. Augustin (Liv. 4. c. 31.), dit : « Trois raisons engageaient les Démons et leurs Prêtres à faire un secret de leurs cérémonies. La première, parce qu’il eut été facile de les convaincre de fourberie, si ces cérémonies avaient été publiques, et que tout le monde eût pu en raisonner. La seconde est que ces Mystères renfermaient l’origine de leurs Dieux, et ce qu’ils avoient été en effet. Quel avait été, par exemple, Jupiter, quant et comment on avait commencé à l’adorer ; et ainsi des autres. Si l’on avait divulgué tout ce !a parmi le Peuple, il eût méprisé ces Dieux prétendus, et la crainte qu’on leur en inspirait se fût évanouie ; ce qui eût mis le désordre dans l’Etat. Numa Pompilius regardait cette crainte si nécessaire, dit Tite-Live (De Urbis Orig. lib. I.), qu’il recommandait beaucoup de la faire naître et de l’entretenir parmi le Peuple. La troisième raison est qu’il se passait dans le secret, des choses dont le Peuple aurait eu horreur, si elles étaient venues à sa connaissance. On y sacrifiait des enfants et des femmes enceintes, pour apaiser les Démons, ou pour consulter, comme il arriva à Jules César, suivant le rapport de Socrate (Hist. Tripart.). Ce Prince fut dans la ville de Carra voir un Idolâtre qui sacrifiait en secret dans un Temple, pour savoir l’issue de la guerre qu’il voulait entreprendre. Il y trouva une femme, nue suspendue par les cheveux, les bras étendus, le ventre et la poitrine ouverts. On lui fit examiner le foie, et il y vit la victoire, qu’il devait remporter. » Voilà, dit Valois, la vraie raison qui faisait tenir ces Mystères secrets ; c’est elle qui avait fait imaginer la statue d’Harpocrate, Dieu du silence, que l’on mettait à l’entrée de presque tous les Temples où Isis et Sérapis étaient adorés. Saint Augustin en apporte une raison (De Civ. Dei, lib. 18. c. 5.), d’après Varron. C’était, dit-il, afin qu’on se gardât bien de dire que ces Dieux avaient été des hommes. Ce Saint Docteur avait même dit au chapitre 3, que c’était un crime capital chez les Egyptiens, de dire qu’Isis était fille d’Inaque, et par conséquent une femme mortelle. Ces raisons de Valois paraissent assez probables, au moins pour les temps où les abus s’étaient glissés dans la célébration de ces Mystères, et où l’idolâtrie était montée à son comble. Mais peuvent-elles avoir lieu pour le temps de l’instruction de ces cérémonies ? Est-il à croire que dans les temps mêmes postérieurs, et dans le siècle d’Hérodote, ces cérémonies fussent accompagnées de ces homicides exécrables ? Si cela eut été, cet Auteur se serait-il exprimé dans les termes que nous avons rapportés ci-devant ? D’ailleurs il s’agit du fond des Mystères Eléusiens, et non des abus accidentels que l’aveuglement et l’ignorance des intentions de l’Instituteur y ont introduits. Si l’on fait attention à toutes les circonstances de ces Mystères, on sera bientôt convaincu que la seconde raison de Thomas Valois est l’unique qui ait engagé à ne les découvrir qu’aux Initiés, et à en faire un mystère à tout le reste du Peuple. Les deux autres raisons sont nées avec les abus mêmes. L allégorie de Saturne qui avait dévoré ses enfants, a fait que les superstitieux, prenant la fable à la lettre, s’imaginèrent que des hommes immolés en son honneur lui seraient plus agréables qu’aucune autre victime. Mars, le Dieu de la guerre, semblait dans leur esprit ne devait se plaire que dans le sang humain. Mais pouvait-on avoir la même idée de la Déesse de l’agriculture, du Dieu du vin, et de la Mère de l’Amour et de la Volupté? L’intention de l’Instituteur pouvait-elle être d’engager les Initiés dans la licence et le libertinage, puisqu’on exigeait beaucoup de retenue, et même une chasteté assez sévère, des Mystes et des femmes qui présidaient aux solennités de la Déesse Cérès. Les purifications et les ablutions qu’on y pratiquait, doivent faire croire qu’on n’y était pas si dissolu que quelques Auteurs l’ont prétendu. N’a-t-on pas vu des Auteurs accuser les Chrétiens de la primitive Eglise d’adorer une tête d’âne, et même de plusieurs infamies exécrables, parce qu’ils faisaient leurs assemblées en secret, et qu’elles étaient un mystère pour les Païens (Bibliot. univ. T. VI.) ? Les mots barbares de Conx et om pax, que M. le Clerc a interprétés par veiller et ne point faire de mal, et que le Prêtre prononçait à haute voix en congédiant rassemblée, sont une espèce de garant qu’il ne s’y passait rien que de très honnête et de très décent. Les Mystères Eléusiens étaient de deux sortes, les grands et les petits ; et pour être initié dans les uns et dans les autres, il fallait être capable de garder un grand secret. Les petits servaient de noviciat préliminaire avant d’être admis aux grands. Les premiers se célébraient à Agra, près d’Athènes ; les grands à Eleusis. Le temps de l’épreuve durait cinq ans ; il fallait garder la chasteté pendant tout ce temps-là. Après bien des épreuves, on devenait Mystes, ou en état d’être Epopte, c’est-à-dire, témoin des cérémonies les plus secrètes ; et quoiqu’on fût Initié ou reçu, Epopte, on n’était pas au fait de tout ; car les Prêtres se réservaient la connaissance de beaucoup de choses. La fête de l’initiation durait neuf jours. Chaque jour avait ses cérémonies particulières ; celles du premier, du second et du troisième n’étaient que préparatoires ; on peut les voir avec celles que l’on observait pour la réception des Mystes et des Epoptes, dans le Tome II. pag. 467 et suiv. de la Mythologie de M. PAbbé Banier. Le quatrième, on faisait traîner par des boeufs un chariot, dont les roues étaient sans rayons apparents, et faites à peu près comme un tambour, Des femmes marchaient à la suite de ce chariot, criant bon jour, mère Dio, et portant des caSssettes ou corbeilles dans lesquelles il y avoir des gâteaux, de la laine blanche, des grenades et des pavois. Il n’était permis qu’aux Initiés de regarder ce chariot, les autres étaient obligés de se retirer, même des fenêtres, pendant qu’il passait. Le cinquième, on marchait toute la nuit, pour imiter, dit M. l’Abbé Banier, la recherche que Cérès fit de Proserpine, sa fille, après que Pluton l’eue enlevée. Le sixième, on conduisait d’Eleusis à Athènes la statue d’un grand jeune-homme, couronné de myrte, et portant un flambeau à la main. On accompagnait cette statue, appelée Iacchos, avec de grands cris de joie, et des danses. Le septième, le huitième et le neuvième étaient employés, ou à initier ceux qui ne l’avaient pas été, ou en actions de grâces, ou en supplications que l’on faisait à Cérès. Je suis surpris que M. le Clerc ait été chercher dans la langue Phénicienne la signification d’Iacchos, puisqu’elle se présentait tout naturellement dans la Grecque, où , veut dire faire de grands cris. Ce n’était cependant pas ce qu’on voulait dire par ce terme-là, comme si l’on eut voulu s’exciter les uns et les autres à crier ; c’était plutôt comme si l’on eut dit : voilà Bacchus, car l’ , signifie Bacchus, ou Hymne à Bacchus. Quelqu’un s’imaginera sans doute que Bacchus étant regardé comme le Dieu du vin, l’une des plus belles productions de la terre, on avait voulu le faire participant, ou du moins le mettre pour quelque chose dans les fêtes que l’on célébrait en l’honneur de Cérès, Déesse de l’agriculture. La raison paraît naturelle ; et il y était en effet, mais dans un autre sens, comme nous le verrons ci-après. Tels étaient ces grands Mystères de la Grèce, auxquels la Fable dit qu’Hercule et Esculape même voulurent être inities. Le Secret y était extrêmement recommandé, non comme Pont prétendu M, le Clerc, Thomas Valois, Meursius et quelques Anciens, pour cacher les infamie » et les crimes qui s’y commettaient ; mais parce qu’il renfermait le dénouement de l’allégorie historique de Cérès, de Sa fille, etc. et non pas parce qu’on y découvrait que Cérès et sa fille n’avaient été que deux femmes mortelles, quoi-qu’en pensent M. l’Abbé Banier et plusieurs Mythologues, fondés sur ce que Cicéron (Tuseul. Quaest. 1. I. c. 13.) insinue que c’était leur humanité, le lieu de leurs sépulcres, et plusieurs autres choses de cette Nature, que l’on ne voulait point découvrir au Peuple. Les fêtes en l’honneur de Cérès ayant été imitées de celles qui avaient été instituées en Egypte en l’honneur d’Isis, il faut par conséquent y chercher l’intention des Instituteurs. On convient d’ailleurs que Cérès et Isis sont la même personne, suivant le témoignage d’Hérodote (In Euterpe.), qui dit aussi (In Melphone.) que dans une fête d’Isis, on portait sa statue sur un chariot à quatre roues. Le secret dont on faisait mystère dans les fêtes de Cérès, devait être le même que celui qui était recommandé, sous peine de la vie, aux Prêtres Egyptiens. Nous avons dit dans le premier Livre en quoi consistait ce secret ; il est inutile de le répéter. Les Philosophes Hermétiques en font eux-mêmes un si grand mystère, qu’il est presque impossible de le découvrir, si Dieu, ou un ami de coeur ne le révèle, suivant ce qu’ils en disent eux-mêmes, Harpocrate en appuyant ses doigts sur sa bouche, annonçait dès l’entrée du Temple le secret que l’on y gardait. Les Initiés avaient seuls la permission d’entrer dans le sanctuaire de ces Temples. Un Crieur préposé pour cela, avait soin d’annoncer aux Profanes qu’ils eussent à s’en éloigner. C’est de là sans doute que Virgile a dit dans une occasion à peu près semblable : Procul ô procul este Profani. On avertissait aussi publiquement que ceux qui se sentiraient coupables de quelques crimes, se gardassent bien d’assister même aux solennités. Néron, quoique Empereur, n’osa s’y présenter ; Antoine au contraire voulut s’y faire initier, pour prouver sa probité. Comme il était défendu d’y recevoir aucun étranger, et que bien des gens de nom et de probité des autres pays demandaient à être initiés, on institua les petites Thesmophories, pour les satisfaire, et l’on prétend qu’Antoine ne fut reçu que dans celles-là. Les grandes étaient proprement celles de Cérès ou du secret ; les petites étaient celles de Proserpine ; on ne découvrait point le vrai mystère à ceux qui n’étaient reçus que dans les petites ; l’on dit même qu’Hercule fut du nombre de ces derniers, comme si Hercule eût jamais été à Athènes. La raison qui empêchait d’initier les étrangers dans les grandes, était, disait-on, qu’on ne voulait pas que ces secrets de la nature fussent connus dans les autres pays. Aussi les ignorait-on presque partout, non que ces solennités et leurs cérémonies ne fussent connues, au moins en partie, et même pratiquées en plusieurs autres endroits : mais les étrangers, si l’on en excepte les Egyptiens, n’en avaient que l’écorce. Les Chrétiens mêmes en avaient connaissance, comme nous le voyons par ces paroles de S. Grégoire de Nazianze (Serm. de l’Epiph.) : « On ne nous enlève point de Vierge ; Cérès, ne court pas vagabonde pour la chercher ; elle ne mous amené point des Céléus, des Triptolème et des dragons ; elle souffre en partie, et agit en partie : j’ai honte de mettre au jour ces sacrifices nocturnes, et de faire un mystère d’une infamie. Eleusis fait très bien tout cela de même que ceux qui assistent à ces cérémonies, sur lesquelles on gardé un grand secret, et en effet, elles méritent bien qu’on les ensevelisse dans le silence. » N’étant pas au fait par eux-mêmes, et n’en etant instruits que par les bruits vulgaires, pouvaient-ils en juger autrement ? Après tout, soit que chaque nation ait pris les Egyptiens pour modèles, soit de son propre mouvement, chacune à eu ses mystères, qu’il était défendu de divulguer parmi le Peuple. Valère Maxïme (Lib. cap.) nous apprend que Tarquin, Roi des Romains, fit coudre Marcus Duumvir dans un sac de cuir, et le fit jeter dans la mer comme coupable de parricide, pour avoir donné à Petronius Sabinus le livre des secrets civils à transcrire, qu’on avait confié à sa garde. Valère ajoute même qu’il avait mérité cette punition, parce qu’on devait faire subir la même peine à ceux qui se rendaient coupables envers les Dieux et envers leur père. Ces livres avaient été composés par une vieille femme inconnue, où Sibylle, et présentés à Tarquin le Superbe, selon que le rapporte Aulu-Gelle (Lib. I.). Une certaine vieille inconnue, dit cet Auteur, fut trouver Tarquin le Superbe, et lui porta neuf livres, qu’elle disait contenir les Oracles sacrés, et les lui offrait à acheter. Le Roi trouva le prix exorbitant, et se moqua d’elle. Alors elle fit faire du feu en présence du Roi y et brûla trois de ses volumes, en demandant au Roi s’il voulait donner la même somme des six qui restaient. Il lui répondit, qu’elle radotait sans doute. Elle en jeta trois autres au feu, et lui demanda de nouveau si les trois derniers lui feraient plaisir pour le même prix des neuf. Le Roi voyant la fermeté opiniâtre de cette vieille donna de ces trois derniers la somme qu’elle lui avait demandée pour les neuf. La vieille s’en fut, et ne reparut plus. On appela ces livres les Oracles de la Sibylle ; on les ferma dans le lieu le plus sacré du Temple, et quinze personnes étaient députées pour les consulter toutes les fois qu’il s’agissait d’interroger les Dieux immortels sur quelque événement de conséquence. L’esprit de l’homme est fait de manière que plus les choses sont cachées pour lui, plus elles piquent sa curiosité. Un Philosophe, nommé Numénius, ayant trouvé le moyen de découvrir ce que c’était que les Mystères Eléusiniens, en publia le premier une partie par écrit. Macrobe (Songe de Scipion.) rapporte « que ce Philosophe en fut très aigrement repris en songe par Cérès et Proserpine, qui se présentèrent à lui habillées en femmes de mauvaise vie, se tenant debout à la porte d’un mauvais lieu Numénius surpris de voir ces Déesses dans cet équipage, il leur en témoigna son étonnement. Elles lui répondirent en colère, qu’il leur avait ôté leur habit d’honnêtes femmes, et les avait prostituées à tous allants et venants. Numénius ne fut pas le seul curieux ; une infinité d’autres personnes, beaucoup de Philosophes, et bien d’honnêtes gens ont désiré savoir le fond de ces Mystères ; mais peu, si l’on en excepte les Prêtres et les Initiés, ont vu leur curiosité satisfaite. Et nous qui vivons dans un temps fort éloigné de celui-là, nous ne pouvons en juger que suivant le proverbe. Ex ungue aestimatur leo ; c’est-à-dire, que la connaissance qui nous a été transmise d’une partie de ces Mystères, nous fait découvrit le tout. Par les signes, nous devinons la chose signifiée, et la cause, par ses effets. Eumolpe, fils de Déiopes et de Triptolème y fut, dit-on, le premier qui porta ces Mystères à Athènes. On a vu dans le premier Livre, que les Eumolpides venaient des Prêtres Egyptiens et qu’ils étaient par conséquent initiés dans le secret qui leur avait été confié. Ils surent donc les Auteurs de ces Mystères de Cérès. Un argument bien convaincant sur cela, est que tous les Prêtres appelés Hiérophantes, étaient Eumolpides, descendus de cet Eumolpe. Acésidore dit que le terrain d’Eleusis fut d’abord habité par des étrangers, ensuite par les Thraces,qui fournirent des troupes à Eumolpe, alors Hiérophante, pour faire la guerre à Erechtée. Androrius (Lib. 2. de Sacrif.) nous apprend qu’Eumolpe eut un fils du même nom ; de celui-ci naquit Antiphême ; d’Antiphême Musée, et Mutée eut pour fils Eumolpe, qui institua les cérémonies que l’on devait employer dans les Mystères sacrés, et qu’il fut lui-même Hiérophante. Sophocle nous dit la raison qui donnait aux Eumolpides la préférence sur tous les autres, pour présider au culte de Cérès et aux cérémonies des Mystères Eléusiens. C’est, dit-il (In OEdipode, in Colono.), que la langue des Eumolpides était une clef d’or.
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