Livre du langage analogique d’Hermès : Les Fables Égyptiennes et Grecques par Dom Antoine-Joseph Pernety
Chute des géants Giulio Romano
les dieux de l'Olympe
Livre d’Alchimie et d’ésotérisme les fables Égyptiennes et Grecques par Dom Antoine-Joseph Pernety. Chapitre premier : Fêtes, Cérémonies, Combats et Jeux institués en l’honneur des Dieux. L’Homme ne peut guère compter sur la fidélité de sa mémoire : à la longue les faits se confondent, leurs circonstances s’obscurcissent, et l’imagination y supplée par sa faculté inventive. La tradition verbale fondée sur une base si peu solide, est conséquemment sujette aux mêmes inconvénients. Les actions passées depuis longtemps, et les choses qui ne se voient point étant à peu près le même pour nous, il a fallu, pour en rappeler la mémoire, ou en fixer l’idée, les présenter à nos yeux sous la forme de quelque objet sensible, parce que les choses qui frappent notre vue, s’impriment bien plus profondément dans notre esprit, que ce que nous n’apprenons que par le discours : ... Minus seriunt demissa per aures, Quant quae sunt oculis subjecta fidelibus. Horac. Art. Poët. Sur ce principe, les Anciens, tant Juifs que Païens, instituèrent des fêtes et des cérémonies pour rappeler dans la mémoire des Peuples les faits dont le souvenir méritait d’être conservé à la postérité. Quelques-uns en rappelant aux hommes l’auteur de leur être et de tout bien, les engageaient à lui rendre grâces de ceux qu’ils en avoient reçus, et à lui en demander de nouveaux. Sur ces idées, Moïse, par l’ordre de Dieu même, institua différentes fêtes qui dévoient être observées en certains temps, et à des jours marqués. De cette espèce sont chaque septième jour successifs, où les Juifs étaient obligés de cesser tout travail manuel et servile, en mémoire du septième jour de la création, auquel l’Ecriture dit que Dieu se reposa. La Pâque rappelait la mort des premiers nés de l’Egypte, exterminés en une seule nuit par l’Ange du Seigneur ; et la délivrance de leurs ancêtres Israélites, de la servitude où ils étaient réduits. La Pentecôte les faisait ressouvenir que Dieu avait lui-même donné à Moïse sur le Mont Sinaï la Loi qu’ils observaient ; et la fête des Tabernacles leur remettait devant les yeux les quarante années qu’ils avaient passées dans le désert. La Sculpture et la Peinture devinrent d’un grand secours pour cet objet. On fit des statues et des tableaux, pour servir de mémoire artificielle. On représenta les actions et les personnes qui y avaient eu part, et on les exposait chez les Grecs et les Romains, comme des monuments de faits mémorables. Les Egyptiens, et Hermès Trismégiste entre autres, frappés des biens terrestres qu’ils avaient reçus du Souverain Être, instituèrent des cérémonies et un culte pour lui en rendre grâces, et pour en rappeler sans cesse le souvenir au Peuple ignorant. Comme ces biens étaient de différentes espèces, les cérémonies furent différentes, suivant l’objet qu’ils avaient en vue. Dans ce genre se trouve le boeuf Apis, le choix que l’on faisait d’un boeuf noir marqué d’une tache blanche, sa consécration, son logement et sa nourriture dans le temple de Vulcain, le culte qu’on lui rendait, sa mort par la suffocation dans l’eau, son inhumation, et le nouveau choix que l’on faisait de son successeur. On y vit aussi les fêtes d’Osiris, de Cérès, d’Adonis et autres semblables, dont nous avons déjà dit quelque chose, et dont nous parlerons encore, telles que les Bacchanales, les Saturnales, etc. Il n’est point douteux que les instituteurs de ces fêtes se proposaient un bon objet, et que la seule ignorance des Peuples les entraîna ensuite dans l’abus qu’ils en firent. Les Prêtres, obligés par serment et sous peine de mort, aux secrets voilés sous ce culte et ces cérémonies, n’eurent pas assez d’attention d’instruire le Peuple suivant l’idée qu’il devait en avoir. Ils avaient deux manières de se transmettre ces secrets, l’une par des hiéroglyphes qui par-laient aux yeux du corps, et l’autre par l’explication des allégories des Dieux, des Déesses et des Héros, dont ces hiéroglyphes représentaient l’histoire feinte. On en expliquait la lettre au Peuple, et le sens à ceux que l’on vouloir initier. Ces hiéroglyphes étaient pris des animaux et des autres choses corporelles peintes ou sculptées. La célébration des mystères, le vrai sens des allégories, et l’explication naturelle des hiéroglyphes, semblaient n’être faits que pour les Prêtres, et ceux qui devaient erre instruits du fond des choses. Le Peuple se contentait de l’extérieur. On lui disait que tout cela n’était institué que pour rendre à Dieu les grâces qu’on lui devait, et que ces différents objets ne leur étaient présentés que pour leur rappeler les différences faveurs du Ciel. Par le moyen de cette explication, ils étaient en possession tranquille de leur secret. Nous avons dit quel était ce secret, et pourquoi il était défendu de le révéler. Les Prêtres en firent donc toujours un mystère ; et comme ils voulaient prouver au Peuple que les instructions qu’ils lui donnaient à cet égard, étaient les vraies explications de ces mystères, ils avaient un extérieur capable de prouver qu’ils regardaient en effet ces animaux comme des symboles de Dieu, et de quelque chose de sacré. Insensiblement le Peuple fut plus loin : ce qui n’était d’abord que symbole devint pour lui là chose signifiée. Il adora la figure pour la réalité. Et ne voyons-nous pas encore aujourd’hui dans nos Provinces la plupart des Paysans être aussi jaloux de la dévotion du Patron de leur paroisse, que de celles qu’ils doivent avoir envers Dieu ? Combien d’entre eux, malgré les instructions journalières de leurs Pasteurs, ont plus de vénération et de respect pour la figure de bois ou de pierre de Saint Roch et de son chien, que pour Dieu même ? Ont-ils une maladie ? le cierge sera plutôt porté pour être brûlé devant la figure d’un Saint, que devant le très Saint Sacrement. L’idée de la plupart a-t-elle un autre objet que la figure même du Saint ? J’en appelle au Jugement des personnes sensées qui ont occasion de fréquenter cette espèce de simulacre vivant de l’humanité. Telle est la véritable source des erreurs, des abus et des superstitions introduits chez les Egyptiens ; une erreur entraîne dans un autre erreur, un premier abus en amène un second : c’est ainsi que les Dieux se multiplièrent chez eux à l’infini. Quand on eut commencé à adorer un boeuf, aurait-on trouvé du ridicule à rendre le même culte à un autre animal ? Le commerce des Egyptiens avec les autres Nations, et les colonies qu’ils formèrent, y portèrent les mêmes erreurs. Elles se communiquèrent ainsi d’un pays i un autre, et enfin presque par toute la terre. Il ne faut donc pas recourir à la malédiction de Cham, pour trouver la source de l’aveuglement de ses descendants, puisque ceux de Sem et de Japhet y tombèrent aussi, quoique plus tard. Sans doute s’ils avoient eu la même occasion dans le même temps, ils y auraient donné comme les autres, et selon les apparences, encore plus tôt ; car les Ans et les Sciences ayant commencé à fleurir en Egypte avant même qu’on en eût connaissance dans les autres pays, ses habitants étaient par conséquent beaucoup plus instruits, et doivent être sensés avoir eu l’esprit plus fin et plus éclairé. L’Egypte fut donc le berceau de l’idolâtrie. Hérodote (In Euterpe.) dit que les Egyptiens furent les premiers qui connurent les noms des douze grands Dieux, et c’est d’eux que les Grecs les ont appris. Lucien (De Deâ Syriâ.) dit formellement que les Egyptiens font les premiers qui ont honoré les Dieux, et leur ont rendu un culte solennel. Le même Auteur (Dial. de Astrol.) assure qu’Orphée, fils d’oeagre etde Calliope, introduisit le premier le culte de Bacchus dans la Grèce ; et à Thèbes de Béotie, les fêtes appelées de son nom Orphéennes. Beaucoup d’autres en parlent de la même manière, et tous les savants conviennent que le culte des Dieux a commencé en Egypte ; qu’il s’est répandu de la en Phénicie, ensuite dans la partie orientale de l’Asie, puis dans l’occidentale, et enfin dans les autres pays. On doit cependant dire des Egyptiens à cet égard, ce qu’un savant Anglais a dit de Zoroastre (Thomas Hyde, Religion des anciens Perses.) : c’est-à-dire, qu’ils adoraient un seul Dieu, Créateur du Ciel et de la Terre ; qu’ils avaient une espèce de culte subordonné, et quelques cérémonies purement civiles et allégoriques, à l’égard de leurs Dieux prétendus, il y a au moins beaucoup d’apparence que ce fut l’intention des Instituteurs de ces cérémonies, et des premiers Prêtres qui les observèrent ; et que le Peuple dans la suite s’habitua à adorer comme Dieux, ce qui ne leur avait d’abord été présenté que comme des entres crées et subordonnés au Créateur de toutes choses. CHAPITRE PREMIER. Si s fêtes qu’Orphée introduisit en Grèce en l’honneur de Bacchus, sont connues en général sous les nom de Dionysiaques,,à cause de son nom de Dionysus ou Denys. La principale de ces fêles se célébrait tous les trois Ans, et se nommait en conséquence Triétérie. Les Egyptiens en célébraient aussi une en l’honneur d’Osiris, de trois en trois, ans, et pour la même raison, c’est-à-dire le retour des Indes de l’un et de l’autre. Cette fête était célébrée par des femmes et des filles, comme les autres mystères de Bacchus. Les Vierges portaient des thyrses, et couraient en forcenées par bandes, comme saisies d’enthousiasme, avec des femmes échevelées, et qui faisaient en dansant, des contorsions affreuses. On les nommait Bacchantes, et Ovide (Métam. L 4.) les dépeint à peu près de la façon dont nous venons de parler. Orphée avait institué cette fête sur le modèle que lui présentait celle d’Osiris, Mais pourquoi les Instituteurs de celle-ci constituèrent-ils des femmes et des filles pour la célébrer ? C’est que les Muses avaient accompagné Osiris dans son voyage. Nous avons expliqué ce voyage dans le premier Livre, et l’on a vu dans le troisième ce qu’il faut entendre par les Muses et leurs danses. Voilà la véritable raison des danses des Prêtresses de Bacchus. Si dans la suite il s’y mêla tant d’indécences et d’infamies, que Lycurgue, Diacrondas et plusieurs autres, firent des lois pour en abolir les assemblées nocturnes, il ne faut pas en rejeter la faute sur les Instituteurs, mais sur le penchant que l’homme semble avoir naturellement pour la licence et le libertinage. On disait aussi que Bacchus avait dormi trois ans chez Proserpine, et les Egyptiens nourrissaient Apis dans le temple de Vulcain pendant le même temps ; après quoi on le faisait noyer. Ces fêtes en l’honneur de Bacchus, s’appelaient communément Orgies. Avant que l’usage y eue multiplié les cérémonies, on se contentait d’y porter en procession une cruche de vin, une branche de sarment une corbeille environnée de serpents, appelée corbeille mystérieuse, et ceux qui portaient le Phallus venaient ensuite. La procession était fermée par les Bacchantes, donc les cheveux étaient entrelacés de serpents. On disait que les cruches vides, mises dans le temple de Bacchus pendant la durée de ces fêtes, se trouvaient à la fin remplies de bon vin. Je m’en tiendrai à cette simplicité, sans vouloir encrer dans le détail des autres cérémonies qui y furent ajoutées dans la suite. On peut les voir dans la Mythologie expliquée de l’Abbé Banier, Tom. II. Pag. 272 et suiv. Pour entendre quelle rue l’intention de l’instituteur de ces fêtes, il faut se rappeler qu’Osiris et Bacchus n’étaient qu’une même personne, et tout le monde en convient. Les Orgies tirent donc leur origine de l’Egypte, et doivent leur institution, non à Isis, qui n’est qu’un personnage symbolique de même qu’Osiris, mais à Hermès Trismégiste, ou quelque autre Philosophe Egyptien, qui en attribua l’institution à la prétendue Isis, pour donner plus de poids et d’autorité à sa fiction. Je ne conçois même pas comment l’Abbé Banier (Mytholog. Expliq. T. II. p. 272.) et les autres Mythologues ont pu les attribuer à Isis, puisqu’ils disent que les Egyptiens prenaient la Lune pour Isis, que le Monument d’Arrius Balbinus, rapporté par les Antiquaires, portait cette inscription : Déesse Isis qui est une et toutes choses. Plutarque dit (De Iside.) qu’à Saïs dans le temple de Minerve, qu’il croit être la même qu’Isis, on y lisait : Je suis tout ce qui a été, ce qui est, et ce qui sera, nul d’entre les mortels n’a encore levé mon voile. Ce qui convient parfaitement à ce qu’en dit Apulée (Métam.), qui fait parler ainsi cette Déesse : Je suis la Nature, mère de toutes choses, maîtresse des Eléments, le commencement des siècles, la Souveraine des Dieux, la Reine des Mânes.... Ma divinité uniforme en elle-même, est honorée sous différents noms et par différentes cérémonies : les Phrygiens me nomment Pessinuntienne, mère des Dieux, les Athéniens, Minerve Cécropienne ; ceux de Chypre, Vénus, ceux de Crète, Diane Dyctinne ; les Siciliens, Proserpine ; les Eléulsiens, Isis ancienne Cérès ; d’autres Junon, Bellone, Hécate, Rhamnusie ; enfin les Egyptiens et leurs voisins, Isis, qui est mon véritable nom. Les Mythologues assurent d’ailleurs qu’Isis et Osiris renfermaient sous différents noms presque tous les Dieux du Paganisme ; puisque, selon eux, la Terre, Cérès, Vénus, Diane, Junon, la Lune, Cybèle, Minerve, et toute la Nature en un mot ne sont qu’une même chose avec Isis, d’où elle a été appelée Myrionyme, c’est-à-dire, qui a mille noms. Osiris, Bacchus ou Denys, Apollon, le Soleil, Sérapis, Pluton, Jupiter, Ammon, Pan, Apis, Adonis, ne sont aussi que le même. Comment peut-on convenir de tout cela, et oser en fabriquer une histoire, la donner comme réelle, et vouloir la faire croire celle ? Comment peut-on dire (L’Abbé Banier, Myth. T. I. p. 468 et suiv.) qu’Osiris et Isis ont été réellement Roi et Reine d’Egypte, et qu’Osiris était le même que Menés ou Mesraïm ? Car si Isis n’est autre que la Nature, ce n’est plus une personne réelle, c’est la Nature personnifiée ; ce n’est plus une Reine d’Egypte. Et si Isis n’a pas existé sous la figure humaine, il est évident qu’Osiris, son frère et son époux, n’a existé que comme elle. Typhon, frère d’Osiris, ne sera donc plus le Sebon de Manéthon. Mais Osiris, Isis et Typhon ne seront par conséquent que des personnages empruntés, pour expliquer par une fiction les opérations de la Nature ou d’un Art qui emploie les mêmes principes, et qui imite ses opérations pour parvenir au même but. Nous avons expliqué ce qu’on doit en penser, dans le premier Livre. Revenons donc à nos Orgies. Des femmes en étaient les principales actrices, parce qu’elles avaient accompagné Osiris dans ses voyages ; elles dansaient, sautaient, faisaient des contorsions, pour marquer l’agitation de la partie aqueuse volatile dans le vase, indiquée par les femmes ; parce que le sexe féminin a été dans tous les temps regardé comme ayant un tempérament humide, léger, volage et inconstant. L’homme au contraire est supposé d’un tempérament plus sec, plus chaud, plus fixe, ce qui a donné occasion aux Philosophes de désigner par l’homme la matière fixe du grand oeuvre, et par la femme la matière volatile. Des femmes portaient aussi le Phallus, c’est-à-dire la représentation de la partie du corps d’Osiris qu’Isis ne put réunir aux autres membres, après la dispersion que Typhon en fit. Ce Phallus était le symbole des parties hétérogènes, terrestres, sulfureuses et combustibles, qui ne peuvent se réunir parfaitement avec les parties pures, homogènes et incombustibles, qui doivent se coaguler en un tout, au moyen de l’eau mercurielle, signifiée par Isis. La cruche pleine de vin indiquait le vin Philosophique, ou le mercure parvenu à la couleur rouge, principal agent de l’oeuvre. La branche de sarment signifiait la matière dont ce mercure est tiré. La corbeille mystérieuse était le vase dans lequel se font les opérations du grand oeuvre ; on l’appelait mystérieuse, parce que les Philosophes ont toujours fait et feront toujours un mystère de la matière du grand oeuvre, et de la manière d’y procéder à ses opérations. La corbeille était couverte, pour marquer que le vase doit être scellé hermétiquement, et ce qu’elle contenait était seulement indiqué par les serpents dont elle était environnée : on a vu que les serpents ont toujours été pris pour l’hiéroglyphe de la matière parvenue a la putréfaction. J’accorderai même à l’Abbé Banier l’explication qu’il donne de ces serpents : c’est-à-dire que ces reptiles semblant rajeunir tous les ans, par le changement de leur peau, indiquaient le rajeunissement de Bacchus ; non dans le sens qu’il l’entend, mais dans le sens Hermétique. C’est-à-dire, que le Bacchus Philosophique étant parvenu dans l’oeuvre à la putréfaction, qui semble être un état de vieillesse et de mort, rajeunir et ressuscite, pour ainsi dire, lorsqu’il sort de cet état. Ce qui a fait dire allégoriquement à un Philosophe Hermétique : « Il faut dépouiller le vieil homme, et revêtir l’homme nouveau. » Et d’Espagnet (Can. 50.) dit en parlant de la préparation de la matière : « La partie impure et terrestre se purge par le bain humide de la nature ; et la partie aqueuse hétérogène est mise en fuite par le feu doux et bénin de la génération. Ainsi au moyen de trois ablutions et purgations, le dragon le dépouille de ses anciennes écailles ; il quitte sa vieille peau, et rajeunit en se renouvelant. » Une corbeille semblable à celle dont nous venons de parler, échut en partage à Eurypile après la prise de Troyes. Il y trouva un petit Bacchus d’or ; ce qui prouve évidemment que le mystère de cette corbeille était le Symbole du secret mystérieux de faire de l’or, dont l’histoire de la prise de Troyes n’est qu’une pure allégorie. Avec combien de mauvaise humeur, et avec quel tore accuse-t-on donc les Instituteurs de ces fêtes d’avoir voulu répandre la licence et le libertinage ? Autrefois, et il n’y a pas même longtemps, on faisait des processions nocturnes de dévotion, on fait encore des assemblées dans des Villes et des Bourgs le jour de la fête du, Patron de ces Villes et de ces Villages. Il s’y passait et s’y passe encore mille indécences ; l’ivrognerie y règne, la licence y est comme d’usage : doit-on donc pour cela en blâmer les Instituteurs ? Les assemblées de dévotion, les processions sont de bonnes choses par elles-mêmes. Il s’y glisse des abus, et où ne s’en glisse-t-il pas ? Le coeur corrompu de l’homme en est une source intarissable. Les Vierges qui portaient ces corbeilles d’or, allaient avec des enfants du temple de Bacchus à celui de Pallas ; preuve évidente que l’objet de la célébration de ces fêtes était roue autre que celui du libertinage, puisque Pallas était la Déesse de là sagesse et de la prudence. On indiquait en même temps par cette station, qu’il fallait être prudent, savant et sage, pour parvenir à la perfection de l’oeuvre Philosophique. C’est Pallas qui doit servir de guide à Bacchus dans ses voyages, c’est-à-dire, que l’Artiste doit toujours agir prudemment dans la conduire des opérations. Le voyage commença par l’Ethiopie, et finit à la mer Rouge. La couleur noire n’est-elle pas le commencement et la clef de l’oeuvre ? et la couleur rouge du mercure appelé mer, et celle-là même de la pierre qui est la fin de l’oeuvre ? La fête des Triétéries et les abus qui s’y glissèrent, donnèrent occasion d’en instituer plusieurs autres dans le même goût, mais de différents noms, et en différents endroits. Les Dionysiaques, qui prirent leur nom de Dionysus ou Denys, se célébraient dans toute la Grèce. Elles se divisaient en grandes, en petites, en anciennes et en nouvelles, et chacune avait quelques cérémonies qui lui étaient particulières. Dans les Oschophories, les enfants divisés en bandes portaient une branche de sarment à la main, et allaient, comme dans les Triétéries, du temple de Bacchus à celui de Pallas, en récitant des espèces de Prières ; elles se célébraient tous les ans. Les Athéniens en célébraient une appelée Lenée au commencement du Printemps. Ils transvasaient alors le vin, recevaient les tributs des étrangers, et l’on se donnait des défis à qui boirait le mieux, en chantant à l’honneur de Bacchus, comme auteur de la joie et de la liberté. On célébrait encore dans la même Ville les Phallophories, qui prirent leur nom du Phallus qu’on y portait au bout d’un Thyrse. Les Canéphories ou la fête aux corbeilles, venaient à la fin d’Avril. Les jeunes Athéniennes qui approchaient de la puberté, y portaient des corbeilles d’or, suivant Démaratus (In Dionysiacis.), et pleines des prémices des fruits qu’elles allaient offrir à Bacchus. Les Ambrosiennes étaient fixées au mois de Janvier, temps où l’on faisait transporter le vin de la campagne à la Ville. Les Romains la reçurent chez eux, et lui donnèrent le nom de Brumalia ou Bromialia, de Brumus ou Bromius, surnom de Bacchus. Les Ascolies étaient célébrées aussi à Athènes. On y enflait des outres avec l’air que l’on y soufflait, et après les avoir étendues par terre, on y dansait, tantôt sur un pied, tantôt sur l’autre.. On donnait un prix a celui qui y dansait avec le plus d’adresse. Cet usage passa ensuite chez les Romains. Virgile en fait mention dans le second livre des Géorgiques. On y immolait un bouc à Bacchus, parce que cet animal gâte les vignes, et l’on foulait ainsi aux pieds sa peau, donc les outres sont faites. Les Egyptiens immolaient un cochon dans les fêtes appelées Dorpia, instituées en l’honneur de Denys, suivant ce qu’Hérodote (In Euterpe.) en rapporte en ces termes : « Les Egyptiens tuent un cochon, chacun devant sa porte, et le rendent ensuite au Porcher qui le leur avoir apporté. » Dionysio die solemnitatis Dorpiae, suem ante fores singuli jugulantes, reddunt subulco illi qui attulerat ipsum suem. Ils avaient aussi d’autres fêtes en l’honneur de Bacchus, où l’on n’immolait point de cochon, mais où l’on observait à peu près les mêmes cérémonies que dans celles que célébraient les Grecs, ainsi que le dit le même Auteur,, qui continue ainsi : Aliam solemnitatem sine suibus in honorem Dïonysii agunt AEgyptii, eodem prope ritu, quo Gaeci, at pro Phallis res alias illi excogitarunt, imagines scilicet cubiti magnitudinis, quas circumserunt mulieres per agros cum virile membrum reliquo corpore non multo minus nutet, Praecedit autem tibia, atque illae Dionysium sequuntur cantantes. La plupart des Orgies se célébraient la nuit, c’est pourquoi on y portait des torches allumées. Ceux qui les portaient se nommaient Daduches, et leur fonction était des plus honorables. Celle de porter la corbeille mystérieuse ne l’était pas moins. Les Anciens, donc l’Abbé Banier imite le silence sur ce qu’elle renfermait, se sont retranchés sur le respect religieux qui les empêchait de l’expliquer. Pourquoi ce mystère, si ces fêtes dont ces corbeilles d’or étaient le principal ornement, n’avaient pas été instituées pour indiquer quelque secret qu’on ne voulait pas divulguer ? Et quel pouvait être ce secret, sinon celui qui avoir été confié aux Prêtres d’Egypte, d’où ces fêtes avaient tiré leur origine ? Ces fêtes avaient premièrement été instituées en Egypte en l’honneur d’Osiris, le même que Denys, qui se trouve le principal dans la généalogie dorée, et cette institution tendait uniquement à conserver à la postérité la mémoire du secret de la médecine dorée, que Dieu leur avait accordé. Le vin que l’on y portait pour symbole du vin Philosophique, fit que le peuple regarda Denys comme l’inventeur de la manière de faire le vin commun. Cette interprétation fausse fut reçue partout, et de là vinrent tant de fêtes instituées en l’honneur de Bacchus, où l’on remarque cependant quelques usages pris des Triétéries imitées de celle des Egyptiens. Nous avons même encore dans le monde chrétien un exemple de ces abus. Les réjouissances de la Saint Martin, de l’Epiphanie, du Carnaval. Quelques Auteurs les ont regardées comme des restes du Paganisme : mais est-il bien vrai qu’elles ont été instituées dans la même vue que les Saturnales ou les Dionysiaques ? Il faut en dire autant des fêtes des Egyptiens, instituées postérieurement à celles dont nous venons de parler. Ils ignoraient pour la plupart l’intention qu’avaient eu les premiers Instituteurs ; ils prirent le signe pour la chose signifiée, et cette erreur les entraîna jusqu’à mettre dans la classe des Dieux les choses mêmes les plus inutiles ; ce qui a fait dire d’eux par un ancien Poète : O sanctas gentes, quibus haec nascuntur in hortis nuimina. Juvenal. On pourrait en dire à peu près autant des Grecs et des Romains, car les uns et les autres ajoutèrent encore d’autres Dieux à ceux qu’ils avaient reçus d’Egypte, suivant ces termes de Lucain : Nas in templa tuam Romana accepim’us Isim, Semideosque Canes et sistrav jubentia luctus, Et quem tu plangens hominem testaris Osirim. De Aegypto. Les Romains y ajourèrent jusqu’aux maladies mêmes, comme le leur reproche Lactance (Instit. 1. I.) ; Romani pro Diis habuerunt sua mala, scilicet rubiginem, pallorem et febrem. La fête de la Rouille se célébrait suivant Ovide (In Fastis.) le 6 des Calendes de Mai. Ils invoquaient la rouille afin qu’elle ne se mît pas aux instrumens ruraux, et qu’elle ne gâtât pas les moissons. Ils adoraient la fièvre, afin de n’en pas être tourmentés. Ainsi les uns étaient adorés pour le bien qu’ils faisaient, les autres pour le mal qu’ils pouvaient faire. Romulus, qu’ils appelaient Quirinus, la Fièvre, la Rouille et la Pâleur furent des Dieux propres aux Romains, et de leur invention : mais ils empruntèrent des Egyptiens et des Grecs, Jupiter, Saturne, Apollon, Mercure et les autres grands Dieux. L’occasion qui fit établir le culte d’Esculape à Rome, mérite d’être rapportée. Les Romains affligés de la peste, consultèrent les livres des Sybilles, pour être délivrés de ce fléau. Ils y apprirent qu’il fallait aller en Epidaure chercher Esculape, et l’apporter à Rome, ainsi que le racontent Tire-Live (Liv. 10. et 11.), Orosius (Liv. 3.), Valère Maxime (Liv. I.). Des Députés furent donc envoyés à Epidaure : quand ils y furent arrivés, on les conduisit dans le temple d’Esculape, distant de cinq milles d’Epidaure. Alors un serpent parut dans les rues de la Ville, allant et venant fort doucement pendant trois jours consécutifs, au bout desquels il se rendit au vaisseau des Romains, et s’y logea de lui même dans la chambre d’un des Ambassadeurs. Les Prêtres du temple assurèrent les Romains qu’Esculape se montrait aux Epidauréens sous cette forme, quoique très rarement ; que quand il se manifestait, c’était toujours un heureux présage pour eux, et qu’il en ferait de même à leur égard. Les Romains très satisfaits reprirent la route de Rome, et lorsque le vaisseau aborda à Ancius, le serpent qui jusque là était resté dans le vaisseau fort tranquille, descendit à terre, et fut se réfugier dans un temple d’Esculape qui n’en était pas éloigné. Il y resta trois jours, et retourna ensuite au vaisseau, qui ayant mis à la voile, aborda dans l’île du Tibre ; le serpent descendit et se cacha sous des roseaux. Dès ce moment la peste cessa. Les Romains pensèrent qu’Esculape avait choisi ce lieu pour sa demeure, et y bâtirent un temple en son honneur. Ovide (Métam. l.15.) raconte aussi la même chose. Saint Augustin (De Civ. Dei. l. 3. c. 12.) badine sur cette arrivée d’Esculape à Rome. « ESculape, dit il, fut d’Epidaute à Rome pour exercer en savant Médecin son art dans une Ville aussi noble et aussi fameuse que celle-là. La Mère des Dieux, née je ne sais de qui, s’arrêta alors sur te Mont Préneste, regardant comme indigné d’elle d’être logée dans un quartier ignoble, pendant que son fils l’était sur la colline du Capitole. Mais si elle est en effet la mère des Dieux, pourquoi quelques-uns de ses enfants l’ont-ils devancée à Rome ? Je serais fort surpris qu’elle fût mère de Cynocéphale, qui n’est venu d’Egypte que longtemps après elle. La Déesse la fièvre serait-elle aussi Sa fille? J’en demande à Esculape, son petit fils. » Nous avons expliqué assez au long ce qu’on doit entendre par Esculape, et pourquoi le serpent lui était consacré. La septième des figures hiéroglyphiques d’Abraham Juif rapportées par Flamel, représente un désert dans lequel sont plusieurs serpents qui y rampent, et trois sources d’eau qui y coulent, parce que le serpent est le symbole de la matière dont on compose Esculape ou la Médecine dorée : c’est pourquoi on a feint que Panacée, Jaso et Hygiéa furent ses filles ; car on n’appellerait pas la guérison et la santé les filles d’un Médecin, mais avec plus de raison les filles de la Médecine ; puisque le Médecin ne donne pas la santé, mais il ordonne les remèdes qui la procurent. Tous ces Dieux qui ont été imaginés chez les Grecs et les Romains, n’étaient pas de la première origine de ceux des Egyptiens : il n’est donc pas surprenant que leur généalogie et leur culte n’aient pas un rapport exact avec les plus anciens. Les abus qui se glissèrent dans les fêtes de ceux-ci, ne sont par conséquent point partie de mon objet. Qu’on crie donc tant qu’on voudra contre ces infamies, que le Sénat de Rome fût enfin obligé de punir ; qu’on les représente avec les couleurs les p’us capables d’en donner de l’horreur, c’est le fait d’un Mythologue honnête homme. Je l’approuve, et je crois cependant qu’il vaudrait mieux les ensevelir dans un oubli éternel, que de les rapporter dans le dessein même d’en éloigner le Lecteur. Il y a toute apparence que la célébration des fêtes des Orgies n’eut d abord, et même pendant longtemps, rien d’indécent et de condamnable, puisqu’elles ont subsisté des siècles entiers avant la suppression que l’on en fit à Rome sous le Consulat de Spurius Posthumus Albinus, et Quintus Marcus Philippus, suivant Valère Maxime (Lib. 6. c. 3.) ; d’où l’on doit conclure que le Peuple ignorait le vrai but que s’étaient proposés leurs Instituteurs. Orphée, qui le premier les transporta des Egyptiens chez les Grecs, fut tué, disent quelques-uns d’un coup de foudre, parce qu’il avait, pour ainsi dire, divulgué par-la le secret que les Initiés d’Egypte lui avaient confié. Si le fait était vrai, il serait plus à croire que Dieu l’aurait puni pour avoir introduit l’idolâtrie.
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