Livre du langage analogique d’Hermès : Les Fables Égyptiennes et Grecques par Dom Antoine-Joseph Pernety
les dieux de l'Olympe
Chute des géants Giulio Romano
Livre d’Alchimie et d’ésotérisme les fables Égyptiennes et Grecques par Dom Antoine-Joseph Pernety. Chapitre XII : Apollon et Esculape. IL est temps que te laid et boiteux Vulcain fasse place au brillant Apollon et à la belle Diane. Hérodote dit (Liv. 2. c. 56.) que les Egyptiens prétendaient que ces deux Divinités étaient enfants d’Osiris et d’Isis, et que Latone ne fut que leur nourrice. Celle-ci croit comptée parmi les huit grands Dieux de l’Egypte. Cérès, dit-on, lui confia son fils Apollon, pour en avoir soin, et le soustraire aux poursuites de Typhon, qui cherchait à le faire périr. Latone le cacha dans une île flottante, qu’elle fixa pour cet effet. Mais les Grecs disaient qu’Apollon et Diane étaient fils de Jupiter et de Latone. En vain Cicéron et bien des Mythologues comptent-ils quatre Apollons (De Nat. Deot. 1. 3.) ; le plus ancien, né de Vulcain ; le second, fils de Corybante, et natif de Crète ; le troisième, né dé Jupiter et de Latone, qui passa du pays des Hyperboréens à Delphes ; le quatrième était d’Arcadie, et fut appelé Nomion. Si ces Mythologues avaient examiné sérieusement tout ce que les Anciens on dit d’Apollon, ils auraient vu avec Vossius (De Orig. et progr. Idol.), que ce Dieu n’est qu’un personnage métaphorique, sans cependant dire avec lui, qu’il n’y eue jamais d’autre Apollon que le Soleil qui, nous éclaire. Ils auraient reconnu que le véritable Apollon venait d’Egypte, et que les Grecs n’ont imaginé les leurs que sur celui-là. N’est-il pas évident en effet que ce qu’ils disent de leur île de Délos, où naquit Apollon, est tiré de ce que les Egyptiens, au rapport d’Hérodote (Loc, cit.) publiaient de celle de Chemmis où Latone avoir caché Orus ? Les Grecs disaient que l’île de Délos était flottante avant sa naissante d’Apollon et de Diane. Les Egyptiens disaient la même chose de celle de Chemmis. Hérodote à qui on faisait ce conte, le regarde comme une fable, parce qu’avec toute l’attention qu’il pue regarder cette Ile, il ne la vit jamais flotter. Les Grecs ajoutaient que Neptune d’un coup de trident avait fait sortir l’île de Délos du fond de la Mer, et l’avait fixée pour assurer à Latone, persécutée par Junon, un lieu où elle pût faire ses couches. N’est-ce pas une imitation fidèle de ce que les Egyptiens publiaient des persécutions de Typhon contre Isis, qui, pour dérober son fils à la cruauté de son beau-frère, en confia l’éducation à Latone qui le cacha dans l’île de Chemmis ? Il est donc inutile d’admettre plusieurs Apollons, puisqu’il n’y en a point d’autres que celui d’Egypte, qui, de quelque façon qu’on explique son histoire, ne saurait être un personnage réel, encore moins le Soleil qui nous éclaire. N’ayant donc jamais existé, c’est à peu près la même chose qu’il soit fils de Jupiter ou de Denys, d’Isis ou de Latone. Il est même fort peu important qu’on fasse dans Latone la différente de mère et de nourrice Mais comme nous avons expliqué Orus on l’Apollon d’Egypte dans le premier Livre, il faut expliquer ici celui des Grecs, et nous suivrons Hésiode, qui dit : At Phoebum peperit, peperit Latona Dianam, Caelicolum Régi magno conjuncta tonanti. Theog. Il faut cependant avouer que les Anciens ne nous ont rien laine de certain et de déterminé sur Apollon ou le Soleil, et sur Diane ou la Lune. Les ont-ils pris pour une même chose ? ou entendaient-ils le même par le Soleil et Apollon ? Les onc-ils pris pour les deux grands luminaires, ou pour des Héros de la Terre ? Ils en parlent indifféremment, et nous n’avons rien de décidé là-dessus. Cicéron parle de cinq Soleils ; l’un né de Jupiter, petit-fils d’Ether ; l’autre, fils d’Hypérion, le troisième, petit-fils du Nil et fils de Vulcain, en l’honneur duquel fut bâtie la Ville d’Héliopolis ; le quatrième, qui naquît à Rhodes et fut fils d’Achante du temps des Héros ; la cinquième enfin, qui dans la Colchide fut père d’Aéces et de Circé. Peut-on s’aveugler jusqu’au point de ne pas voir que ce sont de pures fictions de Poètes, qui ont donné le même nom à la même chose ; mais qui ont varié suivant les circonstances des lieux, des personnes et des actions qu’ils introduisaient sur la scène ? N’est-il pas viable que le Soleil, fils de Vulcain, est le même qu’Orus, quoique leurs noms soient différents ? Si ces Soleils étaient des Dieux, pourquoi leur attribuer des actions qui ne conviennent qu’aux hommes ? Et s’ils ne furent que des hommes, pouvait-on dire d’eux raisonnablement ce qu’on ne peut dire que du Soleil ? car souvent on a parlé du Soleil, de Phébus et d’Apollon, comme d’une même personne. Un peu de réflexion là-dessus aurait aisément fait du moins entrevoir que les quatre Apollons et les cinq Soleils de Cicéron, ne sont qu’un même personnage métaphorique et fabuleux, nés d’autres personnages feints sous les noms de Vulcain, Osiris et ISis, Jupiter et Latone, etc. Lorsqu’on a parlé du Soleil comme Soleil, les Anciens l’onc appelé l’oeil du monde, le coeur du Ciel, le Roi des Planètes, la lampe de la Terre, le flambeau du jour, la source de la vie, le père de la lumière : mais quand il s’est agi d’Apollon, c’était un Dieu qui excellait dans les beaux Arts, tels que la Poésie, la Musique, l’éloquente, et surtout la Médecine ; on publia même qu’il les avait inventés. C’eût été un crime punissable parmi les Païens de ne pas regarder le Soleil et la Lune comme des Dieux. Anaxagoras fort au-dessus du risque de sa vie, fut le premier qui tenta de désabuser de cette erreur par une autre, en disant que le Soleil n’était qu’une pierre enflammée, il démontra que les éclipses arrivaient très naturellement, et qu’elles n’étaient pas des maladies survenues à ces Dieux, comme le pensaient le commun du Peuple, qui s’imaginait y remédier par le bruit qu’il faisait en battant sur des vases de cuivre, comme nous l’apprend Ovide ; Cum frustra resonant aera auxiliaria Lunae. Métam. 1. 4. Quelques-uns, pour excuser l’erreur d’Anaxagoras, prétendent qu’il ne parlait ainsi que pour se moquer de la superstition du Peuple, qui devait bien voir que le Soleil ne pouvait être une pierre enflammée, et que ce Philosophe parlait en même temps par allégorie, pour être entendu des seuls Philosophes Hermétiques. Il voulait, disent-ils, désigner par cette pierre enflammée, la pierre rouge ardente ou le Soleil philosophique, donc d’Espagnet parle en ces termes (Can. 123.) : « Afin que nous n’omettions rien, que les studieux amateurs de la Philosophie sachent que de ce premier soufre on en engendre un second, qui peut se multiplier à l’infini. Que le Sage qui a eu le bonheur de trouver la mine éternelle de ce feu céleste, la garde et la conserve avec tout le soin possible. » Le même Auteur avoir dit dans le Canon 80 : « Le feu inné de notre pierre, est l’Archée de la Nature, le fils et le Vicaire du Soleil ; il meut, digère et parfait tout, pourvu qu’il soit mis, en liberté. » Presque tous les Disciples d’Hermès donnent à leur pierre ignée le nom de Soleil ; et lorsque dans la dissolution du second oeuvre, la matière devient noire, ils l’appellent soleil ténébreux ou éclipse de soleil. Raymond Lulle en parle très souvent dans ses Ouvrages (Experimentum 13.). Je n’en rapporterai qu’un texte pour exemple, « Faites putréfier le corps du Soleil pendant treize jours, au bout desquels la dissolution deviendra noire comme de l’encre : mais son intérieur sera rouge comme un rubis, ou comme une pierre d’escarboucle. Prenez donc ce Soleil ténébreux, et obscurci par les embrassements de sa soeur ou de sa mère, et mettez-le dans une cucurbite avec son chapiteau, les jointures bien lutées, etc. » On a souvent confondu Apollon avec le Soleil, et Diane avec la Lune ; cependant dans l’antienne Mythologie ils étaient distingués ; c’est qu’alors on savait faire la différente du Soleil céleste et du Soleil philosophique. Ceux qui n’étaient pas au fait de l’objet de cerce antienne Mythologie, ont été la cause de toutes les variations qu’on trouve à cet égard, dans las Auteurs. Il est cependant bon d’observer que l’Apollon et le Soleil philosophique n’étant qu’une même chose, les opinions différentes des Auteurs peuvent se concilier, lorsqu’on fera la distinction du Soleil céleste et de l’Apollon de la Mythologie. C’est ce qui fait qu’Homère les distingue réellement en plus d’un endroit de ses deux Poèmes. Mais tel que puisse être cet Apollon, la Fable nous le représente comme père de plusieurs enfants qu’il eut de différentes femmes. Calliope lui donna Orphée, Hyménée et Jaleme (Asclepiad. in 6° Tragic.). Il eut Delphes d’Acachallide, Coronus de Chrysorre, Lin de Terpsichore, ESculape de Coronis, et une quantité d’autres, dont l’énumération serait trop longue. On dit qu’Apollon vint des Hyperborées à Delphes, que les Poètes appelèrent le nombril de la Terre, parce qu’ils feignirent que Jupiter voulant un jour en trouver le milieu, fit partir en même temps une aigle vers l’Orient, une autre vers l’Occident, qui volant avec la même vitesse, se rencontrèrent à Delphes ; que pour cette raison, et en mémoire de ce fait, on lui consacra un aigle d’or. Il est aisé de voir que cette histoire est non seulement fabuleuse, mais qu’elle n’est d’aucune utilité, si l’on ne la prend pas allégoriquement. C’est dans ce sens que les Philosophes Hermétiques se sont exprimés, lorsqu’ils ont dit avec l’Auteur du conseil tiré des Epîtres d’Aristote : « Il y a deux principales pierres de l’Art, l’une blanche, l’autre rouge, d’une nature admirable. La blanche commence à paraître sur la surface des eaux au coucher du Soleil, et se cache jusqu’au milieu de la nuit, descend ensuite jusqu’au fond. La rouge fait le contraire : elle commente à monter vers la surface au lever du Soleil jusqu’à midi, et se précipice ensuite au fond. » Platon dit dans la Tourbe: « Celui-ci vivifie celui-là, et celui-ci tue celui-là, et ces deux étant réunis persiflent dans leur réunion. Il en apparaît une rougeur orientale, une rougeur de sang. Notre homme est vieux, et notre dragon jeune, qui mange sa queue avec sa tête, et la tête et la queue sont âme et esprit. L’âme et l’esprit sont créés de lui ; l’un vient d’orient, savoir l’enfant, et le vieux vient d’Occident. Un oiseau méridional et léger arrache le coeur d’un grand animal d’Orient, dit Basile Valentin (Avant-propos des 12, Clefs.). L’ayant arraché, il le dévore. Il donne aussi des ailes à l’animal d’Orient, afin qu’ils soient semblables ; car il faut qu’on ôte à la bête orientale sa peau de lion, et que derechef ses ailes disparaissent, et qu’ils entrent dans la grande mer salée, et en ressortent une seconde fois, ayant une pareille beauté. » Michel Maïer a fait le 46e de ses Emblèmes Chimiques, de ces deux aigles envoyées par Jupiter, et a mis ces vers au bas : Jupiter Delphis Aquilas misisse gemellas, Fertur ad coas occiduasque plagas : Dam médium explorare locum desiderat orbis ; ( Fama ut habet) Delphos hae rediere simul, Ast illae lapides bini sunt, unus ab ortu, Alter ab occasu, qui bene çonveniunt. Ces deux aigles doivent donc s’interpréter des pierres blanches et rouges des Philosophes Hermétiques, c’est-à-dire de la matière parvenue à la couleur blanche, que les Disciples d’Hermès appellent or blanc volatil, et de la matière au rouge, appelée or vif. Jupiter envoya ces aigles, puisque la couleur grise paraît avant la blanche et la rouge. Et si l’on dit que l’une fut du côté de l’Orient, et que l’autre prit son vol vers l’Occident, c’est que la couleur blanche est en effet l’orient ou la naissance du Soleil Hermétique, et la rouge son occident. Cette similitude a été prise aussi de ce que le Soleil en se levant répand une lumière blanchâtre sur la Terre, et une rougeâtre quand il se couche. Les deux aigles au bout de leur course, se rencontrèrent à Delphes, qui selon Macrobe, a pris son nom du mot grec Delphos solus, parce que le Magistère étant fini, la couleur, blanche et la rouge ne font plus qu’une même couleur de pourpre, qui fait le Soleil philosophique. Il est bon de remarquer aussi que la Ville de Delphes était consacrée au Soleil, et sans doute allégoriquement, pour faire allusion à celui des Disciples d’Hermès. Les Sages de la Grèce consacrèrent un trépied d’or à Apollon. Le genièvre et le laurier étaient ses arbres favoris, et tous ses ajustements, jusqu’à ses souliers mêmes, étaient d’or. Le griffon et le corbeau lui appartenaient. On lui immolait des boeufs et des agneaux. On le regardait comme l’inventeur de la Musique, de la Médecine et de l’art de tirer des flèches. Il était toujours représenté jeune, avec des cheveux longs. Les Anciens lui mettaient les Grâces à la main droite, un arc et des flèches à la gauche. Il fut surnommé Pythien, de ce qu’il avait tué à coups de flèches le Serpent Python, qui prie son nom de , putrefacio, parce qu’on feignait que ce serpent était né de la boue et du limon, et qu’ayant été tué par Apollon, la chaleur du Soleil le fit corrompre et tomber en pourriture. La raison en est qu’Apollon est un Dieu d’or, chaud, igné, et donc le feu a la propriété de faire tomber le corps en putréfaction. Pouvait-on mieux choisir pour le Dieu de la Médecine, que la médecine même, qui guérit toutes les maladies du corps humain ? Nous avons vu ta même chose d’Orus dans le premier Livre, et l’on sait qu’Apollon et Orus n’étaient qu’une même chose, suivant le témoignage même des Anciens. Les Grâces qu’il portait à la main, étaient un signe hiéroglyphique des biens gracieux, la santé et les richesses qu’il procure. L’arc et les flèches indiquaient la guérison des maladies représentées anciennement sous l’emblème des monstres et des dragons. Le boeuf qu’on immolait à Apollon, convenait aussi à Orus, comme symbole de la matière donc les Philosophes composent leur médecine Solaire. Le trépied d’or marquait les trois principes, soufre, sel et mercure, qui par les opérations se réduisent en une seule chose, appuyée sur ces trois principes comme sur trois pieds. Apollon par la même raison faisait son séjour sur le Mont Parnasse, composé de trois montagnes, ou d’une montagne à trois têtes, que les Poètes avaient coutume d’appeler seulement le double Mont, parce qu’ils nu faisaient allusion qu’au Mont Hélicon et au Mont Parnasse. .I. Le Poètee Orphée, fils d’Apollon, père de la Poésie, a fait des choses incroyables. Il mettait les rochers en mouvement ; il faisait venir à lui les animaux les plus féroces, et les apprivoisait. Il arrêtait le cours des fleuves, les oiseaux au milieu de leur vol. Il conduisait les Vaisseaux, et tout cela au son de sa lyre. Si l’on prend Orphée comme Poète seulement, il a fait toutes ces choses dans le sens qu’il conduisit la navire Argo, c’est-à-dire, qu’ayant été l’inventeur et le narrateur de ces fictions, il les a racontées et feint de la manière qu’il lui a plu. Tous les Poètes en font de telles dans ce sens-là. Mais si on regarde Orphée comme fils d’Apollon, ce n’est plus le même Orphée. Ce sont les effets du Soleil même, qui de la même cause, son feu et sa chaleur, produit des effets contraires en durcissant une chose et ramollissant l’autre, comme dit Virgile : Limus ut hic durescit, et haec ut cera liquefeit. Eglog. 8. C’est ce qui arrive dans les opérations du Magistère Hermétique ; la matière sèche se tourne en eau, et d’eau elle devient terre. Le son de la lyre d’Orphée n’est autre chose que l’harmonie de sa Poésie. Nos Poètes disent encore aujourd’hui qu’ils empruntent la lyre d’Apollon, et leurs Ouvrages ne sont par conséquent que le son ou l’effet de cette lyre. Orphée passe aussi pour avoir le premier transporté la Religion des Egyptiens chez les Grecs ; et Pausanias dit (In Boeticis.) qu’il inventa beaucoup de choses utiles au commerce de la vie. Ce Poète avoue lui-même qu’il paria le premier des Dieux, de l’expiation des crimes, et de plusieurs remèdes pour les maladies (In Argonaut.). La Médecine dont il parle, est certainement la Médecine Solaire ; car tous les livres de Physique qui nous restent sous son nom, tendent à ce but. Il en fait une espèce d’énumération au commencement de celui que je viens de citer ; tels sont ses Traités de la génération des éléments, de la force de l’amour, et de la sympathie entre les choses naturelles, des petites pierres, et plusieurs autres sur différents sujets voilés sous de métaphores et des allégories. On trouve même une espèce de sommaire de toutes ses idées à cet égard dans celui des petites pierres, lorsqu’il décrit l’antre de Mercure, comme la source et le centre de tous les biens. Il donne aussi à entendre qu’il était instruit de beaucoup de secrets de la Nature. Quelques Anciens ont pensé en conséquence qu’Orphée était non seulement très versé dans la science des Augures et de la Magie, mais qu’il était même un Magicien d’Egypte. Mais n’en a-t-on pas dit autant du Philosophe Démocrite, qui avait puisé sa science chez les Egyptiens ? Ce dernier entendait, dit-on, le langage des oiseaux, comme Apollonius de Thyane, et nous a laissé dans ses écrits, que le sang de plusieurs oiseaux qu’il nomme, mêlé et travaillé, produisait un serpent ; que celui qui aurait mangé ce serpent, entendrait aussi le langage des autres volatiles. La plupart des Anciens étaient fort crédules; ils prenaient tout a la lettre, et ne s’avisaient pas même de douter des choses les plus absurdes. Cicéron lui-même à donné, ce semble, dans ce travers ; mais il n’avait cependant pas de Démocrite une si haute idée que bien d’autres, lorsqu’il dit (In lib. Philosop.) de ce Philosophe, que personne n’avait menti avec plus de hardiesse : Nullum virum majori authoritate, majora mendacia protulit . Hippocrate en pensait bien autrement : il admira sa sagesse, et disait que ses paroles étaient dorées. Platon se plaisait aussi beaucoup dans la lecture des ouvrages de Démocrite. Ces grands hommes entendaient sans doute les allégories de ce Philosophe, et Cicéron ne les soupçonnait même pas. Ces prétendus oiseaux, dont Démocrite entendait le langage, n’étaient autres que les parties volatiles de l’oeuvre philosophique, que les Disciples d’Hermès désignent presque toujours par les noms d’aigle, de vautour ou d’autres oiseaux. Et par le serpent qui naît du sang mêlé de ces volatiles, il faut entendre le dragon ou serpent philosophique, dont nous, avons parlé si souvent. Si quelqu’un mange de ce serpent, il entendra indubitablement le langage des autres oiseaux ; car celui qui a eu le bonheur de parfaire le Magistère des Sages, et d’en faire usage, n’ignore pas ce qui se passe pendant la volatilisation, et par conséquent les différents combats qui se donnent dans le vase, lorsque les parties de la matière y circulent. Il suit pas à pas tous leurs mouvements, et connaît les progrès de l’oeuvre par les changements qui surviennent. C’est ce qui a fait dire à Raymond Lulle, que la bonne odeur du Magistère attire au sommet de la maison où l’on fait l’oeuvre, tous les oiseaux des environs. Il indiquait par cette allégorie la sublimation philosophique, parce qu’alors les parties volatiles, désignées par les oiseaux, montent au haut du vase, et semblent s’y rendre de tous les environs. Les Traités Hermétiques sont pleins de semblables allégories. Orphée nous raconte aussi sa prétendue descente aux Enfers, où il visita le sombre séjour de Pluton, pour y chercher Eurydice son épouse, qu’il aimait éperdument. Eurydice fuyant les poursuites amoureuses d’Aristée, fils d’Apollon, un serpent la mordit au talon. La blessure devint morcelle, et cette aimable épouse perdit la vie aussitôt. Orphée au désespoir de sa perte, prit sa lyre, et descendit dans l’empire des morts pour en ramener Eurydice. Pluton se laissa fléchir, et Orphée l’aurait vue une seconde fois dans le séjour des vivants, si sa curiosité amoureuse n’avait précipité ses regards, et ne la lui avait fait envisager avant le terme marqué : Cetera narravi, quae vidi, ut Taenara adivit Umbrosas Ditisque domos et tristitia regna Confisus Cythard, uxorisque coactus amorre Orph. Argonaut. Virgile fait mention de ce voyage d’Orphée au quatrième de ses Géorgiques, et Ovide dans le dixième de ses Métamorphoses. Cicéron dit qu’il avait lu dans un livre (Gnomologia Homeri, per Duportum, imprimée à Cambridge.) d’Aristote ( que nous n’avons plus ), qu’Orphée n’a non plus existé que sa Muse. Que le Lecteur se rappelle ce que j’ai dit de la lyre d’Orphée i et qu’il Se Souvienne que ce Poète était fils d’Apollon, de même qu’Aristée. Comme Poète, Orphée est l’Artiste qui raconte allégoriquement ce qui se passe dans les opérations du Magistère. Dans cette circonstance de la mort d’Eurydice, il a fallu supposer un Aristée fils d’Apollon, et amoureux de la femme d’Orphée, parce que le fils de tout autre n’y ferait point convenu. Aristée ou l’excellent, le très-fort, est épris des charmes d’Eurydice ; elle fuit, il court après elle jusqu’à ce qu’un serpent la morde au talon, et qu’elle meure de la blessure. Cet Amant est le symbole de l’or philosophique, fils d’Apollon ; son père est le Soleil, et la Lune sa mère, dit Hermès (Tab. Smaragd.). Eurydice représente l’eau mercurielle volatile. Les Philosophes appellent l’un le mâle, et l’autre la femelle. Synésius nous assure que celui qui connaît celle qui fuit, et celui qui la poursuit, connaît les agents de l’oeuvre. Eurydice est donc la même chose que la fontaine du Trévisan. « Seigneur, dit ce Philosophe (Philosoph. Des Métaux.), il est vrai que cette fontaine est de terrible vertu, plus que nulle autre qui soit au monde, et est tant seulement pour le très magnanime Roi du pays, quelle connaît bien, et lui elle, car jamais ce Roi ne passe ici qu’elle ne l’attire à soi. » Et quelques lignes après, il ajoute ; « alors je lui demandai s’il était ami d’elle, et elle de lui. Et il me répondit : la fontaine l’attire à elle, et non pas lui à elle. » Ne sont-ce pas-là les attraits et les charmes d’Eurydice, et les poursuites d’Aristée ? La partie volatile volatilise le fixe jusqu’à ce que le dragon philosophique l’arrête dans sa course ; alors Eurydice meurt, c’est-à-dire, que la putréfaction survient, ou la couleur noire, qui est le triste séjour de Pluton. L’eau volatile attire donc le fixe en le volatilisant. Le Roi du pays du Trévisan est l’or y le fils du Soleil ; ce qui fait voir que le fils de tout autre n’y eût point convenu. Orphée l’appelle aussi sa femme, parce qu’il était lui-même fils d’Apollon, et que, comme dit le Cosmopolite (Parab.), cette eau tiens lieu de femme à ce fruit de l’arbre solaire. Elle est elle-même fille du Soleil, puisqu’elle est tirée de ses rayons. Suivant le même Auteur, qui ajoute que de là viennent leur grand amour, leur concorde, et leur envie de se réunir. Orphée voyage dans le séjour de Pluton, et raconte ce qu’il y a vu. Il en eût ramené Eurydice, s’il ne se fût mal avisé de regarder trop tôt. C’est ici le vrai portrait des Artistes impatiens, qui s’ennuient de la longueur de l’oeuvre. Ils aiment la pierre éperdument ; ils aspirent sans cesse après l’heureux moment où ils la verront dans le séjour des vivants, c’est-à-dire sortie de la putréfaction, et revêtue de l’habit blanc, indice de la joie et de la résurrection. Mais cet amour outré ne leur permet pas d’attendre le terme prescrit par la Nature. Ils veulent la forcer à précipiter ses opérations, et ils gâtent tout, Morien dit que toute précipitation vient du démon ; les autres Philosophes recommandent la patiente. Mais en vain donne-t-on des conseils à gens qui ne peuvent se résoudre à les suivre : l’amour n’écoute guère la raison. « Il faut agir, avec modération, dit Basile Valentin (10. Clefs.), et prendre garde à la même chose en notre élixir, auquel on ne doit faire tort d’aucun jour dédié et fixé pour sa génération, de peur que notre fruit étant cueilli trop tôt, les pommes des Hespérides ne puissent venir à une maturité extrêmement parfaite.... C’est pourquoi le diligent opérateur des effets merveilleux de l’art et de la Nature, doit prendre garde à ne pas se laisser emporter par une curiosité dommageable, de peur qu’il ne recueille rien, et que la pomme ne lui tombe des mains. » La mort d’Orphée mis en morceaux par des femmes ; ses membres épars, ramassés et ensevelis par les MuSes, doivent rappeler au Lecteur l’allégorie de la mort a’Osiris, avec toutes ses circonstances, et les explications que j’en ai données. II. Esculape. Les Grecs ont encore emprunté ce Dieu de l’Egypte et de la Phénicie ; car c’est dans ces Pays où il faut chercher le véritable Esculape. Il y était honoré comme un Dieu, avant que son culte fût connu dans la Grèce. Marsham a cru voir dans les anciens Auteurs un Esculape Roi de Memphis, fils de Menés, frère de Mercure premier, plus de 1000 ans avant l’Esculape Grec. Eusèbe parle aussi d’un Asclepius ou Esculape (Chron. Dyn. 3. des Rois de Memphis.), qu’il surnomme Tosorthrus, Egyptien et Médecin célèbre, à qui d’autres Anciens font honneur de l’invention de l’Architecture, et d’avoir beaucoup contribué à répandre en Egypte l’usage des lettres que Mercure avait inventées. Mais quoi qu’il en soit de ces divers Esculapes, je m’en tiens à l’opinion la plus généralement reçue dans la Grèce, qui le disait fils d’Apollon et de la Nymphe Coronis (Homer Hymn. 15.), fille de Phlegyas. L’autre tradition qui lui donne Arsinoé pour mère, n’est pas vraisemblable au sentiment même de Pausanias, qui dit (In Arcad.) que Trigone fut sa nourrice. Lucien assure avec plusieurs autres, (Ovid. Métam, lib. 2.) qu’Esculape ne naquit pas de Coronis, mais de l’oeuf d’une corneille ; ce qui néanmoins revient au même. Cette Nymphe enceinte de ce Dieu de la Médecine, fut tuée d’une flèche décochée par Diane. Elle fut ensuite mise sur un bûcher, et Mercure fut chargé de tirer Esculape du sein de cette infortunée. Quelques-uns disent que Phoebus en fit lui-même l’opération (Diod. 1. 4 et autres Mythol.). Esculape fut ensuite mis entre les mains de Chiron ; il profita des leçons de Médecine que lui donna ce Maître célèbre, et acquit de si grandes connaissances dans cette école, qu’il ressuscita Hippolyte dévoré par ses propres chevaux. Pluton outré de ce qu’Esculape, non content de guérir les malades, ressuscitait même les morts, en porta ses plaintes à Jupiter (Ovid. Métam. 1. 15.), disant que son Empire en était considérablement diminué, et qu’il courait risque de le voir désert. Jupiter irrité foudroya Esculape (Virgil. Eneid. l. 7.). Apollon indigné de la mort de son fils, en pleura, et pour s’en venger, il tua les Cyclopes qui avaient forgé la foudre donc Jupiter s’était servi. Jupiter, pour l’en punir, le chassa du Ciel. Devenu errant sur la terre, Apollon s’éprit d’amour pour Hyacinthe, et jouant au palet avec lui, il le tua malheureusement (Ovid. Métam. 1. 5.). Apollon fut ensuite trouver Laomédon, et se loua pour travailler mercenairement aux murs de la Ville de Troye. Esculape épousa Epione, de laquelle il eut Machaon, Podalyre ; et trois filles, Panacéa, Jaso et Hygiéa. Orphée dit cependant (Hymn. in Aesculap.) qu’Hygiéa n’était pas fille, mais femme d’Esculape. Le culte d’Esculape fut plus célèbre à Epidaure que dans aucun autre lieu de la Grèce. Les serpents et les dragons étaient consacrés à ce Dieu, qui fut même adoré sous la figure de ces reptiles. Sur un médaillon frappé à Pergame, on voit Esculape avec la fortune. Socrate avant de mourir, lui fit immoler un coq, et on lui sacrifiait des corbeaux, des chèvres, etc. et suivant Pausanias, on nourrissait des couleuvres privées dans son Temple d’Epidaure, où sa mère Coronis avait aussi une statue. Les Anciens n’avaient-ils pas raison de regarder comme Dieu de la Médecine, la Médecine universelle ? Et n’était-ce pas assez l’indiquer, que de dire Esculape fils d’Apollon et de Coronis, puisqu’on sait que cette médecine a le principe de l’or pour matière, et ne peut se préparer sans passer par la putréfaction, ou la couleur noire que les Philosophes Hermétiques de tous les temps ont appelée corbeau, tête de corbeau, à cause de la noirceur qui l’accompagne ? Sortir de la putréfaction ou de la couleur noire, c’était donc naître de Coronis, qui signifie une corneille, espèce de corbeau. Mais un Dieu ne devait pas naître à la manière des hommes, Diane eut Coronis, et Mercure ou Phoebus tire son fils des entrailles de cette mère infortunée. Le mercure Philosophique agit sans cesse, et il rendit à Esculape dans cette occasion le même service qu’il avait rendu à Bacchus. La mère de l’un meurt sous les éclats de la foudre de Jupiter ; la mère de l’autre périr sous les coups de Diane ; tous deux ne viennent au monde que par les soins de Mercure, et après la mort de leur mère, Morien éclaircit en deux mots toute cette allégorie, lorsqu’il dit (Entret. du Roi Calid.) que la blancheur ou le magistère au blanc, qui est médecine, est cachée dans le ventre de la noirceur : qu’il ne faut pas mépriser les cendres (de Coronis), parce que le diadème du Roi y est caché. La même raison a fait dire que Phlegyas était père de Coronis, parce que signifie je brûle ; et personne n’ignore que toutes choses brûlées se réduisent en cendre. Ceux qui ont prétendu qu’Apollon lui-même avait servi de sage-femme à Coronis, ont fait allusion à l’élixir parfait en couleur rouge, véritable fils d’Apollon, et l’Apollon même des Philosophes ; et si l’on a feint que Diane avait tué Coronis, c’est que la cendre Hermétique ne peut parvenir à la couleur rouge, qu’après avoir été fixée en passant par la couleur blanche ; ou la Diane Philosophique. « Cette cendre très rouge, impalpable en elle-même, dit Arnaud de Villeneuve (Nov. lum. cap. 7.), se gonfle comme une pâte qui fermente, et par la calcination requise, c’est-à-dire à l’aide du mercure qui brûle mieux que le feu élémentaire, elle se sépare d’une terre noire très subtile, qui demeure au fond du vase. » Il est aisé d’en faire l’application. Hermès l’avait dit depuis longtemps (7. Chap. Çhap. 3.) ; « Notre fils règne déjà vêtu de rouge.... Notre Roi vient du feu. » Trigone, nourrice d’Esculape, n’est ainsi nommée qu’à cause des trois principes, soufre, sel et mercure donc l’élixir est composé, et dont l’enfant Philosophique se nourrit jusqu’à sa perfection. Les résurrections d’Esculape ne sont pas moins allégoriques que sa naissance, et s’il ressuscita Hippolyte, il faut l’entendre dans le sens des Philosophes, qui personnifient tout. Ecoutons Bonnellus à ce sujet (La Tourbe.) : « Cette nature de laquelle on a ôté l’humidité, devient semblable à un mort ; elle a besoin du feu jusqu’à ce que son corps et son esprit soient convertis en terre, et il se fait alors une poussière semblable à celle des tombeaux. Dieu lui rend ensuite son esprit et son âme, et la guérit de toute infirmité. Il faut donc brûler cette chose, jusqu’à ce qu’elle meure, qu’elle devienne cendre, et propre à recevoir de nouveau son âme, son esprit et sa teinture. » On peut voir ce que j’ai dit de telles résurrections, lorsque j’ai expliqué celle d’Eson, Liv. 2. Quant à l’éducation d’Esculape, elle fut la même que celle de Jason. Les filles d’Esculape participaient aux mêmes honneurs que leur père, et eurent des statues chez les Grecs et les Romains. Mais la fiction de l’histoire de ces Divinités se voit dans la seule signification de leurs noms. Panacéa veut dire médecine qui guérit tous les maux ; Jaso, guérison ; et Hygiéa, santé. L’élixir Philosophique produit la médecine universelle ; l’usage de celle-ci donne la guérison, à laquelle est jointe la santé. Aussi dit-on que leurs deux frères étaient de parfaits Médecins. Quant à l’oeuf de Corneille, d’où l’on feint que sortit Esculape, Raymond Lulle nous l’explique en ces termes (De Quinta Essent. dist. 3. p. 2.) : « Après qu’il sera refroidi, l’Artiste trouvera notre enfant arrondi en forme d’oeuf, qu’il retirera et purifiera. » Et dans son arbre Philosophique : « Lorsque cette couleur (blanche) apparaît, il commence à se rassembler en forme ronde, comme la Lune dans son plein. » Le coq était consacré à Esculape, par la même raison qu’il l’était à Mercure ; le corbeau à cause de sa mère Coronis, et le serpent, parce que les Philosophes Hermétiques le prenaient pour symbole de leur matière, comme on peur le voir dans Flamel et tant d’autres. Apollon eut beaucoup d’autres enfants ; en le confondant avec le Soleil ; le nombre en augmente bien davantage. J’ai déjà parlé d’Aétes dans le second Livre ; je ferai mention d’Augias dans le cinquième, et je passerai les allégories des autres, parce qu’on peut aisément expliquer ces fictions par celles que je rapporte. Phaéton est cependant trop célèbre, pour n’en pas dire deux mots. Tous tes Auteurs ne conviennent pas qu’il fût fils du Soleil. Plusieurs pensent avec Hésiode (Theog.), que Phaéton eut Chéphale pour père, et pour mère l’Aurore. Suivant l’opinion commune, Phaéton était fils du Soleil et de Clymene (Ovid, Métam. 1. I.). Ayant eu dispute avec Epaphus, fils de Jupiter, celui-ci lui dit qu’il n’était pas fils du Soleil. Phaéton piqué fut s’en plaindre à Clymene, sa mère, qui lui conseilla d aller trouver le Soleil, et de lui demander pour preuve la conduite de son char. Le Soleil ayant juré par le Styx qu’il lui accorderait sa demande, ne pensant pas que son fils serait assez téméraire pour lui en faire une telle, la lui accorda, après avoir fait tous ses efforts pour l’en détourner. Phaéton s’en acquitta si mal, que le Ciel et la Terre étaient menacés d’un embrasement prochain. La Terre alarmée s’adressa à Jupiter, qui renversa d’un coup de foudre le jeune Phaéton dans le fleuve Eridan, dont, selon quelques-uns, il dessécha les eaux, et les changea en or, selon d’autres. Plusieurs Auteurs croient comme Vossius (De Orig. et prog. Idol.), que cette fiction est Egyptienne ; elle n’en prouve que mieux mon système : mais si avec eux on confond le Soleil avec Osiris, ce n’est pas sur le même fondement. Phaéton, comme Orus, est la partie fixe aurifique des Philosophes Egyptiens ou Hermétiques. Lorsqu’elle se volatilise, cette matière toute ignée semble faire insulte à Epaphe ou l’air fils de Jupiter. Quand le Jupiter Philosophique se montre, cette partie fixe et solaire, après avoir longtemps voltigé, se précipice au fond du vase où se trouve l’eau mercurielle, dans laquelle elle se fixe en la coagulant, et la rend aurifique comme elle. Voilà en peu de mots l’explication de la course de Phaéton, sa chute dans le fleuve Eridan. et le dessèchement de ses eaux.
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