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Livre du langage analogique d’Hermès : Les Fables Égyptiennes et Grecques par Dom Antoine-Joseph Pernety
Livre d’Alchimie et d’ésotérisme les fables Égyptiennes et Grecques par Dom Antoine-Joseph Pernety. Chapitre VI : De l’âge d’or. Tout est embarras, tout est difficulté, et tout présente aux Mythologues un labyrinthe dont ils ne sauraient se tirer quand il s’agit de rapporter à l’histoire ce que les Auteurs nous ont transmis sur les temps fabuleux. Il n’en est pas un seul qui n’attribue l’âge d’or au règne de Saturne ; mais quand il faut déterminer et l’endroit où ce Dieu a régné, et l’époque de ce règne, et les raisons qui ont pu engager à le faire nommer le siècle d’or, on ne sait plus comment s’y prendre. On aurait bien plutôt fait d’avouer que toutes ces prétendues histoires ne sont que des fictons ; mais on veut y trouver de la réalité, comme s’il intéressait beaucoup de justifier aujourd’hui le trop de crédulité de la plupart des Anciens. Et l’on ne fait pas attention qu’en s’étayant de l’autorité de plusieurs d’entre eux, que l’on tient même pour suspects, on prouve aux Lecteurs qu’on ne mérite pas d’être cru davantage. Si l’on avait pour garants des Auteurs contemporains, ou qui eussent du moins travaillé d’après des monuments assurés, et dont l’authenticité fût bien avérée, on pourrait les en croire ; mais on convient que toutes ces histoires nous viennent des Poètes, qui ont imité les fictions Egyptiennes. On sait que ces Poètes ont presque tous puisé dans leur imagination, et que les Historiens n’ont parlé de ces temps-là que d’après eux. Hérodote, le plus ancien que nous connaissions, n’a écrit que plus de 400 ans après Homère, et celui-ci longtemps après Orphée, Lin, etc. Aucun de ceux-ci ne dit avoir vu ce qu’il rapporte, ailleurs que dans son imagination. Leurs descriptions mêmes sont absolument poétiques. Celle qu’Ovide nous fait (Métam, 1. I. Fab. 3.) du siècle d’or, est plutôt un portrait d’un Paradis terrestre, et de gens qui l’auraient habité, que d’un temps postérieur au Déluge, et d’une terre sujette aux variations des saisons. « On observait alors, dit-il, les règles de la bonne foi et de la justice, sans y être contraint par les lois. La crainte n’était point le motif qui faisait agir les hommes : on ne connaissait point encore les supplices. Dans cet heureux siècle, il ne fallait point graver sur l’airain, ces lois menaçantes, qui ont servi dans la suite de frein à la licence. On ne voyait point en ce temps là de criminels trembler en présence de leurs Juges : la sécurité où l’on vivait, n’était pas l’effet de l’autorité que donnent les lois. Les arbres tirés des forêts, n’avaient point encore été transportés dans un monde qui leur était inconnu : l’homme n’habitait que la terre où il avait pris naissance, et ne se servait point de vaisseaux pour s’exposer à la fureur des flots. Les villes sans murailles ni fossés étaient un asile assuré. Les trompettes, les casques, l’épée étaient des choses qu’on ne connaissait pas encore, et le soldat était inutile pour assurer aux citoyens une vie douce et tranquille. La terre, sans être déchirée par la charrue, fournissait toutes sortes de fruits ; et ses habitants, satisfaits des aliments qu’elle leur présentait sans être cultivée, se nourrissaient de fruits sauvages, ou du gland qui tombait des chênes. Le Printemps régnait toute l’année ; les doux zéphyrs animaient de leur chaleur les fleurs qui naissaient de la terre : les moissons se succédaient sans qu’il fût besoin de labourer ni de semer. On voyait de toutes parts couler des ruisseaux de lait et de nectar ; et le miel sortait en abondance du creux des chênes et des autres arbres. » Vouloir admettre avec Ovide un temps où les hommes aient vécu de la manière que nous venons de le rapporter, c’est se repaître de chimères, et d’êtres de raison. Mais quoique ce Poète l’ait dépeint tel qu’il devait être pour un siècle d’or, ce portrait n’est pas du goût de M. l’Abbé Banier. Des gens qui auraient vécu de cette manière, auraient été, selon lui (Mythol.T. II. p, 110.), des gens qui menaient une vie sauvage, sans lois et presque sans religion. Janus se présente, il les assemble, leur donne des lois ; le bonheur de la vie se manifeste, on voit naître un siècle d’or. La crainte, la contrainte qu’occasionnent des lois menaçantes avaient paru à Ovide contraires au bonheur de la vie. Elles sont une source de félicité pour M. l’Abbé Banier. Mais enfin quelles raisons peuvent avoir eu les Anciens pour attribuer au règne de Saturne, la vie d’un siècle d’or ? Jamais règne ne fut souillé de plus de vices ; les guerres, le carnage, les crimes de toutes espèces inondèrent la terre pendant tout ce temps-là. Saturne ne monta sur le trône qu’en en chassant son père, après l’avoir mutilé. Que fit Jupiter de plus que Saturne, pour avoir mérité qu’on ne donnât pas à son règne le nom d’âge d’or ? Jupiter le traita à la vérité précisément et de la même manière que Saturne, avait traité son père. Jupiter était un adultère, un homicide, un incestueux, etc. Mais Saturne valait-il davantage ? N’avait-il pas aussi épousé sa soeur Rhée ? N’eut-il pas Philyre pour concubine, sans compter les autres? Vit-on un Roi plus inhumain que celui qui dévore ses propres enfants ? Il est vrai qu’il ne dévora pas Jupiter ; mais il y allait à la bonne foi, et l’on ne doit pas lui en savoir gré : on lui présenta un caillou ; il l’avala, et ne pouvant le digérer, il le rendit. Cette pierre, suivant Hésiode, fut placée sur le Mont Hélicon, pour servir de monument aux hommes. Beau monument bien propre à rappeler le souvenir d’un siècle d’or ! N’est-il pas surprenant qu’un tel paradoxe n’ait pas fait ouvrir les yeux aux Anciens, et que tous soient convenus d’attribuer un âge d’or au règne de Saturne ? M. l’Abbé Banier le donne à celui de Janus, qui régna conjointement avec Saturne. « Ce Prince, dit ce Mythologue (Loc. cit.), adoucit la férocité de leurs moeurs, les rassembla dans les villes et dans les villages, leur donna des lois, et sous son règne, ses sujets jouirent d’un bonheur qu’ils ne connaissaient pas : ce qui fit regarder le temps où il avait régné comme un temps heureux, et un siècle d’or. » Mais il n’y a pas moins de difficultés en prenant les choses de ce côté là. Il n’est même pas possible de faire vivre Saturne avec Janus. Les temps ne s’y accordent point du tout. Théophile d’Antioche nous assure, sur l’autorité de Tallus (Lib.3.adv. Ant.), que Chronos, appelé Saturne par les Latins, vivait trois cents vingt et un ans avant la prise de Troye ; ce qui, en admettant le calcul des Historiens mêmes, supposerait plus d’un siècle et demi entre lui et Janus. D’où il faudrait conclure, ou que Saturne n’alla jamais en Italie ou qu’il y alla longtemps avant le règne de Janus. Toute l’Antiquité atteste cependant la contemporanéité de ces deux Princes. On pourrait supposer, dit M. l’Abbé Banier avec quelques autres, qu’il s’agit d’un autre Saturne, et que celui qui était contemporain de Janus, était Stercès, père de Picus, qui après son apothéose fut nommé Saturne. Mais ces Auteurs ne font pas attention, que Janus ne partagea pas sa couronne avec Srercès ; que la fable dit que Janus régnait déjà, lorsque Saturne vint en Italie. On ne peut donc le dire de Stercès, puisqu’il régna avant Janus. Ce Saturne même qui, suivant Virgile (Eneid. I. 8.), rassembla ces hommes sauvages, cette race indocile, dispersée sur les montagnes, qui leur donna des lois, et qui appella cette terre latium, parce qu’il s’y était caché, pour éviter la fureur de son fils, ne peut-être Stercès, père de Picus, puisque celui-ci était dans un âge fort tendre, lorsque son père mourut. Il l’entendait donc de Saturne, père des Jupiter. Puisqu’il n’est pas possible de concilier tout cela, il est naturel de penser que l’inventeur de cette fable n’avait pas l’histoire en vue, mais quelque allégorie, dont les Historiens n’ont pas soupçonné le sens. Non, Saturne, Janus, Jupiter n’ont jamais régné ; parce que pour régner, il faut être homme, et tous ces Dieux dont nous, parlons n’existèrent jamais que dans l’esprit des inventeurs de ces fables, que la plupart des Peuples regardaient comme histoires réelles, parce que leur amour propre s’en trouvait extrêmement flatté. Il leur était infiniment glorieux d’avoir des Dieux pour les premiers de leurs ancêtres, ou pour Rois, ou enfin pour fondateurs de leurs villes. Chaque Peuple s’en flattait à l’envi, et se croyait supérieur aux autres, à proportion de la grandeur du Dieu, et de son antiquité. Il faut donc chercher d’autres raisons qui aient fait donner au prétendu règne de Saturne le nom de siècle ou d’âge d’or. J’en trouve plus d’une dans l’Art Hermétique, où ces Philosophes appellent règne de Saturne le temps que dure là noirceur, parce qu’ils nomment Saturne cette même noirceur ; c’est-à-dire, lorsque la matière Hermétique mise dans le vase, est devenue comme, de la poix fondue. Cette noirceur étant aussi, comme ils le disent, l’entrée, la porte et la clef de l’oeuvre, elle représente Janus, qui règne par conséquent conjointement avec Saturne. On a cherché et l’on cherchera longtemps encore la raison qui faisait ouvrir la porte du Temple de Janus, lorsqu’il s’agissait de déclarer la guerre, et qu’on la fermait à la paix. Un Philosophe Hermétique la trouve plus simplement que tous ces Mythologues. La voici. La noirceur est une suite de la dissolution ; la dissolution est la clef et la porte de l’oeuvre. Elle ne peut se faire que par la guerre qui s’élève entre le fixe et le volatil, et par les combats qui se donnent entre eux. Janus étant cette porte, il était tout naturel qu’on ouvrît celle du Temple qui lui était consacré, pour annoncer une guerre déclarée. Tant que la guerre durait, elle demeurait ouverte, et on la fermait à la paix, parce que cette guerre du fixe et du volatil dure jusqu’à ce que la matière soit absolument devenue toute fixe. La paix se fait alors. C’est pourquoi la Tourbe dit, fac pacem inter inimicos, et opus completum est. Les Philosophes ont même dit figurativement, ouvrir, délier, pour dire dissoudre, et fermer, lier, pour dire fixer. Macrobe dit que les Anciens prenaient Janus pour le Soleil. Ceux qui entendaient mal cette dénomination, l’attribuaient au Soleil céleste qui règle les saisons ; au lieu qu’il fallait l’entendre du Soleil Phllosophique ; et c’est une des raisons qui fit appeler son règne siècle d’or. Pendant la noirceur donc nous avons parlé, ou le règne de Saturne, l’âme de l’or, suivant les Philosophes, se joint avec le mercure ; et ils appellent en conséquence ce Saturne, le tombeau du Roi, ou du Soleil. C’est alors que commence le règne des Dieux, parce que Saturne en est regardé comme le père ; c’est donc en effet l’âge d’or, puisque cette matière devenue noire contient en elle le principe aurifique, et l’or des Sages. L’Artiste se trouve d’ailleurs dans le cas des sujets de Janus et de Saturne ; dès que la noirceur a paru, il est hors d’embarras et d’inquiétude. jusque-là il avait travaillé sans relâche, et toujours incertain de la réussite. Peut-être avait-il erré dans les bois, les forêts , et sur les montagnes, c’est-à-dire, travaillé sur différentes matières peu propres à cet Art ; peut-être même avait-il erré près de deux cents fois en travaillant comme Pontanus (Epist.) sur la vraie matière, il commence alors à sentir une joie, une satisfaction et une véritable tranquillité, parce qu’il voit ses espérances fondées sur une base solide. Ne serait ce donc pas un âge vraiment d’or, dans le sens même d’Ovide, où l’homme vivrait content, et le coeur et l’esprit pleins de satisfaction ? CHAPITRE VII. Des Pluies d’or. Les Poètes ont souvent parlé des pluies d’or, et quelques Auteurs Païens ont eu la faiblesse de rapporter comme vrai, qu’il tomba une pluie d’or à Rhodes, lorsque le Soleil y coucha avec Vénus. On pardonnerait cela aux Poètes ; mais que Strabon nous dise (Liv. 14.) qu’il plut de l’or à Rhodes, lorsque Minerve naquit du cerveau de Jupiter, on ne saurait la lui passer. Plusieurs Auteurs nous assurent à la vérité, qu’en tel ou tel temps il plut des pierres, du sang, ou quelque liqueur qui lui ressemblait, des insectes. Bien des gens protestent même encore aujourd’hui avoir vu pleuvoir des petites grenouilles ; qu’elles tombaient en abondance sur leurs chapeaux, mêlées avec une pluie d’orange ; qu’ils en avaient vu une si grande quantité, que la terre en était presque couverte. Sans entrer dans la recherche des causes physiques de tels phénomènes, et sans vouloir les contredire ou les approuver, parce qu’ils ne viennent pas au sujet que je traite, je dirai seulement que cela peut être ; mais quant à une pluie d’or, on aurait beau le certifier, je ne crois personne assez crédule pour le croire sans l’avoir vu. Il faut donc regarder cette histoire comme une allégorie. On peut appeler en effet pluie d’or, une pluie qui produirait de l’or, ou une matière propre à en faire, comme le Peuple dit assez communément qu’il pleut du vin, lorsqu’il vient une pluie dans le temps qu’on la désire, soit pour attendrir le raisin, soit pour le faire grossir. C’est précisément ce qui arrive par la circulation de la matière Philosophique dans le vase où elle est renfermée. Elle se dissout, et ayant monté en vapeurs au haut du vase, elle s’y condense, et retombe en pluie sur celle qui reste au fond. C’est pour cela que les Philosophes ont donné quelquefois le nom d’eau de nuée à leur eau mercurielle. Ils ont même appelé Vénus cette partie volatile, et Soleil la matière fixe. Rien n’est si commun dans leurs ouvrages que ces noms. « Notre Lune, dit Philalèthe, qui fait dans notre oeuvre la fonction de femelle, est de race de Saturne ; c’est pourquoi quelques-uns de nos Auteurs envieux l’ont appelle Vénus. » D’Espagnet a parlé plusieurs fois de cette eau mercurielle sous le nom de Lune et de Vénus, et a parfaitement exprimé cerce conjonction du Soleil et de Vénus, lorsqu’il a dit Can. 27.) : « La génération des enfants est l’objet et la fin du légitime mariage. Mais pour que les enfants naissent sains, robustes et vigoureux, il faut que les deux époux le soient aussi, parce qu’une semence pure et nette produit une génération qui lui ressemble. C’est ainsi que doivent être le Soleil et la Lune avant d’entrer dans le lit nuptial. Alors se consommera le mariage, et de cette conjonction naîtra un Roi puissant, dont le Soleil sera le père, et la Lune la mère. » Il avait dit (Can. 44) que la Lune des Philosophes est leur Mercure, et qu’ils lui ont donné plusieurs noms (Can. 46.) , entre autres ceux de terre subtile, d’eau-de-vie, d’eau ardente et permanente, d’eau d’or et d’argent, enfin de Vénus Hermaphrodite. Cette épithète seule explique assez clairement de quelle nature et substance était formée cette prétendue Déesse, et l’idée qu’on devait y attacher, puisque le nom d’Hermaphrodite a été fait selon toutes les apparences de Hermès, Mercurius, et d’Aphros, Spunta, comme si l’on disait écume de mercure. C’est sans doute pour cela que la Fable dit Hermaphrodite fils de Mercure et de Vénus. On a feint que cette conjonction du Soleil et de Vénus se fit à Rhodes, parce que l’union du Soleil et du Mercure Philosophiques ne se fait que quand la matière commence à rougir ; ce qui est indiqué par le nom de cette Isle, qui vient de rosa. La matière fixe ou l’or Philosophique, qui après s’être volatilisée retombe alors en forme de pluie, a donc pris avec raison le nom de pluie d’or ; sans cette pluie l’enfant Hermétique ne se formerait pas. Une pluie semblable se fit voir lorsque Pallas naquit du cerveau de Jupiter, et cela par la même raison ; car Jupiter n’aurait pu accoucher d’elle, si Vulcain ou le feu Philosophique ne lui avait servi de sage-femme. Si l’on regarde Pallas dans cette occasion comme la Déesse des Sciences et de l’Etude, on peut dire, quant à l’Art Hermétique, qu’on aurait en vain la théorie la mieux raisonnée, et la matière même du Magistère appelée Vierge, fille de la Mer, ou de l’Eau, ou de Neptune, et du marais Tritonis, on ne réussira jamais à faire l’oeuvre si l’on n’emploie le secours de Vulcain ou du feu Philosophique. Quelques Poètes ont feint en conséquence que Pallas ayant résisté vigoureusement à Vulcain, qui voulait lui faire violence, la semence de celui-ci étant tombée à terre, il en naquit un monstre, qui fut nommé Ericthon, ayant la figure humaine depuis la tête jusqu’à la ceinture, et celle d’un Dragon dans toute la partie inférieure. Cet Ericthon est le résultat des opérations des Artistes ignorants, qui mettent la main à l’oeuvre sans savoir les principes, et veulent travailler malgré Minerve. Ils ne produisent que des monstres, même avec le secours de Vulcain. M. l’Abbé Banier prétend (T. III. p.39.) que cet Ericthonius fut réellement un Roi d’Athènes, qui succéda à un nommé Amphiction son compétiteur, par lequel il avait été vaincu. Cet Amphiction avait succédé à Cranaus, et celui-ci à Cécrops, qui vivait, suivant les interprètes des marbres d’Arondel, la chronologie de Censorin, et de Denys d’Halycarnasse, 400 ans avant la prise de Troye. M. l’Abbé Banier rejette cette chronologie, parce qu’elle n’est pas propre à confirmer son système, et assure que ces Auteurs reculent trop l’arrivée de Cécrops dans la Grèce. Il détermine donc cette arrivée à 330 ans avant la guerre de Troye (Ibid. p.37.). Mais ce Mythologue a oublié son propre calcul quelques pages après, où parlant de l’arrivée de Deucalion dans la Thessalie, il en fixe l’époque à la neuvième année du règne de Cécrops, c’est-à-dire, dit notre Auteur (Ibid. p.42.), vers l’an 215 ou 220 avant la guerre de Troye. Ce qui fait une erreur de 110 ans au moins dans sa chronologie même. Mais quand on lui passerait cela, l’en croira-t-on sur sa parole, lorsqu’il dit (Ibid. p.40.) qu’Ericthonius n’avait passé pour être fils de Minerve et de Vulcain, que parce qu’il avait été exposé dans un Temple qui leur était consacré ? Une telle exposition pouvait-elle fournir matière à la Fable, qui donne à Ericthonius une origine tout-à-fait infâme ? Il n’est dans cette fiction aucune circonstance qui ait le moindre rapport à cette exposition. La suite même de la Fable, qui dit que Minerve voyant cet enfant né avec des jambes de serpents, en donna le soin à Aglaure, fille de Cécrops, qui, contre la défense de Minerve, eut la curiosité de regarder dans la corbeille où il était enfermé, et en fut punie par une passion de jalousie contre sa soeur, dont Mercure était amoureux. Qu’ayant un jour voulu empêcher ce Dieu d’entrer dans là chambre où sa Soeur Hersé était, il la frappa de son caducée, et la changea en rocher. Cette suite de la fiction montre bien que c’est une pure fable, qu’on ne peut expliquer qu’allégoriquement. Pallas, Vulcain, Mercure et les filles de Cécrops ne peuvent être supposés avoir vécus ensemble, quand même on regarderait les uns et les autres comme des personnes réelles : je crois qu’on n’exigera pas que j’en donne la preuve. Mais si l’on fait attention au rapport que cette fable peut avoir avec l’Art Hermétique, on y trouve d’abord deux Dieux et une Déesse qui lui appartiennent tellement, qu’ils y font absolument requis, savoir la science de cet Art, et la prudence pour la conduite du régime du feu et des opérations ; en second lieu, le feu Philosophique, ou Vulcain ; ensuite le mercure des Sages. Si l’Artiste anime et pousse trop ce feu, c’est Vulcain qui veut faire violence à Pallas, que les Philosophes ont souvent pris pour la matière. Malgré la résistance de cette vierge, Vulcain agit toujours, il ouvre la matière des Philosophes, et la dissout. Cette dissolution ne peut se faire que par cette espèce de combat entre la matière Philosophique, appelée Vierge, comme nous l’avons prouvé plus d’une fois, et le feu. Mais qu’en résulte-t-il ? un monstre, qu’on nomme Ericthonius, parce que ce nom même désigne la chose, c’est-à-dire la contestation et la terre. On ne sera pas étonné que ce soit un monstre, quand on se rappellera tous les autres de la Fable, Cerbère, l’Hydre de Lerne, les différents Dragons dont il est fait mention dans les autres Fables, et qui signifient la même chose qu’Ericthonius ; c’est-à-dire, la dissolution, et la putréfaction, qu’on dit avec raison fils de Vulcain et de la Terre, puisque cette putréfaction est celle de la terre Philosophique même, et un effet de Vulcain, ou du feu des Sages. C’est donc la semence de Vulcain qui produit Ericthonius. Et si l’on dit qu’Aglaure fut chargée par Minerve d’en avoir soin, sans qu’il lui fût permis de regarder ce que la corbeille contenait, on sent bien qu’une condition telle que celle-là, qui rendait la chose impossible, ne peut avoir été inventée qu’en vue d’une allégorie, de même que sa métamorphose en rocher. C’est en effet une suites de l’allusion au progrès de l’oeuvre Hermétique. Aglaure lignifie éclat, splendeur, et les Philosophes appellent de ce nom leur matière parvenue au blanc à mesure qu’elle quitte la noirceur ; cet intervalle du blanc au noir est le temps de l’éducation d’Ericthonius. Et si Mercure la changea en rocher, c’est que la matière même se coagule, et devient pierre lorsqu’elle parvient à cet état de blancheur éclatante dont nous venons de parler ; c’est pourquoi les Philosophes l’appellent alors leur Pierre au blanc, leur Lune, etc. Le Mercure étant l’agent principal, produit cette métamorphose. On suppose ce Dieu amoureux d’Hersé, soeur d’Aglaure, parce que hersé signifie la rosée, et que le Mercure Philosophique circule alors dans le vase, et retombe comme une rosée. D’une troisième pluie d’or naquit un Héros ; mais un Héros bien plus fameux qu’Ericthonius. Danaé fut renfermée dans une tour d’airain par son père Acrise, parce qu’il avait appris de l’Oracle que, l’enfant qui naîtrait de sa fille, le priverait de la couronne et de la vie, et il ne voulut entendre à aucune proposition de mariage pour elle. Jupiter fut épris d’amour pour cette belle prisonnière. La tour était bien fermée et bien gardée ; mais l’amour est ingénieux. Jupiter accoutumé aux métamorphoses, se transforma en pluie d’or, et se glissa par ce moyen dans le sein de Danaé, qui de cette visite conçut Persée. Persea quem pluvio Danae conceperat auro. Ovid. Métam. 1. 6. Ce fils de Jupiter étant devenu grand, entre autres exploits, coupa la tête à Méduse, et s’en servit pour pétrifier tout ce à quoi il la présentait. Des gouttes du sang qui découlait de la plaie de Méduse, naquit Chrysaor, père de Géryon, à trois corps ; quelques-uns disent à trois têtes. L’explication de cette fable sera très aisée à qui voudra se rappeler celles que nous avons données des autres pluies d’or. On conçoit aisément que Danaë et la tour sont la matière et l’airain des Philosophes qu’ils appellent cuivre, laton, ou laiton ; que la pluie d’or sont les gouttes d’eau d’or, ou la rosée aurifique qui montent dans la circulation, et retombent sur la terre, qui est au fond du vase. On pourrait dire même avec les Mythologues, que Jupiter est pris pour l’air ; mais il faut l’entendre ici de la couleur grise appelée Jupiter, parce que la pluie d’or se manifeste pendant le temps que la matière passe de la couleur noire à la grise. Persée est le fruit qui naît de cette circulation. Je ne vois pas trop sur quel fondement M. l’Abbé Banier tire l’étymologie de Persée du mot hébreu Paras ; il est vrai qu’il signifie Cavalier ; et que Persée monta sur un cheval. Mais pourquoi les Grecs auraient-ils été chercher dans la langue Hébraïque les noms que la langue Grecque leur fournissait abondamment ? Des gouttes du sang de Méduse naquit Chrysaor, et de celui-ci Géryon. C’est comme si l’on disait que de l’eau rouge des Philosophes, que Pythagoras nomme sang (Et des quatre parts s’élève airain, rouille, fer, safran, or, sang et pavot. Et la Tourbe : Sachez que notre oeuvre a plusieurs noms : fer, airain, argent, rouge sanguin et rouge très hautain, etc. la Tourbe.), avec bien d’autres Adeptes, et Raymond Lulle avec Riplée, vin rouge, naît l’or, ou le soufre philosophique. On sait d’ailleurs que Chrysaor vient du grec aurum. Cet or dissous dans sa propre eau rouge comme du sang, produit l’élixir ou Géryon, à trois corps ou trois têtes, parce qu’il est composé de la combinaison exacte des trois principes soufre, sel et mercure. J’expliquerai plus au long cette fable dans le chapitre a de Persée. J’aurais pu en mettre quelques autres dans ce second Livre ; mais par celles-ci on peut juger des autres. Je ne me suis pas proposé de faire une Mythologie entière ; il suffit, pour prouver mon système, d’expliquer les principales et les plus anciennes. J’aurai d’ailleurs occasion d’en passer en revue un grand nombre dans le Livre suivant, qui traitera de la généalogie des Dieux. Fin de la première Partie et du second Livre.
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