Livre d’Alchimie et d’ésotérisme les fables Égyptiennes et Grecques par Dom Antoine-Joseph Pernety. Des allégories qui ont un rapport plus palpable avec l’Art Hermétique, suite. Venons à la chose même. Peut-on regarder comme une histoire véritable, un événement qui ne semble avoir été imaginé que pour amuser des enfants ? Persuadera-t-on à des gens sensés que l’on ait construit un vaisseau de chênes parlants ; que des Taureaux jettent des tourbillons de feu par la bouche et les narines ; que des dents d’un Dragon semées dans un champ labouré, il en naisse aussitôt des hommes armés qui s’entre-tuent pour une pierre jetée au milieu d’eux ; enfin tant d’autres puérilités qui sont sans exception toutes les circonstances de cette célèbre expédition ? y en a-t-il une seule en effet qui ne soit marquée au coin de la Fable, et d’une Fable même assez mal concertée, et très insipide, si l’on ne l’envisage pas dans un point de vue allégorique ? C’est sans doute ce qui a frappé ceux qui ont regardé cette relation comme une allégorie prise des mines qu’on supposait être dans la Colchide. Ils ont approché plus près du vrai, et plus encore ceux qui l’ont interprétée d’un livre de parchemin qui concernait la manière de faire de l’or. Mais quel est l’homme qui pour un tel objet voulût s’exposer aux périls que Jason surmonta ? De quelle utilité pouvaient leur être les conseils de Médée, ses onguents, son eau, ses pharmaques enchantés, sa médaille du Soleil et de la Lune, etc ? Quel rapport avaient des Boeufs vomissant du feu, un Dragon gardien de la porte, des hommes armés qui sortent de terre, avec un livre écrit en parchemin, ou de l’or que l’on ramasse avec des Toisons de Brebis ? Etait-il donc nécessaire que Jason ( qui signifie Médecin ) fût élevé pour cela sous la discipline de Chiron ? Quelle relation aurait encore avec cela le rajeunissement d’Eson par Médée après cette conquête ? Je sais que les Mythologues se sont efforcés de donner des explications à toutes ces circonstances. On a expliqué le char de Médée traîné par deux Dragons, d’un vaisseau appelé Dragon ; et quand on n’a pu réussir à y donner un sens même forcé, on a cru avoir tranché le noeud de la difficulté en disant avec M. l’Abbé Banier (Mythol. T. III. p. 259.) : C’est encore ici une fiction dénuée de tout fondement. Ressource heureuse ! pouvait-on en imaginer une plus propre à faire disparaître tout ce qui se trouve d’embarrassant pour un Mythologue ? Mais est-elle capable de contenter un homme sensé, qui doit naturellement penser que les Auteurs de ces fictions avaient sans doute leurs raisons pour y introduire toutes ces circonstances ? Presque toutes les explications données par les Mythologues, ou ne portent sur rien, ou sont imaginées pour éluder les difficultés. Il est donc évident qu’on doit regarder la relation de la conquête de la Toison d’or comme une allégorie. Examinons chaque chose en particulier Quel fut Jason ? son nom, son éducation, et ses actions l’annoncent assez. Son nom signifie Médecin, et guérison. On le mit sous la discipline de Chiron, le même ; qui prit soin aussi de l’éducation d’Hercule et d’Achille, deux Héros, dont l’un se montra invincible à la guerre de Troye, et l’autre fait pour délivrer la terre des monstres qui l’infestaient. Ainsi Jason eut deux maîtres, Chiron et Médée... Le premier lui donna les premières instructions et la théorie, le second le guida dans la pratiqua par ses conseils assidus. Sans leur secours un Artiste ne réussirait jamais, et tomberait d’erreurs en erreurs. Le détail que Bernard Trévisan, et Denis Zachaire (Philos. des Métaux, Opuscule.) font des leurs, serait capable de faire perdre à un Artiste l’espérance de parvenir à la fin de la pratique de cet Art, s’ils ne donnaient en même temps les avertissements nécessaires pour les éviter. Jason était de la race des Dieux. Mais comment a-t-il pu être élevé par Chiron, si Saturne ; père de celui ci, et Phyllire sa mère n’ont jamais existé en personne ? On dit que Médée, épouse de Jason, était petite-fille du Soleil et de l’Océan, et fille d’AEtes, frère de Pasiphaé, et de Circé l’enchanteresse. Avouons que de tels parents convenaient parfaitement à Jason, pour toutes les circonstances des événements de sa vie. Tout chez lui tient du divin, jusqu’aux compagnons mêmes de son voyage. Il y a de plus bien des choses à observer dans cette fiction. La Navire Argo fut construit, selon quelques-uns, sur le Mont Pélion, des chênes parlants de la forêt de Odone ; au moins y en mit-on un, soit pour servir de mât, soit à la poupe ou à la proue. Pallas ou la sagesse présida à sa construction. Orphée en fut désigné le Pilote, avec Typhus et Ancée, suivant quelques Auteurs. Les Argonautes portèrent ce Navire sur leurs épaules pendant douze jours à travers les déserts de la Libye. Jason s’étant mis à l’abri du Navire Argo, qui tombait de vétusté, fut écrasé, et périt sous ses ruines. Le Navire enfin fut mis au rang des Astres. Toutes ces choses indiquent évidemment qu’Orphée en fut le constructeur et le Pilote ; c’est-à-dire, que ce Poète se déclare lui-même pour Auteur de cette fiction, et qu’il plaça le Navire au rang des Astres, afin de mieux en conserver la mémoire à la postérité. S’il la gouverna au son de sa lyre, c’était pour donner à entendre qu’il en composa, l’histoire en vers que l’on chantait. Il la construisit suivant les conseils de Pallas, parce que Minerve ou Pallas était regardée comme la Déesse des Sciences, et qu’il ne faut point, comme on dit, se mettre en tête de vouloir rimer malgré Minerve. Le chêne qu’on employa à la construction de ce Navire, est le même que celui contre lequel Cadmus tua le serpent qui avait dévore ses compagnons ; c’est ce chêne creux, au pied duquel était planté le rosier d’Abraham Juif, dont parle Flamel (Explicat. Des Hiérogl.) ; le même encore qui environnait la fontaine du Trévisan (Philos. Des Métaux, 4 part.), et celui donc d’Espagnet fait mention au 114e. Canon de son Traité. Il faut donc que ce tronc de chêne soit creux ; ce qui lui a fait donner le nom de Vaisseau. On a feint aussi que Typhis fût un des Pilotes, parce que le feu est le conducteur de l’oeuvre ; car sumum excito in flammo. On lui donna Ancée pour adjoint, afin d’indiquer que le feu doit être le même que celui d’une poule qui couve, comme le disent les Philosophes ; car Ancée vient de ulnae. Suivons à présent Jason dans son expédition. Il aborde premièrement à Lemnos, et pourquoi ? pour se rendre, dit-on, Vulcain favorable. Quel rapport et quelle relation a le Dieu du feu avec Neptune Dieu de la mer ? Si le Poète avait voulu nous faire entendre que la relation qu’il nous donnait était en effet celle d’une expédition de mer, serait-il tombé dans une méprise si grossière. Il n’ignorait pas sans doute que c’était au Dieu des eaux qu’il fallait adresser ses voeux. Mais c’était Vulcain qu’il était nécessaire de se rendre favorable, parce que le feu est absolument requis, et quel feu ? un feu de corruption et de putréfaction. Les Argonautes en reconnurent les effets à Lemnos ; ils y trouvèrent des femmes qui exhalaient une odeur puante et insupportable. Telle est celle de la matière Philosophique, lorsqu’elle est tombée en putréfaction. Toute putréfaction étant occasionnée par l’humidité et le feu interne qui agit sur elle, on ne pouvait mieux la signifier que par les femmes, qui dans le style Hermétique en sont le symbole ordinaire. Morien dit (Entretien du Roi Calid.) que l’odeur de la matière est semblable à celle des cadavres ; et quelques Philosophes ont donné à la matière dans cet état le nom d’Assa foetida. Le massacre que ces femmes avaient fait de leurs maris, signifie la dissolution du fixe par l’action du volatil communément désigné par des femmes. La volatilisation est indiquée plus particulièrement dans cette circonstance du voyage des Argonautes, car Thoas père d’Hypsiphile, qui vient de, céleri, celeriter moveo. Et par sa fille dont le nom signifie, qui aime les hauteurs. C’est ainsi que M. l’Abbé Banier et plusieurs autres la nomment toujours, quoique Homère (Iliad. 1. 7. v. 469.) et Apollonius (Argonaut. 1. I. v. 637.) l’appellent Hypsiphile. Ce qui convient aussi à la partie volatile de la matière, qui s’élève jusqu’à l’entrée ou l’embouchure du vase scellé, et fermée comme une porte murée et bien clause. Les Argonautes se plaisaient dans cette Isle, et semblaient avoir oublié le motif de leur voyage, lorsque Hercule les réveilla de cet assoupissement, et les détermina à quitter ce séjour (Apoll. ibid. v. 864.). A peine eurent-ils quitté le rivage, que les Tyrrhéniens leur livrèrent un combat sanglant, où tous furent blessés, et Glaucus disparut. C’est le combat du volatil et du fixe, auquel succède la noirceur qui a été précédée de la couleur bleue. Aussi Apollonius ajoute-t-il, v. 922. Illinc profunda nigri pelagi remis transmiserunt. Ut hac Thracum tellurem, hac contrariam Haberent superius imbrum. Et comme les Philosophes donnent aussi les noms de nuit, ténèbres à cette noirceur, le même Auteur continue : ........... At sole commodum Occaso devenerunt ad precurrentem peninsulam. Les Argonautes ayant abordé en une certaine Isle, ils dressèrent un Autel de petites pierres (Ibid.v.1123. et siuv.) en l’honneur de la mère des Dieux ou Cybele Dindymene, c’est-à-dire, la Terre. Titye et Mercure qui seuls avaient secouru et favorisé nos Héros, ne furent pas oubliés. Ce n’était pas sans raison. Lorsque la matière commence à se fixer, elle se change en terre, qui devient la mère des Dieux Hermétiques. Dans l’état de noirceur, c’est Saturne le premier de tous. Cybtle ou Rhée son épouse est cette première terre Philosophique, qui devient mère de Jupiter ou de la couleur grise que cette terre prend. Tirye était ce Géant célèbre, fils de Jupiter et de la Nymphe Elate, que Jupiter cacha dans la terre pour la soustraire au courroux de Junon. Homère dit Titye fils de !a Terre même : Et Tityum vidis terrae gloriosae filium, Presiratum in solo. Odys.I. 11.v. 575. Comme le volume de la terre Philosophique augmente toujours à mesure que l’eau se coagule et se fixe, les Poètes ont feint que ce Titye allait toujours en croissant, de manière qu’il devint d’une grandeur énorme. Il voulut, dit-on, attenter à l’honneur de Latone, mère d’Apollon et de Diane, qui le tuèrent à coup de flèche. C’est-à-dire, que cette terre Philosophique, qui n’est pas encore absolument fixée, et qui est désignée par Latone, comme nous le verrons dans le Livre suivant, devient fixe, lorsque la blancheur, appelée Diane ou la Lune des Philosophes, et la rougeur ou Apollon paraissent. Quant aux honneurs rendus à Mercure, on en sait la raison, puisqu’il est un des principaux agents de l’oeuvre. Apollonius ne met que ces trois comme les seuls protecteurs et les seuls guides des Argonautes (Lib. I. v. 1125.) : en effet, il n’y a que ces trois choses, la Terre, le fils de cette Terre, et l’eau ou Mercure dans cette circonstance de l’oeuvre. Après que nos Héros eurent parcouru les côtes de la petite Mysie et de la Troade, ils s’entêtèrent en Bebrycie, où Pollux tua Amycus qui l’avait défié au combat du ceste ; c’est-à-dire, que la matière commença à se fixer après sa volatilisation désignée par le combat. Elle est encore plus particulièrement indiquée par les Harpies, qui avaient des mains crochues et des ailes d’airain, chassée par Calaïs et Zerès fils de Borée ; car les Philosophes donnent le nom d’airain ou laton ou leton à leur matière dans cet état : Dealbate latonem et rumpite libres, ne corda vestra. disrumpantur (Morien et presque tous les Adeptes.). Les Argonautes ayant quitté la Bebrycie, abordèrent dans le pays où Phinée, fils d’Agenor, devin et aveugle, était molesté sans cesse par ces Harpies. Elles enlevaient les viandes qu’on lui servait, et infectaient celles qu’elles laissaient. Volatiliser, c’est enlever. Calaïs, qui est le nom d’une pierre, et Zélés les chassèrent et les confinèrent dans l’Isle Plote, c’est-à-dire, qui flotte ou qui nage, parce que la matière, en se coagulant, forme une Isle flottante, comme celle de Délos, où Latone accoucha de Diane. Les deux fils de Borée sont exprimés dans Basile Valentin en ces termes (12 Clefs, Cl. 6.) « Deux vents doivent alors souffler sur la matière, l’un appelé Vulturnus, ou vent d’Orient, l’autre Notus, ou vent du Midi. Ces vents doivent donc souffler sans relâche, jusqu’à ce que l’air soit devenu eau ; alors ayez confiance, et comptez que le spirituel deviendra corporel, c’est-à-dire, que les parties volatiles se fixeront. » Tous les noms donnés aux Harpies expriment quelque chose de volatil et de ténébreux. Suivant Brochart, Occipetè , qui vole ; Celeno, obscurité, nuage ; Aello, tempête ; d’où il a conclu qu’elles ne signifiaient que des sauterelles. Elles étaient filles de Neptune et de la Terre ; c’est-à-dire, de, la terre et de l’eau mercurielle des Philosophes. On dit les Harpies soeurs d’Isis, et l’on a raison ; puisque Isis n’est autre que les couleurs de l’arc-en-ciel, qui paraissent sur la matière après sa putréfaction, et quand elle commence à se volatiliser. Suivant Apollonius, Phinée était fils d’Agenor, et faisait son séjour sur une côte opposée à la Bithynie. M. l’Abbé Banier le dit fils de Phoenix, Roi de Salmidesse, sans nous apprendre d’où descendait ce Phoenix. Il serait assez difficile que Phinée eût vécu jusqu’au temps des Argonautes, et même qu’il se fût trouvé en Thrace, car il devait s’être écoulé deux siècles, selon le calcul même de M. l’Abbé Banier, depuis Agenor jusqu’à la guerre de Troye ; par conséquent, selon lui, Phinée aurait eu alors au moins 165 ans. Si on le dit petit-fils d’Agenor par Phoenix ce Mythologue ne fera pas moins embarrassé puisqu’il dit (T. III. p. 57.) , d’après Hygin (Fab. 178.), que Phoenix s’établit en Afrique, lorsqu’il cherchait sa soeur Europe. Phinée était aveugle ; ce qui a été ajouté pour marquer la noirceur appelée nuit et ténèbres, puisqu’il est toujours nuit pour un aveugle. Les Harpies ne le tourmentèrent qu’après que Neptune lui eut ôté la vue ; c’est-à-dire, que l’eau mercurielle eut occasionné la putréfaction. Ces monstres, symboles des parties volatiles, avaient des ailes et une figure de femme, pour marquer leur légèreté, puisque, suivant un Ancien ; Quid levius fumo ? flamen. Quid flamme ? ventus. Quid vento ? mulier. Quid mulisre ? nihil. Quand on dit que Phinée était devin, c’est que la noirceur étant la clef de l’oeuvre, elle annonce la réussite à l’Artiste, qui sachant la théorie du reste des opérations, voit tout ce qui arrivera dans la suite. Pour convaincre le Lecteur de la justesse et de la vérité des explications que je viens de donner, il suffit de lui mettre devant les yeux ce que dit Flamel à ce sujet (Explicat. de ses fig. ch. 4.) ; il y verra ces Harpies sous le nom de Dragons ailés ; l’infection et la puanteur qu’elles produisaient sur les mers de Phinée, et enfin leur fuite. Il pourra en faire la comparaison avec les portraits que Virgile (En. I. 3.) et Ovide (Foest. L. 6.) en font ; il en conclura que le nom de Dragon leur convient parfaitement. « La cause pourquoi j’ai peint ces deux spermes en forme de Dragon, dit Flamel, c’est parce que leur puanteur est très grande, comme est celle des Dragons, et les exhalaisons qui montent dans le matras sont obscures, noires et bleues, jaunâtres, ainsi que sont ces Dragons peints ; la force desquels et des corps dissous est si venimeuse, que véritablement il n’y a point au monde de plus grand venin y car il est capable par sa force et sa puanteur de faire mourir et tuer toute chose vivante. Le Philosophe ne sent jamais cette puanteur, s’il ne casse ses vaisseaux ; mais seulement il la juge, telle par la vue et le changement des couleurs qui proviennent de la pourriture de ses confections. » « Au même temps la matière se dissout, se corrompt, noircit et conçoit pour engendrer, parce que toute corruption est génération, et l’on doit toujours souhaiter cette noirceur. Elle est aussi ce voile noir, avec lequel le Navire de Thésée revint victorieux de Crète, qui fut cause de la mort de son père. Aussi faut-il que le père meurt, afin que des cendres de ce Phoenix, il en renaisse un autre, et que le fils soit Roi.» « Certes qui ne voit cette noirceur au commencement de ses opérations, durant les jours de la pierre ! quelle autre couleur qu’il voit, il manque entièrement au magistère, et ne le peut plus parfaire avec ce chaos. Car il ne travaille pas bien, ne putréfiant point, d’autant que si l’on ne pourrit, on ne corrompt ni n’engendre point : et véritablement je te dis derechef, que quand même tu travaillerais sur les vraies matières ; si au commencement, après avoir mis les confections dans l’oeuf Philosophique, c’est-à-dire, quelque temps après que le feu les a irritées, tu ne vois cette tête de corbeau noire du noir très noir, il te faut recommencer. Que donc ceux qui n’auront point ce présage essentiel se retirent de bonne heure des opérations, afin qu’ils évitent une perte assurée.... Quelque temps après, l’eau commence à s’engrossir et coaguler davantage, venant comme de la poix très noire ; et enfin vient corps et terre, que les envieux ont appelée terre fétide et puante. Car alors, à cause de la parfaite putréfaction qui est aussi naturelle que toute autre, cette terre est puante, et donne une odeur semblable au relent des sépulcres remplis de pourritures et d’ossements encore chargés d’humeur naturelle. Cette terre a été appelée par Hermès la terre des feuilles ; néanmoins son plus propre et vrai nom est le laton ou laiton qu’on doit puis après blanchir. Les anciens sages Cabalistes l’ont décrite dans les métamorphoses sous différentes histoires, entre autres sous celle du serpent de Mars qui avait dévoré les compagnons de Cadmus, lequel le tua en le perçant de sa lance contre un chêne creux. » Remarque ce, chêne. On ne peut donc avoir un plus heureux présage dans les quarante premiers jours, que cette noirceur ou Phinée aveugle ; c’est-à-dire, la matière qui dans la première oeuvre avait acquis la couleur rouge, et tant de splendeur et d’éclat, qu’elle avait mérité les noms de Phoenix et de Soleil, se trouve dans le commencement du second, obscurci, éclipsé, et sans lumière ; ce qui ne pouvait être guère mieux exprimé que par la perte de la vue. Phinée avait, dit-on, reçu le don de prophétie d’Apollon ; parce que Phinée était lui-même l’Apollon des Philosophes dans le premier oeuvre, ou la première préparation. Flamel dit positivement que ce que je viens de rapporter de lui doit s’entendre de la seconde opération. « Je te peins donc ici deux corps, un de mâle et l’autre de femelle continue-t-il au commencement du chapitre V, pour t’enseigner qu’en cette seconde opération tu as véritablement, mais non pas encore parfaitement deux natures conjointes et mariées, la masculine et la féminine, ou plutôt les quatre éléments. » Orphée, ou l’inventeur de cette relation du voyage des Argonautes, étant au fait de l’oeuvre. il ne lui fut pas difficile de leur faire dire par Phinée la route qu’ils devaient tenir, et ce qu’ils dévoient faire dans la suite ; aussi le sage et prudent Pilote Orphée les conduit-il au son de sa guitare, et leur dit ce qu’il faut faire pour se garantir des dangers donc ils sont menacés par les Syrtes, les Sirènes, Scylla, Carybde, les Roches Cyanées, et tous les autres écueils. Ces deux derniers sont deux amas de rochers à l’entrée du Pont-Euxin, d’une figure irrégulière, dont une partie est du côté de l’Asie, l’autre de l’Europe ; et qui ne laissent entre eux, selon Strabon (Liv. 7.), qu’un espace de vingt stades. Les Anciens disaient que, ces rochers étaient mobiles, et qu’ils se rapprochaient pour engloutir las vaisseaux, ce qui leur fit donner le nom de Symplegades, qui signifie, qu’ils s’entrechoquaient. Ces deux écueils avaient de quoi étonner nos Héros ; le portrait que leur en avait fait Phinée eût été capable de les intimider, s’il ne leur avait en même temps appris comment ils devaient s’en tirer. C’était de lâcher une colombe de ce coté-là, et si elle volait au-delà, ils n’avaient qu’à continuer leur route, sinon ils devaient prendre le parti de s’en retourner. On ne peut que trop louer l’inventeur de cette fiction, de l’attention qu’il a eut de ne pas omettre presque une seule circonstance remarquable de ce qui se passe dans le progrès des opérations. Lorsque la couleur noire commence à s’éclaircir, la matière se revêt d’une couleur bleue foncée, qui participe du noir et du bleu ; ces deux couleurs, quoique distinctes entre elles, semblent cependant à une certaine distance n’en, former qu’une violette. C’est pourquoi Flamel dit (Loc. cit.) ; « J’ai fait peindre le champ où sont ces deux figures azuré et bleu, pour montrer que la matière ne fait que commencer à sortir de la noirceur très noire. Car l’azuré et bleu est une des premières couleurs que nous laisse voir l’obscure femme, c’est-à-dire, l’humidité cédant un peu à la chaleur et à la sécheresse... Quand la sécheresse dominera, tout sera blanc. » Peut-on ne pas voir dans cette description les roches Cyanées, puisqu’on sait que leur nom même veut dire une couleur bleue noirâtre. Il fallait avant de les traverser y faire passer une colombe par-dessus ; c’est-à-dire, volatiliser la matière ; c’était l’unique moyen, parce qu’on ne peut réussir sans cela. Au-delà des roches Cyanées nos Héros devaient laisser à droite la Bithynie, toucher seulement à l’Isle Thyérée, et aborder chez les Mariandiniens. Les tombeaux des Paphlagoniens, sur lesquels Pélops avait régné autrefois, et dont ils se flattent d’être descendus, ne sont pas loin de là, leur dit Phinée (Apoll. Argon. 1. 2. v. 356. ). Il avait raison ; puisque la matière ne fait alors que quitter la couleur noire, désignée là par Pélops. C’est aussi de cette couleur qui vient de la putréfaction, que les Philosophes ont pris occasion, dit Flamel, de faire leurs allégories des tombeaux, et de lui en donner le nom. A l’opposite vers la grande Ourse s’élevait dans la mer une montagne nommée Carambim, au-dessus de laquelle l’Aquilon excitait des orages. Abraham Juif a employé ce symbole pour signifier la même chose ; on le trouve dans ses figures hiéroglyphiques, rapportées par Flamel : (Explic. des fig. Avant-propos. ) « A l’autre coté du quatrième feuillet, était une belle fleur au sommet d’une montagne très haute, que l’Aquilon ébranlait fort rudement. Elle avait la tige bleue, les fleurs blanches et rouges, les feuilles reluisantes comme l’or fin, à l’entour de laquelle les Dragons et Griffons Aquiloniens faisaient leur nid et leur demeure. » Non loin de là, continue Apollonius le petit fleuve Iris roule ses eaux argentées, et va se jeter dans la mer. Après avoir passé l’embouchure du Termodon, les terres des Calybes, qui sont tous ouvriers en fer, et le promontoire de Jupiter l’hospitalier, vous descendrez dans une Isle inhabitée, de laquelle vous chasserez tous les oiseaux qui y sont en grand nombre. Vous y trouverez un Temple que les Amazones Ottera et Antiope ont fait construire en l’honneur de Mars, après leur expédition. N’y manquez pas, je vous en conjure, car on vous y présentera de la mer une chose d’une valeur inexprimable. De l’autre côté habitent les Philyres, au-dessus les Macrones, puis les Byzeres, et enfin vous arriverez en Colchide. Vous y passerez par le territoire Cytaïque, qui s’étend jusqu’à la montagne de l’Amaranthe, ensuite par les terres qu’arrose le Phasis, de l’embouchure duquel vous apercevez le palais d’AEtes, et la forêt de Mars, où la Toison d’or est suspendue. Voilà toute la route que leur prescrit Phinée, et ce n’est pas à tort qu’il les assure n’avoir rien oublié (Apollonius, 1. 2. v. 392.). Après la couleur noire vient la grise, à laquelle succède la blanche ou l’argent, la Lune des Philosophes ; Phinée l’indique par les eaux argentées du petit fleuve Iris ; il en marque la qualité ignée par le fleuve Thermodon. Après la blanche vient la couleur de rouille de fer, que les Philosophes appellent Mars. Phinée la désigne par la demeure des Calybes ouvriers en fer, par l’Isle et le Temple de Mars élevé par les Amazones Otrera et Antiope, c’est-à-dire, par l’action des parties volatiles fur le fixe, que l’on doit reconnaître au terme d’expédition qui avait précédé. Il fallait chasser de cette Isle tous les oiseaux , c’est-à-dire, qu’il faut fixer tout ce qui est volatil ; car lorsque la matière a acquis la couleur de rouille, elle est absolument fixe, et il ne lui manque plus que de se fortifier en couleur ; c’est pourquoi Phinée dit qu’ils passeront par le territoire Cytaïque, ou de couleur de la fleur de grenade, qui conduit au Mont Amaranthe. On sait que l’amaranthe est une fleur de couleur de pourpre, et qui est une espèce d’immortelle. C’est la couleur qui indique la perfection de la pierre ou du soufre des Philosophes. Toutes ces couleurs sont annoncées en peu de mots par d’Espagnet (Can.53.) : « On doit, dit-il, chercher et nécessairement trouver trois sortes de très belles fleurs dans le Jardin des sages. Des violettes, des lys et des amaranthes immortelles de couleur de pourpre. Les violettes se trouvent dès l’entrée. Le fleuve doré qui les arrose, leur fait prendre une couleur de saphir ; l’industrie et le travail font ensuite trouver le lys, auquel succède insensiblement l’amaranthe. » Ne reconnaît-on pas dans ce peu de mots tout ce voyage des Argonautes ? Que leur restait-il de plus à faire ? Il fallait entrer dans le fleuve Phasis, ou qui porte de l’or. Ils y entrèrent en effet, les fils de Phryxus accueillirent parfaitement nos Héros ; Jason fut conduit à AEtes, fils du Soleil, qui avait épousé la fille de l’Océan, de laquelle il avait eu Médée. Le fils du Soleil est donc le possesseur de ce trésor, et sa petite-fille fournit les moyens de l’acquérir ; c’est-à-dire, que la préparation parfaite des principes matériels de l’oeuvre est achevée ; et que l’Artiste est parvenu à la génération du fils du Soleil des Philosophes. Mais il y a trois travaux pour achever l’oeuvre en entier ; le premier est représenté par le voyage des Argonautes en Colchide ; le second parce que Jason y fit pour s’emparer de la Toison d’or, et le troisième par leur retour dans leur patrie. Nous avons expliqué le premier assez au long pour donner une idée des autres ; c’est pourquoi nous serons plus courts sur les deux suivants. Une infinité d’obstacles et de périls se présentent sur les pas de Jason. Un Dragon de la grandeur d’un navire à cinquante rames est le gardien de la Toison d’or ; il faut le vaincre, et qui oserait l’entreprendre sans la protection de Pallas et l’arc de Médée ? C’est, ce Dragon dont parlent tant de Philosophes, et desquels il suffit de rapporter seulement quelques textes. « Il faut, dit Raymond Lulle (Théor. ch. 6.), extraire de ces trois choses, le grand Dragon, qui est le commencement radical et principal de l’altération permanente. » Et plus bas (chap. 10.) « Par cette raison il faut dire allégoriquement que ce grand Dragon est sorti des quatre éléments. » ( chap. 9. ) « Le grand Dragon est rectifié dans cette liqueur. » ( chap. 52.) « Le Dragon habite dans toutes choses, c’est-à-dire, le feu dans lequel est notre pierre aérienne. Cette propriété se trouve dans tous les individus du monde, (chap. 54.) Le feu contre nature est renfermé dans le menstrue fétide, qui transmue notre pierre en un certain Dragon venimeux, vigoureux et vorace, qui engrosse sa propre mère. » Il est peu de Philosophes qui n’emploient l’allégorie du Dragon : on en trouvera des preuves plus que suffisantes dans tout cet ouvrage. Ce Dragon étant un feu, suivant l’expression de Raymond Lulle, il n’est pas surprenant qu’on ait feint que celui de la Toison d’or en jetait par la bouche et les narines. On ne peut réussir à le tuer, qu’en lui jetant dans la gueule une composition narcotique et somnifère ; c’est-à-dire, qu’on ne peut parvenir à la putréfaction de la matière fixée, que par le secours et l’action de l’eau mercurielle, qui semblent l’éteindre en la dissolvant. Ce n’est que par ce moyen qu’on peut lui arracher les dents, c’est-à-dire, la semence de l’or Philosophique, qui doit être ensuite semée. Chaque opération n’étant qu’une répétition de celle qui l’a précédée, quant à ce qui se manifeste dans le progrès, il est aisé d’expliquer l’une quand on a l’intelligence de l’autre. Celle-ci commence donc, comme la précédente, par la putréfaction ; le genre de mort de ce Dragon, et les accidents qui l’accompagnent sont exprimés dans le Testament d’Arnaud de Villeneuve D’Espagnet dit (Cant. 50.) aussi qu’on ne peut venir à bout du Dragon Philosophique qu’en le baignant dans l’eau. C’est cette eau limpide que Médée donna à Jason. Mais ce n’est pas assez d’avoir tué le Dragon ; des Taureaux se présentent aussi en vomissant du feu ; il faut les dompter par le même moyen, et les mettre sous le joug. J’ai assez expliqué dans le chapitre d’Apis ce qu’on doit entendre par les Taureaux, c’est-à-dire, la véritable matière primordiale de l’oeuvre ; c’est avec ces animaux qu’il faut labourer le champ Philosophique, et y jeter la semence préparée qui y convient. Jason usa du même stratagème pour venir à bout du Dragon et des Taureaux ; mais le principal moyen qu’il employa fut de se munir de la médaille du Soleil et de la Lune. Avec ce pantacule, on est sûr de réussir. C’est dans les opérations précédentes qu’on le trouve ; et il n’est rien dont les Philosophes fassent plus de mention que de ces deux luminaires. A peine les dents du Dragon sont-elles en terre, qu’il en sort des hommes armés qui s’entre-tuent. C’est-à-dire, qu’aussitôt que la semence aurifique est mise sur la terre, les natures fixes et volatiles agissent l’une sur l’autre ; il se fait une fermentation occasionnée par la matière fixée en pierre ; le combat s’engage ; les vapeurs montent et descendent, jusqu’à ce que tout se précipite, et qu’il en résulte une substance fixe et permanence, dont la possession procure celle de la Toison d’or. Virgile parle de ces Taureaux (Georg. 2.) en ces termes : Haec loca non Tauri spirantes naribus ignem Invertere, fatis immanis dentibus hydri, Nec galeïs, densisque virum, seges horruit hastis. Les uns disent que cette Toison était blanche, les autres de couleur de pourpre ; mais la Fable nous apprend qu’elle avait été dorée par Mercure, avant qu’elle fût suspendue dans la forêt de Mars. Elle avait par conséquent passé de la couleur blanche à la jaune, puis à la couleur de rouille, et enfin à la couleur de pourpre. Mercure l’avait dorée, puisque la couleur citrine qui se trouve intermédiaire entre la blanche et la rouillée, est un effet du mercure. Il est à propos de faire remarquer avec Apollonius (Argonaut. 1. 3. v. 996.), que Médée et Ariadne, l’une et l’autre petites-filles du Soleil, fournissent à Thésée et à Jason les moyens de Vaincre les monstres contre lesquels ils veulent combattre. La ressemblance qui se trouve encre les expéditions de ces deux Princes, prouve bien que ces deux fictions furent imaginées en vue du même objet. Ils s’embarquent tous deux avec quelques compagnons, Thésée arrivé trouve un monstre a combattre, le Minotaure ; Jason a aussi des Taureaux à vaincre. Thésée, pour parvenir au Minotaure, est obligé de passer par tous les détours d’un labyrinthe toujours en danger d’y périr ; Jason a une route à faire non moins difficile, à travers des écueils et des ennemis. Ariadne se prend d’amour pour Thésée, et contre les intérêts de son propre père, fournit à son amant les moyens de sortir victorieux des dangers auxquels il doit s’exposer ; Médée se trouve dans le même cas ; et dans une semblable circonstance, elle procure à Jason tout ce qu’il lui faut pour vaincre ; Ariadne quitte son père, sa patrie, et s’enfuit avec Thésée, qui l’abandonne ensuite dans lisle de Naxo, pour épouser Phèdre, dont il eut Hippolyte et Démophoon, après avoir eu, selon quelques Auteurs, OEnopion et Staphilus d’Ariadne. Médée se sauve aussi avec Jason, qui en ayant eu deux enfants, la laissa pour prendre Créuse. Les enfants des uns et des autres périrent misérablement comme leurs mères ; Thésée mourut précipité du haut d’un rocher dans la mer, Jason périt sous les ruines de la Navire Argo. Médée abandonnée de Jason épousa Egée, Ariadne Bacchus. Il est enfin visible que ces deux fictions ne sont qu’une même chose expliquée par des allégories, dont on a voulu varier les circonstances pour en faire deux différentes histoires. Si les Mythologues voulaient se donner la peine de réfléchir sur cette ressemblance, pourraient-ils s’empêcher d’ouvrir les yeux sur leur erreur ; et se donneraient-ils tant de peines pour rapporter à l’histoire, ce qui n’est palpablement qu’une fiction toute pure ? Ce ne sont pas les deux seules fables qui aient un rapport immédiat ; celle de Cadmus ne ressemble pas moins à celle de Jason. Même Dragon qu’il faut faire périr, mêmes dents qu’il faut semer, mêmes hommes armés qui en naissent et s’entre-tuent : là est un Taureau que Cadmus suit ; ici des Taureaux que Jason combat. Si l’on voulait enfin rapprocher toutes les Fables anciennes, on verrait sans peine que j’ai raison de les réduire toutes à un même principe, parce qu’elles n’ont réellement qu’un même objet.
Livre du langage analogique d’Hermès : Les Fables Égyptiennes et Grecques par Dom Antoine-Joseph Pernety
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