Livre d’Alchimie et d’ésotérisme les fables Égyptiennes et Grecques par Dom Antoine-Joseph Pernety. Chapitre IX : Canope, suite. J’omets la description de ce superbe monument ; on peut la voir dans les Auteurs cités ; je dirai seulement avec eux, qu’entre les peintures et les sculptures placées sur un des côtés de ce fameux péristyle, on voyait Simandius offrant aux Dieux l’or et l’argent qu’il faisait tous les ans ; la somme en était marquée, et montait à 131.200.000.000 mines, suivant le même Diodore. Auprès de ce monument on voyait la Bibliothèque Sacrée, sur la porte de laquelle était écrit REMEDE DE L’ESPRIT. Sur le derrière était une belle maison, où l’on voyait 20 couffins ou petits lits dressés, pour Jupiter et Junon, la statue du Roi et son tombeau. Autour étaient distribués divers appartements ornés de peintures, qui représentaient tous les animaux révérés en Egypte, et tous semblant diriger leurs pas vers le tombeau. Ce monument était environné d’un cercle d’or massif, épais d’une, coudée, et sa circonférence était de 365. Chaque coudée était un cube d’or, et marquée par des divisions. Sur chacune étaient gravés les jours, les années, le lever et le coucher des Astres, et tout ce que cela signifiait suivant les observations astrologiques des Egyptiens. Ce cercle fut enlevé, dit-on, du temps que Cambyse et les Perses régnèrent en Egypte. Ce que nous venons de rapporter de la magnificence de Simandius, montre assez, tant par la matière dont ces choses étaient faites, que par la forme qu’on leur donnait, pour quelle raison et à quel dessein on les avait ainsi faites. Quelque interprétation que les Historiens puissent y donner, comment pourront-ils supposer que Simandius ait pu tirer, soit des mines, soit des impôts une si prodigieuse quantité d’or ? Et quand on pourrait le supposer, Simandius aurait-il eu droit de s’en faire une gloire particulière, et d’en parler comme de son ouvrage ? Si les autres Rois avaient le même revenu, ils pouvaient s’en glorifier comme lui. Il y eût eu de la folie à faire graver sur son tombeau qu’il ne tenait ces richesses que de ses exactions, et de la puérilité à faire marquer la somme des richesses qu’il tirait annuellement de la terre. Une si grande somme paraît à la vérité incroyable ; mais elle ne l’est pas à ceux qui savent ce que peut transmuer un gros de poudre de projection multipliée en qualité au-tant qu’elle peut l’être. L’inscription mise au-dessus de la porte de la Bibliothèque, annonce combien la lecture est utile ; mais elle ne paraît y avoir été placée que pour marquer le trésor qui y était renfermé ; c’est-à-dire, les livres que les égyptiens appelaient sacrés, ou ceux qui contenaient en termes allégoriques, et en caractères hiéroglyphiques toute la Philosophie Hermétique ou l’art de faire l’or, et le remède pour guérir toutes les maladies ; puisque la possession de cet art fait évanouir la source de toutes les maladies de l’esprit, l’ambition, l’avarice, et les autres passions qui le tyrannisent. Cette science étant celle de la Sagesse, on peut dire avec Salomon (Sap. 7.), l’or n’est que du sable vil en comparaison de la sagesse, et l’argent n’est que de la boue. Son acquisition vaut mieux que tout le commerce de l’or et de l’argent ; son fruit plus précieux que toutes les richesses du monde : tout ce qu’on y désire ne peut lui être comparé. La santé et la longueur de la vie est à sa droite (Prov. c. 3.), la gloire et des richesses infinies sont à sa gauche. Ses voies sont des opérations belles, louables et nullement à mépriser ; elles ne se font point avec précipitation ni à la hâte, mais avec patience et attention pendant un long travail : c’est l’arbre de vie à ceux qui la possèdent et heureux sont ceux qui l’ont en leur pouvoir ! On explique communément ces paroles, de la sagesse et de la piété, mais quoiqu’on possède tout quand on possède Jésus-Christ, et que l’on est fidèle à observer sa loi, l’expérience de tous les temps nous démontre que la santé, la longueur de la vie, la gloire et les richesses ne sont pas l’apanage de tous les Saints. Pourquoi Salomon ne l’aurait-il pas dit de la sagesse Hermétique, puisque tout y convient parfaitement, et en est proprement la définition ? Le huitième Roi d’Egypte après Simandius, ou Smendes, appelé aussi Osymandnas, fut Uchorens, suivant Diodore (Lib. I. p. 2. c. I.), que je me suis proposé de suivre. Il fit bâtir Memphis, lui donna cent cinquante stades de circuit, et la rendit la plus belle ville de l’Egypte, les Rois ses successeurs la choisirent pour leur séjour. Miris, le douzième de sa race, régna dans la suite, et fit construire à Memphis le vestibule septentrional du temple, dont la magnificence n’était point inférieure à ce qu’avaient fait ses prédécesseurs. Il fit aussi creuser le lac Moeris de trois mille six cents stades de tour, et de cinquante brasses de profondeur, afin de recevoir les eaux du Nil, lorsqu’elles débordaient avec trop d’abondance, et de pouvoir les distribuer dans les champs des environs, quand les eaux manquaient d’inonder le pays. Chaque fois qu’on donnait issue ou entrée à ces eaux, il en coûtait cinquante talens. Au milieu de cette espèce de lac, Miris fit élever un mausolée à deux pyramides de la hauteur d’une stade chacune, l’une pour lui, l’autre pour son épouse, à laquelle il accorda pour sa toilette, tout le produit de l’impôt mis sur le poisson qui se pêchait dans ce lac. Sur chaque pyramide était une statue de pierre, assise sur un trône, le tout d’un ouvrage exquis. Sésostris prit ensuite la couronne, et surpassa tous ses prédécesseurs en gloire et en magnificence. Après qu’il fut né, Vulcain apparut en songe à son père, et lui dit que Sésostris son fils commanderait à tout l’Univers. Il le fit en conséquence élever avec nombre d’autres enfants du même âge ; l’obligea aux mêmes exercices fatigants, et ne voulut pas qu’il eût d’autre éducation qu’eux, tant afin que la fréquentation les rendît plus liés, que pour l’endurcir au travail. Pour se concilier l’attachement de tout le monde, il employa les bienfaits, les présents, la douceur, l’impunité même à l’égard de ceux qui l’avaient offensé. Assuré de la bienveillance des chefs et des soldats, il entreprit cette grande expédition, dont les Historiens nous ont conservé la mémoire. De retour en Egypte il fit une infinité de belles choses à grands frais, afin d’immortaliser son nom. Il commença par construire dans chaque ville de ses Etats un temple magnifique en l’honneur du Dieu qui y était adoré ; et fit mettre une inscription dans tous les temples, qui annonçait à la postérité qu’il les avait fait tous élever à ses frais, sans avoir levé aucune contribution sur ses peuples. Il fit amonceler des terres en forme de montagnes, bâtir des villes sur ces élévations, et les peupla des habitants qu’il tira des villes basses, trop exposées à être submergées dans les débordements du Nil. On creusa par ses ordres un grand nombre de canaux de communication, tant pour faciliter le commerce, que pour défendre l’entrée de l’Egypte à ses ennemis. Il fit construire un navire de bois de cèdre, long de 280 coudées, tout doré en dehors, et argenté en dedans, qu’il offrit au Dieu qu’on révérait particulièrement à Thèbes. Il plaça dans le temple de Vulcain à Memphis sa statue et celle de son épouse, faites d’une seule pierre, haute de trente coudées, et celles de ses enfants hautes de vingt. Il s’acquit enfin tant de gloire, et sa mémoire fut en telle vénération, que plusieurs siècles après, Darius, père de Xerxès, ayant voulu faire placer sa statue avant celle de Sésostris dans le temple de Memphis, le Prince des Prêtres s’y opposa, en lui représentant qu’il n’avait pas encore fait tant et de si grandes choses que Sésostris. Darius, loin de se fâcher de la liberté du Grand Prêtre, lui répondit qu’il donnerait tous ses soins pour y parvenir, et que si le ciel lui conservait la vie, il ferait en sorte de ne lui céder en rien. Sésostris ayant régné trente-trois ans mourut, et son fils qui lui succéda, ne fit rien de remarquable en fait de magnificence, sinon deux obélisques chacun d’une même pierre, haute de cène coudées et large de huit, qu’il fit dresser en l’honneur du Dieu d’Héliopolis, c’est-à-dire, du So-leil ou d’Horus. Hérodote (L.2.c.3.) nomme Pheron ce fils de Sésostris, et lui donne Prothée pour successeur, au lieu que Diodore en met plusieurs entre eux, et n’en nomme aucun jusqu’à Amasis, qui eut pour successeur Actisanes Ethiopien, ensuite Ménides, que quelques-uns appellent Marus. C’est lui qui fit faire ce célèbre labyrinthe, dont Dédale fut si enchanté, qu’il en construisit un semblable à Crète pendant le règne de Minos. Ce dernier n’existait plus du temps de Diodore, et celui d’Egypte subsistait dans tout son entier. Cétès, que les Grecs nomment Prothée, régna après Ménide, Cétès était expert dans tous les arts. C’est le Prothée des Grecs, qui se changeait en toutes sortes de figures, et qui prenait les formes tantôt de lion, puis de taureau, de dragon, d’arbre, de feu. Nous expliquerons pourquoi dans les livres suivants. Le neuvième qui porta la couronne en Egypte après Prothée, fut Chembis, qui régna 50 ans, et fit élever la plus grande des trois pyramides, que l’on met au nombre des merveilles du monde. La plus grande couvre de sa base sept arpents de terrain, sa hauteur en a six, et sa largeur de chacun des quatre côtés, qui diminue à mesure que la pyramide s’élève, a soixante-cinq coudées. Tout l’ouvrage est d’une pierre extrêmement dure, très difficile à travailler. On ne peut revenir de l’étonnement qui saisit à la vue d’un édifice si admirable. Quelques-uns assurent, continue Diodore, qu’il y a plus de trois mille ans que cette masse énorme de bâtisse a été élevée, elle subsiste néanmoins encore dans tout son entier. Ces Pyramides sont d’autant plus surprenantes, qu’elles sont dans un terrain sablonneux, fort éloigné de toutes sortes de carrières, et que chaque pierre de la plus grande de ces Pyramides n’avait pas moins de trente pieds de face. Selon le rapport d’Hérodote (Lib.2.). La tradition du pays était qu’on avait fait transporter ces pierres des montagnes de l’Arabie. Une inscription gravée sur cette Pyramide apprenait que la dépense faite en oignons, ails et raves donnés pour vivre aux ouvriers qui avaient travaillé à sa construction, montait à seize cents talens d’or ; que trois cents soixante mille hommes y furent employés pendant vingt ans, et qu’il en coûta douze millions d’or pour transporter les pierres, les tailler et les poser. Suivant Ammien Marcellin on ne fit pas moins de dépenses pour le Labyrinthe. Combien en dût-il coûter, dit Hérodote, pour le fer, les vêtements des ouvriers, et les autres choses requises ? Chabrée et Mycerin qui régnèrent après Chembis, firent aussi élever des Pyramides superbes, avec des frais proportionnés, mais immenses, Bocchorus vint ensuite ; Sabachus, qui abdiqua la couronne, et se retira en Ethiopie. L’Egypte après cela fut gouvernée par douze Pairs pendant quinze ans, au bout desquels un des douze nommé Psammeticus se fit Roi. Il attira le premier les étrangers en Egypte (Herodot. I. 2. c. 154.), et leur procura toute la sûreté dont ils n’avaient point joui sous ses prédécesseurs, qui les faisaient mourir, ou les réduisaient en servitude. La cruauté que les Egyptiens exercèrent envers les étrangers sous le règne de Busiris, donna occasion aux Grecs, dit Diodore, d’invectiver contre ce Roi, de la manière qu’ils l’ont fait dans leurs fables, quoique roui ce qu’ils en rapportent soit contraire à la vérité. Après la mort de Psammericus commença la quatrième race des Rois d’Egypte, c’est-à-dire, d’Apries, qui ayant été attaqué par Amasis, chef des Egyptiens révoltés, fut pris et étranglé. Amasis fut élu à sa place environ l’an du monde 3390, qui fut celui du retour de Pythagore dans la Grèce sa patrie. Pendant le règne du successeur d’Amasis, Cambyses, Roi de Perse, subjugua l’Egypte vers la troisième année de la soixante-troisième Olympiade. Des Ethiopiens, des Perses, des Macédoniens portèrent aussi la couronne d’Egypte ; et parmi ceux qui y ont régné, on compte six femmes. Quelques réflexions sur ce que nous avons rapporté d’après Diodore, ne seront pas hors de propos. Les superbes monuments que le temps avait détruits, ou qui subsistaient encore lorsque cet Auteur fut en Egypte ; les frais immenses avec lesquels on les avait élevés ; l’usage de choisir les Rois dans le nombre des Prêtres, et tant d’autres choses qui se présentent à l’esprit, sont des preuves bien convaincantes de la science Chymico-Hermétique des Egyptiens. Diodore parle en Historien, et ne peut être suspect quant à cet Art sacerdotal, à cette Chymie qu’il ignorait, selon les apparences, avoir été en vigueur dans ce pays-là. Il ne soupçonnait même pas qu’on pût avoir de l’or d’ailleurs que des mines. Ce qu’il dit (Rer. Antiq. 1.3. c. 2.) de la manière de le tirer des terres frontières de l’Arabie et de l’Ethiopie ; le travail immense qui était requis pour cela, le grand nombre de personnes qui y étaient occupées, donne assez à entendre qu’il ne croyait pas qu’on en tirât d’ailleurs. Aussi n’avait-il pas été initié dans les mystères de ce pays. Il ne paraît même pas qu’il ait eu une liaison particulière avec les Prêtres. Il ne rapporte que ce qu’il avait vu ou appris de ceux qui, comme lui, n’y soupçonnaient sans doute rien de mystérieux : il avoue cependant quelquefois, que ce qu’il rapporte a tout l’air de fable ; mais il ne s’avise pas de vouloir pénétrer dans leur obscurité. Il dit que les Prêtres conservaient inviolablement un secret qu’ils se confiaient successivement. Mais il était du nombre de ceux qui pensaient voir clair où ils ne voyaient goutte ; et qui s’imaginaient que ce secret n’avait d’autre objet que le tombeau d’Osiris, et peut-être ce qu’on entendait par les cérémonies du culte de ce Dieu, de Vulcain et des autres. S’il avait fait attention au culte particulier que l’on rendait à Osiris, Isis, Horus, qui ne passaient que pour des hommes ; celui de Vulcain, dont tous les Rois se firent un devoir d’embellir le temple à Memphis, les cérémonies particulières que l’on observait dans ce culte ; que les Rois étaient appelés Prêtres de Vulcain, pendant que chez les autres Nations, Vulcain était regardé comme un misérable Dieu, chassé du ciel à cause de sa laide figure, et condamné à travailler pour eux. Si Diodore avoir réfléchi sur l’attention qu’avaient les Rois d’Egypte avant Psamméticus, d’empêcher l’entrée de leur pays aux autres Nations, il aurait vu sans peine qu’ils ne le faisaient pas sans raisons. Le commerce des étrangers, pouvant apporter dans l’Egypte les richesses abondances qu’il porte dans les autres pays, il y eût eu de la folie aux Egyptiens de l’interdire, Diodore convient cependant avec tous les Auteurs, que les Egyptiens étaient les plus sages de tous les Peuples ; et cette idée ne peut convenir à ces puérilités introduites dans leur culte, à moins qu’on ne suppose qu’elles renfermaient des mystères sublimes, et conformes à l’idée que l’on avait de leur haute sagesse. Puisque le commerce ne portait en Egypte ni l’or, ni l’argent, ils avaient sans doute une autre ressource pour trouver ces métaux chez eux : mais en supposant avec Diodore qu’on tirait au moins l’or d’une terre noire, et d’un marbre blanc ; peut-on penser qu’ils en fournissaient assez pour ces dépenses excessives que les Rois firent pour la construction de ces merveilles du monde ? ces métaux pouvaient-ils devenir assez communs pour que le peuple en eût cette abondance, donc l’écriture fait mention, au sujet de la suite des Hébreux de l’Egypte ? Si ces mines avaient été si riches, eût-il fallu tant de travail pour les exploiter ? Je serais tenté de croire que Diodore ne parle de ces mines que par ouï dire. Cette terre noire, ce marbre blanc d’où l’on tirait de l’or, m’ont bien l’air de n’être autres que la terre noire et le marbre blanc des Philosophes Hermétiques ; c’est-à-dire, la couleur noire, de laquelle Hermès et ceux qu’il avait instruits, savaient tirer l’or Philosophique. C’était là le secret de l’Art sacerdotal, de l’Art des Prêtres d’où l’on tirait les Rois ; aussi Diodore dit-il que l’invention des métaux était fort ancienne chez les Egyptiens, et qu’ils l’avaient apprise des premiers Rois du pays. Que les Métallurgistes de nos jours suivent dans le travail des mines la méthode que Diodore détaille si bien, et qu’ils nous disent ensuite quelle réussite aura eu leur travail. Le P. Kircher sentait bien son insuffisance, et l’impossibilité de la chose, lorsque, pour prouver que la Philosophie Hermétique ou l’art de faire de l’or n’était pas connu des Egyptiens, il apporte le témoignage de Diodore en preuve que ces peuples le tiraient des mines, et se voit enfin obligé de recourir à un secret qu’ils avaient de tirer ce métal de toutes sortes de matières. Ce secret suppose donc que l’or se trouve dans tous les mixtes. Les Philosophes Hermétiques disent, il est vrai, qu’il y est en puissance ; c’est pourquoi leur matière, selon eux, se trouve partout, et dans tout ; mais le P. Kircher ne l’entendait pas dans ce sens là : et le secret d’extraire en réalité l’or de tous les mixtes est une supposition sans fondement. La science Hermétique, l’Art sacerdotal, était la source de toutes ces richesses des Rois d’Egypte, et l’objet de ces mystères si cachés sous le voile de leur prétendue Religion. Quel autre, motif aurait pu les engager à ne s’expliquer que par des hiéroglyphes ? une chose aussi essentielle que la Religion demande-t-elle à être enseignée par des figures inintelligibles à d’autres qu’aux Prêtres ? Que le fond de la Religion ou plutôt l’objet soit des mystères, il n’y a rien d’étonnant : tout le monde sait que l’esprit humain est trop borné pour concevoir clairement tout ce qui regarde Dieu et ses attributs ; mais loin de vouloir les rendre encore plus incompréhensibles en les présentant sous les ténèbres presque impénétrables des hiéroglyphes. Hermès et les Prêtres qui se proposaient de donner au peuple la connaissance de Dieu, auraient pris des moyens plus à sa portée, ce qui ne s’accordait en aucune façon, et qui eût été même contradictoire avec ce secret qui leur avait été recommandé, et qu’ils gardaient si inviolablement. C’eût été prendre précisément les moyens de ne pas réussir dans leur dessein. Je sais que de quelques-unes des fables Egyptiennes on pouvait former un modèle de morale ; mais les autres n’y convenaient nullement. Il y a donc grande apparence qu’elles avaient un autre objet que celui de la Religion. On a inventé une infinité de systèmes pour expliquer et les hiéroglyphes et les fables ; M. Peluche (Hist. du Ciel.), en suivant les idées de quelques autres, a prétendu qu’ils n’avaient d autres rapports qu’avec les saisons, et qu’ils n’étaient que des instructions que l’on donnait au peuple pour la culture des terres : mais quelle connexion peut avoir cela avec tous ces superbes monuments, ces richesses immenses dont nous avons parlé, ces Pyramides où les Auteurs nous assurent que les anciens Philosophes Grecs puisèrent leur Philosophie? Ces sages y voyaient donc ce que les inventeurs de ces hiéroglyphes n’avaient pas eu dessein d’y mettre, disons plutôt que les fabricateurs du système de M. Peluche n’y voyaient eux-mêmes goutte. Un peuple qui n’eut été occupé que de la culture des terres, et qui n’exerçait aucun commerce avec les autres Nations, aurait-il trouvé, en labourant, ces trésors qui fournissaient à tant de dépenses ? Comment M. Peluche adaptera-t-il ce secret si recommandé à son système ? y aurait-il eu du mystère à représenter hiéroglyphiquement, ce que l’on aurait ensuite expliqué ouvertement à tout le monde ? Peut-on en même temps cacher et découvrir une même chose ? C’eût été le secret de la comédie. Il n’est pas vraisemblable que l’on eût non seulement fait un mystère de ce que tout le monde savait, mais qu’on eût défendu sous peine de la vie de le divulguer. Voyons quelques-uns de ces hiéroglyphes, et par les explications que nous en donnerons tirées de la Philosophie Hermétique, on aura lieu de se convaincre de l’illusion de M. Peluche et de tant d’autres.
Livre du langage analogique d’Hermès : Les Fables Égyptiennes et Grecques par Dom Antoine-Joseph Pernety
Le double Ka Égyptien
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