L'alchimie d'Hermès, la haute science de l'analogie. Le livre du Filet d'Ariadne.
Le Filet D'ariadne Pour entrer avec sureté dans le labyrinthe de la philosophie hermétique. Chapitre IV. Du Feu. Après avoir amplement traité de la matière de la Pierre et du choix qu'on devait en faire, et encore du mercure des Sages, qui sont deux des principales clefs de tout l'ouvrage, même réfuté quelques opinions erronées ; il reste maintenant à parler du feu, qui est la troisième et dernière principale clef, que les Philosophes n'ont point enseignée, que sous des termes forts obscurs et énigmatiques ; disons que comme il ne se fait aucunes générations en ce monde sans Soleil, de même sans le feu qui est le plus pur des éléments, et qui ne souffre point la corruption, lequel les Sages nomment leur Soleil, rien ne se fait et ne peut faire en cet Art. Sans le feu la matière demeure inutile dans la main de l'Artiste, et le mercure Philosophal n'est qu'une chimère qui n'a de substance que dans son imagination, et qu'il ne peut réduire en acte. Tout homme a ce Soleil élémentaire en sa disposition, duquel il peut se servir à son plaisir, lui donnant tantôt plus et tantôt moins de chaleur, afin d'en régler les degrés selon ses désirs, et selon qu'il les juge nécessaires aux opérations qu'il veut faire réussir ; mais de trouver ce degré proportionné au fourneau et à la matière qui est dans l'œuf, c'est ce qui est très difficile. Arthéphius l'a enseigné fort obscurément, et Sendivogius en a plus parlé que des autres parties de l'ouvrage, et plus dit lui seul que tous les Philosophes ensemble. Quand donc un homme ne sait pas donner la proportion du feu, il travaille toujours inutilement et sans aucun fruit ; sans cela, c'est-à-dire, sans cette troisième clef, il ne peut jamais entrer dans le parterre des Philosophes, à la porte duquel elles sont attachées toutes trois, mais si haut, qu'il n'y a que les grands hommes qui puissent y atteindre ; et si quelqu'un voulait franchir les murs, il ne manquerait jamais de se tuer, à cause de leur grande hauteur, et de la profondeur du terrain. Avançons et tachons d'avoir cette troisième clef, puisque nous avons déjà les deux autres, et que sans elle nous ne pouvons rien faire. Et pour prendre les choses de loin, afin que rien ne manque à notre instruction disons. Que la nature ne peut rien faire que par un grand temps, quoiqu'elle peut détruire une chose en peu. Que dans ses œuvres elle a certaines bornes qu'elle ne peut outrepasser, et qu'elle contient aussi en soi tout ce dont elle a besoin pour ses opérations et ses productions ordinaires. Elle engendre bien les métaux mais non pas les teintures, quoiqu'elle les contienne, et qu'en elle elles soient cachées, mais le fils du mercure et du soufre en est tout rempli, et c'est de lui seul qu'on en doit espérer de fixes et d'invariables. La Nature a une propension à perfectionner tous ses ouvrages, mais elle ne peut d'elle-même leur donner qu'une simple perfection, d'autant qu'elle agit toujours simplement, si l'Artiste ne lui prête son secours, et n'agît de concert avec elle. Or le moyen dont l'Art ou l'Artiste se sert pour l'aider, n'est autre chose que la chaleur convenable, qui ne se trouve que dans le feu. Les Philosophes ont accusé plusieurs feux dans leurs écrits, savoir celui du fient de cheval, du bain-marie, et celui du charbon, pour détourner les idiots du droit chemin, lesquels prenants leurs dires à la lettre, se sont servis de tous, sans avoir pu rencontrer quoi que ce soit, et sans considérer que tous ces grands hommes et ces maîtres de l'Art, ne parlent jamais que par énigmes, métaphores et similitudes ; car toutes ces chaleurs et ces feux ne pouvant longtemps durer dans un même degré et même tempérament, doivent être rejetés, d'autant qu'il faut absolument que le feu propre à faire la coction du mercure et le changement des éléments ou qualités élémentaires, les unes dans les autres, soit un feu égal, continuel et approchant de celui dont la Nature se sert pour la procréation des métaux. Or il n'y a que le feu de lampe qui puisse faire cela, et avoir les qualités nécessaires pour faire un si bel ouvrage, c'est pourquoi il est nommé le feu philosophique, le feu secret et de génération ; et en effet, ce feu est un des plus grands secrets de l'A rt. Ce feu de lampe ne peut être égal et continuel, qu'avec un grand soin et une grande peine, si on se sert de la mèche ordinaire ; c'est-à-dire, de coton, d'autant qu'il faudrait que l'Artiste veillât continuellement et sans intermission, et que très souvent il fût obligé de tirer une lampe, et d'en remettre à l'heure même dans le fourneau, autrement elle pourrait s'éteindre, à cause que la mèche se consumant fait en peu de temps des champignons, qui font languir au commencement, et ensuite étouffent le feu ; ce qui serait un travail insurmontable et plus qu'Herculéen. Mais pour soulager l'Artiste et lui donner courage, il se peut exempter de toutes ces peines, se servant de la mèche incombustible, qui se fait avec le Talc de Venise, ou l'Alun de plume, l'Amiante, ou bien le Sel gemme préparés comme il faut, et pour tout travail, il ne restera que celui de ne point laisser manquer d'huile à sa lampe : ce qui est facile à faire, puisque cette lampe doit être de celles de l'invention de Cardan, qui se fournit d'huile elle-même, et qui en contient plus que le feu n'en peut consumer en vingt-quatre heures. Par ce moyen il aura la liberté d'aller prendre l'air, et vaquer à ses affaires, s'il lui en est survenu, sans avoir la moindre inquiétude pour son travail et son ouvrage. Et si ce feu n'était pas continuel, c'est-à-dire, s'il était éteint et que la matière fut refroidie, et ainsi eut manqué de sa nourriture ordinaire, l'Artiste le plus éclairé du monde ne pourrait rétablir son ouvrage par quelque artifice que ce pût-être. La raison en est, que la pierre est engendrée dans le feu, et par le feu, qu'il est sa vie et sa nourriture ; et quand il est éteint, la pierre meure en même temps, et ne se peut plus revivifier ; c'est pourquoi il serait obligé de recommencer à faire d'autre mercure Philosophal, et aussi le surplus des opérations qu'il aurait ci-devant faites. Les Philosophes distinguent prudemment deux feux, et disent que la matière qui est leur mercure, a son feu interne et central, et que ce feu seul ne suffit pas pour sa coction parfaite, mais a besoin de la chaleur du feu élémentaire pour mettre en mouvement la chaleur de son feu naturel assoupi et engourdi ; c'est ce que doit administrer ou fournir l'Art ou l'Artiste, non pas dans une cour ou jardin, ou bien tel autre lieu exposé à l'air, comme on est obligé de faire en quelques opérations Chymiques, parce que l'air souffre souvent diverses altérations par un froid excessif, par une trop grande abondance d'humidité, ou telles autres qualités, qui sans doute feraient impression sur cette matière très délicate, et ainsi détruiraient entièrement l'ouvrage : c'est pourquoi il faut être à couvert. Et le fourneau Philosophal est le lieu le plus propre pour cela, c'est là dedans que la pierre se dissout, se calcine, se coagule, se blanchit, se rougit, et reçoit commodément sa dernière perfection par la seule opération du feu, qui fait toute sa coction, et tout ce qui est nécessaire à ce divin ouvrage. Il ne faut aussi mettre ce fourneau dans un lieu obscur, d'autant que l'Artiste doit voir commodément tout ce qui se passe au-dedans, par le moyen de quelques petites fenêtres vitrées qu'on y a faites exprès. Ce feu doit être égal, modéré, continuel, et proportionné à la qualité de la matière, laquelle proportion secrète dépend de la prudence de l'Artiste, qu'un Philosophe dit être artificiel à trouver ; et lequel feu, tous les Philosophes disent devoir être doux lent et du premier degré. Nous enseignerons ci-après divers moyens infaillibles pour le rencontrer ; mais il ne suffit pas d'avancer ces paroles en un point de si grande importance, sans l'autoriser par la raison et le témoignage le plus sincère des Philosophes. Une des principales raisons est, que l'intention de l'Art est de faire une Médecine qui contienne en soi les quatre qualités élémentaires dans un tempérament d'égalité, et conséquemment qu'il faut conserver la froideur de l'eau, qui doit dominer en ce commencement ; ce qui ne se peut faire que par un feu très lent, par un feu doux, tempéré et continuel, qui puisse seulement mettre la Nature en mouvement, et insensiblement dessécher l'humidité superflue de l'eau ; et si on faisait un plus grand feu, on consumerait cette froideur si nécessaire à conserver, et rien ne se dissoudrait et ne se coagulerait, parce que le grand feu est ennemi capital de la froideur, mais ce feu doux et modéré du premier degré, est le seul propre à conserver cette qualité, à dissoudre le compost ; et enfin à faire réussir ce bel ouvrage. La seconde raison, c'est que la pierre en son commencement est en partie fixe, et en partie volatile, et participe plus du volatile que du fixe, ainsi il faut se servir d'un feu doux et lent, pour vaincre peu à peu cette volatilité surabondante, en cuisant doucement la pierre, l'accoutumant insensiblement à souffrir le feu, qui de sa nature est sec, et par ces qualités dessèche son humidité superflue sans altérer tant soit peu sa froideur, et la dispose à ne plus craindre aucun feu ; d'où on peut conclure, que par un grand feu on ne conserverait pas la froideur, on brûlerait les fleurs très tendres du compost, et le vaisseau se romprait par la violence des esprits subtils et trop agités, qui seraient contraint de se faire passage, et le tout serait perdu sans aucune ressource. Tous les Philosophes sont de ce même sentiment, qu'il faut se servir de ce feu lent et tempéré, parce qu'il n'y a que celui-là seul qu'ils ont éprouvé capable d'extraire les humidités corrompantes sans aucune lésion des qualités du compost, recommandant toujours de ne s'ennuyer pas de la longueur du travail, et blâmant la précipitation. Le seul témoignage d'Hermès, outre que dessus, devrait suffire pour notre conviction, sans rapporter ici ceux des autres Philosophes ; néanmoins je ne laisserai pas de le faire, afin qu'il ne reste pas dans l'esprit de ceux qui liront ce petit ouvrage, le moindre doute de cette vérité, que je n'ai avancé qu'après en être pleinement convaincu moi-même. Hermès dit : Tu sépareras la terre d'avec le feu, c'est-à-dire d'avec l'esprit ce qu'il explique lui-même, ajoutant le subtil de l'épais doucement et suavement, et avec une grande conduite. Il ne pouvait pas mieux exprimer le premier degré du feu, qui fait cette séparation dans l'œuf Philosophal, élevant doucement le subtil, qui est la substance spirituelle, et laissant la terre au fond ; ce qui n'arriverait pas, si on faisait un grand feu, car l'épais ou le terrestre monterait avec l'esprit ou le subtil, et tout se perdrait dans cette confusion faute de conduite et de jugement. Au Livre de Saturne, il est dit ; que celui qui gouverne son travail par un feu long peut arriver au secret, d'autant que faisant ainsi, les qualités les plus délicates de la matière sont conservées dans leur entier, et que la matière ne se vitrifie pas, mais demeure toujours en état d'être dissoute, calcinée, etc. Gallicanus, Morienus, Geber, Artéphius, et les autres, disent la même chose. Mais il ne suffit pas que ce feu soit lent et tempéré : il faut, comme j'ai dit ci-dessus, qu'il soit encore égal et continuel, c'est ce qu'enseigne Morien, disant : prenez bien garde d'oublier aucun de ses jours et faites que votre feu soit doux et tempéré, et qu'il brûle toujours également. Pour trouver ce feu, il faut consulter la Nature qui fait ses opérations dans la terre par la continuelle et douce chaleur du Soleil. On doit aussi prendre exemple sur la poule qui couve ses œufs et les fait éclore par sa seule chaleur, (au sentiment Arnauld de Villeneuve) que l'Artiste doit plutôt imiter que la première, d'autant que la Nature a besoin de plusieurs siècles pour faire les métaux, à cause de la trop grande lenteur de la chaleur dont elle se sert, et que l'Elixir est réduit en peu de temps en sa dernière perfection, ce qui ne procède que de la diversité de la chaleur et de la coction ; c'est pourquoi l'Art avance son travail bien plutôt que la Nature. Ce feu tempéré et du premier degré, se peut trouver en tenant la main par un longtemps dans le fond de l'écuelle, sans se brûler et souffrir aucune lésion, ou bien mettant des œufs dans l'écuelle où seront les cendres préparées ; et si dans le temps prescrit par la Nature, il vient à éclore des poussins, cela sera bien, et vous aurez le premier degré du feu qui vous est nécessaire, suivant le sentiment de ce Philosophe: Pullifica concoctione focers non definit donec, etc. Et s'ils n'éclosent pas dans le dit temps, ou le feu est trop faible, ou bien il est trop fort, et aura brûlé le germe, et les aura cuit ; ce que vous connaîtrez en les cassant, de sorte qu'il ne sera question que de régler ce feu sur l'un de ces défauts. De même, si la noirceur ne paraît pas dans quarante ou quarante-deux jours, ou au plus cinquante-deux, c'est signe que le feu est trop faible et qu'il le faut augmenter, et continuant toujours ce même feu, par son retardement vous jugerez avec certitude de l'augmentation qui lui est nécessaire. Et quand les Philosophes disent, que le feu est trop faible, que la matière se morfond, c'est une de leur manière de parler, qui veut dire que le feu doit être augmenté, ou autrement qu'il fera longtemps, comme la Nature, à réduire son ouvrage dans l'état qu'on le désire. Ainsi on voit qu'il n'y a point de péril à faire le feu faible, et qu'il y en a à le faire trop fort, et qu'il est mieux d'éviter ces deux extrémités. Voici un autre moyen, qui est d'échauffer premièrement le fourneau et les cendres de l'écuelle avec le feu de quelques charbons, (ce qui se doit toujours faire pendant 24 heures) dans lesquelles cendres vous aurez mis un creuset vide que vous couvrirez, dans le lieu ou doit être posé l'œuf Philosophal, et de la même manière ; et après les 24 heures, les charbons étant ôtés, vous introduirez la lampe fournie d'huile d'olive et allumée du nombre des fils de mèches que vous aurez jugé à propos, et en même temps vous mettrez dans le creuset du saturne ou plomb fondu à petit feu dans un autre creuset, en sorte qu'il ne soit que seulement ou simplement fondu, et qu'en posant un fétu dedans, il ne soit point brûlé, et couvrant le dit premier creuset et le fourneau, vous laisserez cela au feu de lampe durant trois jours sans intermission ; et si vous voyez après le dit temps que le saturne demeure toujours fondu sans se congeler, votre chaleur est bonne. Toutefois cela n'est pas encore suffisant pour être assuré, car cette chaleur pourrait peut-être excéder la juste proportion qui vous est nécessaire. C'est pourquoi pour le savoir au vrai, il serait bon de mettre quantité de petites lamines de saturne dans un creuset que vous poserez dans ladite cendre, auprès de l'autre creuset où est le plomb fondu, le couvrirez de même, et les laisserez là ensemble à ce même feu durant trois jours astronomiques, lesquels expirés, après avoir ouvert vos vaisseaux ; si vous voyez que vos lamine ne sont aucunement fondue par cette chaleur, et que le plomb de l'autre ne soit pas congelé, alors vous êtes assuré d'avoir le premier degré et régime du feu que vous cherchez et qui vous est nécessaire pour votre ouvrage, et pour faire dans son temps la putréfaction ou corruption de la matière, qui prend la couleur noire, ainsi que nous dirons peu après. Ce feu doux du premier degré doit durer sans aucun changement jusqu'à la blancheur parfaite, dit Morien, parce qu'il est propre et nécessaire à la fixation qui ne se fait qu'en la blancheur, d'autant que depuis le commencement de l'ouvrage jusqu'alors, le volatile règne et surpasse le fixe, et on peut errer et tout gâter, en donnant un feu plus fort ; mais quand on est parvenu à cette couleur, on ne peut plus faillir, d'autant qu'alors le soufre de la matière ne se peut plus brûler, et que le fixe a surmonté la nature du volatile, vu que le volatile même s'est fixé avec son soufre fixe, sans en pouvoir jamais être séparé. Arnauld de Villeneuve dans sa Lettre écrite au Roy de Naples, veut que le feu soit augmenté à la blancheur, mais petit à petit jusqu'à la rougeur, et de la rougeur encore peu à peu jusqu'à la rougeur parfaite, conformément aux termes de son Testament : Donec colorum varietate lapis denisdatus, in niveo colore laetificet, et extunc, fine metu periculi sustinet poenas ignis crescentis, donec colore tinctus purpureo, egrediatur e monumento cumregia potestate . Et sa raison et celle des Philosophes, c'est que pour lors tous les esprits sont fixés et sont capables de souffrir le feu qu'ils fuyaient auparavant; et si on l'avait augmenté plutôt, la force et violence des esprits aurait sans doute rompu l'œuf pour se faire passage : outre que la froideur qui est une des qualités élémentaires qu'il est nécessaire de conserver, aurait été détruite, d'autant qu'elle n'est pas compatible avec un feu fort. Il y a néanmoins des Philosophes qui ne sont pas de ce sentiment, et qui disent : Que quand les anciens Sages ont écrit d'augmenter le feu après la blancheur parfaite, ils n'ont pas entendu que cette augmentation fût une extension de la chaleur, mais une prolongation de temps et de travail, d'autant que ce même feu qui a pu conduire l'ouvrage jusqu'à sa perfection et fixation au blanc, par sa continuation, pourra aussi le pousser jusqu'au rouge parfait, à cause que par cette continuation la pierre se change mieux et plus aimablement de couleur en couleur, et de nature en nature ; outre que ce feu n'a plus à combattre aucune humidité ni froideur comme ci-devant, et que la pierre en l'état qu'elle est, a en elle un feu plus étendu qu'elle n'avait auparavant, et qu'elle s'aide d'elle-même à se perfectionner d'avantage et à recevoir l'impression du feu, qu'elle contient déjà en son caché. On peut expliquer le dire d'Arnauld, selon cette subtile pensée, et dire que les Sages nous insinuent ainsi ; qu'il n'en faut pas demeurer là, et que ce serait une perte notable, puisqu'on peut faire l'Elixir rouge en peu de temps, qui est sans comparaison beaucoup plus parfait que le blanc, parce que le blanc ne contient que trois éléments ; savoir l'eau, la terre et l'air, et que le rouge contient encore le feu, qui est le quatrième et le plus pur de tous, lequel achève la roue élémentaire et le dernier changement des éléments ou qualités élémentaires les unes dans les autres, réduites dans un tempérament parfait d'égalité, contre leur inclinaison mutuelle et naturelle de se faire une guerre perpétuelle : et si le feu n'entre point dans l'Elixir blanc, il n'y exerce pas sa dernière perfection et vertu comme il ferait, si l'ouvrage était conduit jusqu'au bout. Quant à moi, je donne les mains à cette charmante explication, et tiens qu'il est plus sûr de continuer la même chaleur, parce qu'on ne peut errer en aucune manière, ; et que s'il y a quelque mal à suivre cette voie, il ne consiste que dans le retardement, comme nous voyons arriver aux opérations de la Nature, qui sont toutes longues à cause de la faiblesse et débilité de la chaleur qui lui aide à faire son travail dans les entrailles de la terre. Néanmoins on peut suivre le sentiment d'Arnauld avec assurance. J'ai dit ci-devant, que si une fois pendant le travail, le feu était éteint et la matière refroidie, on ne pourrait par quelque artifice que ce fût réanimer ou pousser plus loin son ouvrage, et qu'il fallait recommencer le tout. Je le répète ici exprès pour avertir le Lecteur, que si l'Elixir blanc est aussi refroidi, on ne peut plus le pousser au rouge, sinon en le rétrogradant, c'est-à-dire, en le dissolvant dans de nouveau mercure Philosophal, et recommençant l'ouvrage comme auparavant, car c'est réduire l'Elixir en sa première matière ; il est vrai aussi que le travail ne soit pas si long, à cause des qualités et élévations que cet Elixir avait déjà acquises par le long travail précédent : ce qui est un grand secret, que je n'ai jamais lu en aucun lieu. Il y a encore d'autres feux dont je ne parle point ici parce qu'ils ne sont pas nécessaires à cet ouvrage, et qu'ils ne feraient qu'embarrasser l'esprit ; on les peut voir dans mon dictionnaire, ils sont le feu naturel, le non naturel, et celui qu'on nomme contre nature.
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