Les Vers Dorés la tradition d’Hermès chez Pythagore Livre : Les Vers Dorés de Pythagore, par Fabre d’Olivet
Commentaires et explications du sens ésotérique des Vers Dorés par Fabre d’Olivet Trente-et-unième examen. ......... et que ces malheureux Cherchent loin d’eux les biens dont ils portent la source. La source de tous les biens, est la sagesse, et la sagesse commence par la connaissance de soi-même. Sans cette connaissance, c’est en vain que l’on prétend aux véritables biens. Mais comment y parvenir ? Si vous interrogez Platon sur ce point important, il vous répondra que c’est en remontant à l’essence des choses ; c’est-à-dire, en considérant ce qui constitue l’homme en lui-même. "Un ouvrier, vous dira ce philosophe, n’est pas la même chose que l’instrument dont il se sert ; un joueur de lyre diffère de la lyre dont il joue ?"Vous en conviendrez facilement ; et le philosophe poursuivant son raisonnement, ajoutera : "Et les yeux avec lesquels ce musicien lit sa musique, et les mains avec lesquelles il tient sa lyre ne sont-ce pas aussi des instruments ? Pouvez-vous nier, si les yeux, si les mains sont des instruments, que le corps tout entier ne soit également un instrument, différent de l’être qui s’en sert, et qui lui commande ?" Non, sans doute, et vous comprendrez assez que cet être par lequel l’homme est véritablement homme, est l’âme dont vous devez chercher la connaissance. "Car, vous dira encore Platon, celui qui connaît son corps ne connaît que ce qui est à lui, et non pas lui. Connaître son corps comme un médecin, ou comme un sculpteur, c’est un art : connaître son âme, comme un sage, c’est une science, la plus grande de toutes les sciences." De la connaissance de soi-même, l’homme passe à celle de Dieu ; et c’est en fixant ce modèle de toute perfection qu’il parvient à se délivrer des maux qu’il s’est attirés par son propre choix. Sa délivrance dépend, selon Pythagore, de la vertu et de la vérité. La vertu qu’il acquiert car la purification, tempère et dirige les passions ; la vérité, où il arrive par son union avec l’Être des êtres, dissipe les ténèbres dont son intelligence est obsédée ; et l’une et l’autre, agissant de concert en lui, lui donnent la forme divine selon qu’il est disposé à la recevoir, et le conduisent à la suprême félicité. Mais combien il est difficile d’atteindre à ce but désiré! Trente-deuxième examen. Peu savent être heureux : jouets des passions, Tour à tour balottés par des vagues contraires, Sur une mer sans rive, ils roulent, aveuglés, Sans pouvoir résister ni céder à l’orage. Lysis montre dans ces vers quels sont les plus grands obstacles au bonheur de l’homme. Ce sont les passions : non les passions en elles-mêmes, mais les mauvais effets qu’elles produisent par le mouvement désordonné que l’entendement leur laisse prendre. C’est à quoi il faut bien faire attention, afin de ne point tomber dans l’erreur des stoïciens. Pythagore, comme je l’ai déjà dit, n’ordonnait pas à ses disciples de détruire leurs passions, mais d’en modérer la fougue, et de les bien diriger. "Les passions, disait ce philosophe, sont données pour être les aides de la raison ; il faut qu’elles soient ses servantes et non pas ses maîtresses". C’est une vérité que les platoniciens et même les péripatéticiens avaient reconnue, au rapport Hiérocles. Ainsi, Pythagore regardait les passions comme les instruments dont se sert l’entendement pour élever l’édifice intellectuel. Un homme qui en serait totalement dépourvu, ressemblerait à une masse inerte et sans mouvement dans la carrière de la vie ; il pourrait, il est vrai, ne point se dépraver ; mais aussi, il ne jouirait pas de son plus noble avantage, qui est la perfectibilité. La raison est établie dans l’entendement pour avoir empire sur les passions ; elle doit leur commander en souveraine absolue, et les faire tendre vers le but que lui indique la sagesse. Si elle méconnaît les lois que lui donne l’intelligence, et que, présomptueuse, elle veuille, au lieu d’agir d’après des principes donnés, poser elle-même les principes, elle tombe dans l’excès, et rend l’homme superstitieux on sceptique, fanatique ou athée : si elle reçoit, au contraire, des lois des passions qu’elle devrait régir et que faible, elle s’en laisse subjuguer, elle tombe dans le défaut, et rend l’homme stupide ou furieux, abruti dans le vice, ou audacieux dans le crime. Il n’est de raisonnements vrais que ceux que la sagesse avoue : les raisonnements faux doivent être considérés comme les cris d’une âme insensée, livrée aux mouvements d’une raison anarchique que les passions aveuglent et confondent. Pythagore considérait l’homme comme tenant le milieu entre les choses intellectuelles et sensibles le dernier des êtres supérieurs et le premier des inférieurs, libre de se mouvoir, soit vers le haut, soit vers le bas, au moyen de ses passions qui réduisent en acte le mouvement ascendant ou descendant que sa volonté possède en puissance ; tantôt s’unissant aux immortels et par son retour à la vertu, recouvrant le sort qui lui est propre, et tantôt se replongeant dans les espèces mortelles, et par la transgression des lois divines, se trouvant déchu de sa dignité. Cette opinion, qui avait été celle de tous les sages qui ont précédé Pythagore, a été celle de tous les sages qui l’ont suivi, même de ceux d’entre les théosophes chrétiens que leurs préjugés religieux éloignaient le plus de sa doctrine. Je ne m’arrêterai pas à donner des preuves de son antiquité ; elles se trouvent partout, et seraient superflues. Thomas Burnet, en ayant vainement cherché l’origine sans pouvoir la découvrir, a fini par dire qu’il fallait qu’elle fût descendue du Ciel. Il est certain qu’on peut difficilement expliquer comment un homme sans érudition, comme Boehme, n’ayant reçu cette opinion de personne, a pu l’exposer aussi clairement. "Lorsqu’on vit l’homme exister, dit ce théosophe, on put dire : Ici toute l’Eternité est manifestée dans une image". "L’habitation de cet être, est un point mitoyen entre le ciel et l’enfer, l’amour et la colère : celle des choses à laquelle il s’attache devient son espèce"..."S’il penche vers la nature céleste, il prend une forme céleste, et la forme humaine devient infernale s’il penche vers l’enfer : car tel est l’esprit, tel est aussi le corps. En quelque volonté que l’esprit s’élance, il figure son corps avec une semblable forme et une semblable source. C’est sur ce principe, que l’on retrouve partout diversement exprimé, que se fondait le dogme de la transmigration des âmes. Ce dogme expliqué dans les mystères antiques, et reçu par tous les peuples, a été tellement défiguré dans ce que les modernes ont appelé Métempsycose, qu’il faudrait dépasser de beaucoup les bornes de ces Examens, pour en donner une explication qui pût être entendue. Je tâcherai plus tard d’exposer mon sentiment sur ce mystère, en traitant, comme je l’ai promis, de la Théurgie et des autres sciences occultes, auxquelles il se lie. Trente-troisième examen. Dieu ! vous les sauveriez en désillant leurs yeux... Lysis aborde ici franchement une des plus grandes difficultés de la nature, celle qui, dans tous les sens, a fourni aux sceptiques et aux athées, les armes qu’ils ont cru les plus redoutables. Hiérocles ne l’a point dissimulée dans ses Commentaires, et voici dans quels termes il l’a exposée. "Si Dieu peut ramener tous les hommes à la vertu et au bonheur, dit-il, et qu’il ne le veuille pas, Dieu est donc injuste et méchant ? ou s’il veut les y ramener, et qu’il ne le puisse pas, Dieu est donc faible et sans puissance ". Longtemps avant Hiérocles, Epicure s’était emparé de cet argument pour étayer son système, et l’avait étendu sans en augmenter la force. Son dessein avait été de prouver, par son moyen, que, selon qu’il l’avait avancé, Dieu ne se mêle point des choses de ce monde, et qu’il n’y a, par conséquent, point de Providence. Lactance, en croyant y répondre, l’a rapporté d’après Epicure, et a fourni à Bayle, le plus savant et le plus redoutable des sceptiques modernes, l’occasion de montrer que, jusqu’alors, ce terrible argument était resté debout, malgré tous les efforts qu’on avait tentés pour le renverser. "Le mal existe dit cet infatigable raisonneur ; l’homme est méchant et malheureux : tout prouve cette triste vérité. L’histoire, n’est à proprement parler, qu’un recueil des crimes et des infortunes du genre humain. Cependant, on voit briller par intervalles des exemples de vertu et de bonheur. Il y a donc un mélange de maux et de biens moraux et physiques.... Or, si l’homme est l’ouvrage d’un seul principe souverainement bon, souverainement saint, souverainement puissant, comment est-il exposé aux maladies, au froid, au chaud, à la faim, à la soif, à la douleur, au chagrin ? Comment a-t-il tant de mauvaises inclinations ? Comment commet-il tant de crimes ? La souveraine sainteté peut-elle produire une créature criminelle ? La souveraine bonté peut-elle produire une créature malheureuse ? Bayle, content de sa déclamation anti providentielle ; croit triompher d’avance de tous les dogmatistes du monde ; mais tandis qu’il reprend haleine, remarquez qu’il admet un mélange de biens et de maux, et laissez-le continuer. " Origène, dit-il, prétend que le mal est venu du mauvais usage du franc arbitre. Et pourquoi Dieu a-t-il laissé à l’homme un franc arbitre aussi pernicieux ? Parce qu’une créature intelligente qui n’eût pas joui de franc arbitre, reprend Origène, aurait été immuable et immortelle comme Dieu. Quelle pitoyable raison ? Est-ce que les âmes glorifiées, les Saints sont égaux à Dieu pour être déterminés au bien, et privés de ce qu’on appelle le franc arbitre ; lequel, selon Saint Augustin, n’est que la possibilité du mal, lorsque la grâce divine n’incline pas l’homme vers le bien ? " Bayle, après plusieurs sorties de cette espèce, finit par avouer que la manière dont le mal s’est introduit sous l’empire d’un être souverain, infiniment bon, infiniment puissant, infiniment saint, est non seulement inexplicable, mais même incompréhensible. Bayle a raison en ce point ; aussi ai-je toujours dit, dans le cours de cet ouvrage que l’origine du mal compréhensible on non, ne pouvait pas être divulguée. Mais ce n’est point de l’origine du mal, dont il s’agit ici. Bayle était trop bon raisonneur pour ne pas le sentir, pour ne pas voir que l’argument d’Epicure, et toutes les déclamations qu’il lui fournissait, portaient, non sur la cause du mal en lui-même, mais sur ses effets ; ce qui est bien différent. Epicure ne demandait pas qu’on lui expliquât l’origine du mal, mais l’existence locale de ses effets : c’est-à-dire, qu’on lui dit nettement si Dieu pouvait et voulait ôter le mal du monde, ou empêcher qu’il n’y pénétrât, pourquoi il ne le faisait pas. Lorsque la maison de quelqu’un est la proie des flammes, on n’est point assez insensé pour s’inquiéter de savoir quelle est l’essence du feu et pourquoi il brûle en général ; mais pourquoi il a brûlé en particulier ; et comment, pouvant l’éteindre, on ne l’a pas éteint. Bayle, je le répète, était trop bon logicien, pour ne pas s’être aperçu de cela. Cette distinction était trop simple pour lui échapper ; mais voyant que sa simplicité même l’avait dérobée aux docteurs de l’église chrétienne, il était bien aise de la dissimuler à ses adversaires pour avoir le plaisir, si précieux à un sceptique comme lui, de les voir les uns après les autres se briser contre l’argument d’Epicure : "Dieu, leur criait-il, ou veut ôter le mal, et il ne le peut pas ; ou il le peut, et il ne le veut pas ; ou il ne le veut ni ne le peut ; ou il le veut et le peut. S’il le veut et ne le peut pas, il est faible ; ce qui ne convient pas à Dieu. S’il le peut et ne le veut pas, il est méchant ce qui ne lui convient pas non plus. S’il ne le veut ni ne le peut, il est méchant et faible, ce qui ne saurait être. S’il le peut et le veut, ce qui seul est digne de sa divinité, d’où viennent donc les maux ? ou pourquoi ne les ôte-t-il pas"? Lactance, à qui Bayle devait son argument, avait cru le renverser en disant que Dieu, pouvant ôter le mal, ne le voulait pas ; afin de donner aux hommes, par son moyen, la sagesse et la vertu. Mais le philosophe sceptique n’avait point de peine à prouver que cette réponse ne valait rien, et que la doctrine qu’elle contenait était monstrueuse ; puisqu’il était certain que Dieu pouvait donner la sagesse et la vertu sans le moyen du mal ; qu’il les avait même données, selon la croyance de Lactance lui-même, et que ce n’était précisément que pour y avoir renoncé, que l’homme était devenu sujet au mal. Saint Basile n’était pas plus heureux que Lactance. Il prétendait en vain que le libre arbitre d’où résulte le mal, avait été établi par Dieu même dans le dessein qu’avait cet Être tout-puissant d’être aimé et servi librement. Bayle l’attaquant dans sa propre foi, lui demandait si Dieu est aimé et servi par force dans le Paradis, où les âmes glorifiées ne jouissent pas du funeste privilège de pouvoir pécher ? Et du même coup dont il le frappait, il terrassait Mallebranche qui avait dit la même chose. La chute de Mallebranche, et le désir de le venger, évertuèrent vainement une foule d’audacieux métaphysiciens. Bayle les perça les uns après les autres des armes d’Epicure, dont ils ne connaissaient pas la trempe, et mourut avec la gloire de leur avoir fait dire la plus haute sottise qui pût être dite en pareille matière : savoir, qu’il était possible que Dieu se fût prescrit un autre but, en créant le Monde, que de rendre ses créatures heureuses. La mort de Bayle n’éteignit pas l’ardeur que ses ouvrages avaient excitée. Leibnitz mécontent à juste titre de tout ce qui avait été dit, crut pouvoir mieux répondre au philosophe sceptique ; et, s’élevant avec une grande force de génie, à ce premier instant où Dieu forma le décret de produire le Monde, il représenta l’Être des êtres choisissant entre une infinité de Mondes, tous possibles, tous présents à sa pensée, le Monde actuel comme le plus conforme à ses attributs, le plus digne de lui, le meilleur enfin, le plus capable d’atteindre au but le plus grand et le Plus excellent que cet Être tout-parfait ait pu se proposer. Mais quel est ce but magnifique et digne de la Divinité qui l’a choisi, ce but qui non seulement constitue le Monde actuel tel qu’il est, mais qui encore le présente à l’esprit, selon le système de Leibnitz, comme le meilleur des mondes possibles ? Ce philosophe l’ignore. "Nous ne pouvons, dit-il, le pénétrer ; car nous sommes trop bornés pour cela ; nous pouvons seulement inférer, en raisonnant sur les lumières que Dieu nous a données, que sa bonté n’a pu se proposer, en créant le plus grand nombre possible de créatures intelligentes, que de les doter d’autant de connaissances, de bonheur et de beauté que l’Univers en pouvait comporter sans sortir de l’ordre immuable établi par sa sagesse". Jusque-là, le système de Leibnitz se soutenait, et pouvait même conduire à une vérité relative ; mais sa tâche n’était pas remplie. Il fallait expliquer, suivant la demande d’Epicure tant répétée par Bayle, comment dans cet ordre immuable établi par la sagesse divine, dans ce meilleur des mondes, le mal physique et le mal moral font sentir de si rudes effets. Le philosophe allemand, au lieu de s’arrêter à ces effets, et de décliner la cause primordiale, inaccessible à ses recherches, se méprit encore, comme avaient fait tous les adversaires de Bayle, et prétendit que le mal physique et le mal moral étaient nécessaires au maintien de cet ordre immuable, et entraient dans le plan de ce meilleur des mondes. Assertion funeste qui fit, à l’instant, crouler son système : car, comment oser dire que le mal est nécessaire, et surtout nécessaire, non seulement dans ce qui est le meilleur, mais dans ce qui est le meilleur possible ! Or, quelle que soit la cause primordiale du Mal, sur laquelle je ne peux ni ne veux m’expliquer jusqu’à ce que le triple voile étendu sur ce formidable mystère, par Moyse, ait été levé, je dirai, selon la doctrine de Pythagore et de Platon, que ses effets ne peuvent être ni nécessaires, ni irrésistibles, puisqu’ils ne sont pas immuables ; et je répondrai à l’argument si vanté d’Epicure, que, par cela même qu’ils ne sont ni nécessaires ni irrésistibles, Dieu peut et veut les ôter, et qu’il les ôte. Et si quelques disciples de Bayle, étonnés d’une réponse si hardie et si nouvelle, me demandent quand et comment Dieu opère un si grand bienfait, dont ils n’aperçoivent pas les traces je leur dirai dans le temps, et au moyen de la perfectibilité. Le temps, ajouterai-je de suite, est l’instrument de la Providence ; la perfectibilité, le dessein de son ouvrage ; la Nature, l’objet de son travail ; et le Bien, son résultat. Vous savez, et Bayle lui-même en est convenu, qu’il existe un mélange de maux et de biens : et moi, je vous répète ici, ce que j’ai déjà dit ; et je vous soutiens que ces biens émanent tous de la Providence ; qu’ils sont son ouvrage, et remplacent dans la sphère où elle les a transportés une somme équivalente de maux qu’elle a transmués en biens ; je vous soutiens que ces biens vont en s’augmentant sans cesse, et les maux qui leur correspondent, en diminuant dans une égale proportion : je vous soutiens enfin que parti du mal absolu, et parvenus au point où vous êtes, vous arriverez par la même voie et par les mêmes moyens c’est-à-dire à la faveur du temps et de la perfectibilité, du point où vous êtes au Bien absolu, qui est le comble de la perfection. Voilà la réponse à votre demande, quand et comment Dieu ôte les maux ? Que si vous objectez ne rien voir de tout cela, je vous répliquerai qu’il ne vous appartient pas d’arguer de la faiblesse de votre vue, pour nier la marche de la Providence, vous dont les sens imparfaits se méprennent à chaque instant sur les objets même de leur ressort, et pour qui les extrêmes se touchent tellement, qu’il vous est impossible de distinguer sur le même cadran, le mouvement de l’aiguille qui le parcourt en un siècle, du mouvement de celle qui le parcourt en moins d’une seconde ; l’une de ces aiguilles vous paraissant immobile, et l’autre n’existant pas pour vous. Si vous niez ce que j’affirme, apportez d’autres preuves de votre dénégation que votre faiblesse, et cessez du petit coin où vous a placés la Nature, de prétendre juger l’immensité. Que si vous manquez de preuves négatives, attendez encore un moment, et vous aurez de ma part des preuves affirmatives. Mais si, revenant en arrière, et voulant soutenir l’argument d’Epicure qui s’écroule, vous croyez y parvenir, en disant que ce philosophe n’avait pas demandé dans le cas où Dieu pouvait et voulait ôter les maux, comment il les ôtait, mais pourquoi il ne les ôtait pas ; je vous répliquerai que cette distinction est un pur sophisme ; que le comment est implicitement renfermé dans le pourquoi, auquel j’ai répondu en affirmant que Dieu, pouvant et voulant ôter les maux, les ôte. Et si vous rappelez une objection que j’ai déjà détruite, sur la manière dont il les ôte, et que vous portant pour juge de ses voies, vous prétendiez qu’il devrait les ôter, non dans un laps de temps tellement long qu’il vous est insensible, mais dans un clin d’oeil ; je vous riposterai que cette manière vous serait tout aussi peu sensible que l’autre ; et que, d’ailleurs, ce que vous demandez existe, puisque le laps de temps dont vous vous plaignez, quelque long qu’il vous paraisse est moins qu’un clin d’oeil pour l’Être des êtres qui l’emploie étant absolument nul, comparé à l’Eternité. Et de là, je prendrai occasion de vous apprendre que le mal, de la manière dont il se manifeste dans le Monde, étant une sorte de maladie, Dieu seul qui peut la guérir, connaît aussi le seul remède qui y soit applicable, et que ce seul remède, est le temps. Je conçois, pour peu que vous ayez fait attention à ce que je viens de dire, que vous devez être tentée de passer de la connaissance du remède à celle de la maladie ; mais c’est en vain que vous me demanderiez une explication sur sa nature. Cette explication n’est point nécessaire pour renverser l’argument d’Epicure, et c’est tout ce que j’ai voulu faire. Le reste dépend de vous, et je ne puis que répéter avec Lysis : Dieu ! vous les sauveriez en désillant leurs yeux...
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