Commentaires et explications du sens ésotérique des Vers Dorés par Fabre d’Olivet Vingt-quatrième examen. Médite mes conseils ; aime-les ; suis-les tous : Aux divines vertus ils sauront te conduire. J’ai parlé assez longuement des Sceptiques ; mais j’ai cru que cela était nécessaire en expliquant un ouvrage dogmatique, dont l’esprit est entièrement opposé à celui du scepticisme. Lorsque Lysis écrivait en Grèce, il n’y avait encore personne qui mit en doute ni l’existence des Dieux, ni celle de l’Univers, ni la distinction à faire entre le Bien et le Mal, la Vertu et le Vice. Arcésilas et Pyrrhon n’étaient pas nés, et les nuages qu’ils élevèrent par la suite sur ces grands objets de la méditation des sages, n’étaient pas même soupçonnés. Les esprits penchaient plutôt vers la crédulité que vers le doute ; vers la superstition que vers l’athéisme ; il fallait plutôt mettre des bornes à leur curiosité qu’exciter leur indifférence. A cette époque, les philosophes enveloppaient la vérité de voiles ; et rendaient les avenues de la science difficiles, afin que le vulgaire ne les profanât pas. Ils savaient ce qu’on a trop oublié : que toutes sortes de bois ne sont pas propres à faire un Mercure. Aussi leurs écrits étaient obscurs et sentencieux ; afin de rebuter, non ceux qui auraient pu douter, mais ceux qui n’étaient pas en état de comprendre. Aujourd’hui que les esprits sont changés il importe davantage d’attirer ceux qui peuvent recevoir la vérité, que d’éloigner ceux qui ne le peuvent pas ; ces derniers s’éloignent assez d’eux-mêmes, persuadés comme ils sont ou de la posséder, ou de n’en avoir pas besoin. J’ai fait l’Histoire du Scepticisme ; j’ai montré son origine et les tristes effets de son influence absolue et désordonnée ; non pour ramener les sceptiques de profession, mais pour tâcher d’empêcher de le devenir les hommes qui flottent encore dans l’incertitude. J’ai essayé de leur montrer, par l’exemple d’un des plus grands raisonneurs de l’Allemagne, par l’exemple de Kant, que la raison seule, de quelques talents qu’elle soit accompagnée, ne peut manquer de les conduire au néant. Je leur ai fait voir que cette faculté si vantée, n’est rien par elle-même. Je me suis contenté de l’exemple du professeur de Koenigsberg ; mais si je n’avais pas craint les longueurs, j’aurais ajouté l’exemple de Berkley et celui de Spinosa. Les catastrophes opposées de ces trois savants, forment un contraste frappant. Kant, suivant pas à pas les traces de sa Raison pure, parvient à voir que la connaissance des choses intelligibles est impossible, et trouve la matière ; Berkley conduit par la même raison, prouve que l’existence de la matière est illusoire, et que tout est esprit ; Spinosa, tirant des arguments irrésistibles de cette même faculté, fait voir qu’il n’existe et ne peut exister qu’une seule substance, et qu’ainsi l’esprit et la matière ne font qu’un. Et ne pensez pas, qu’armé de la seule raison, vous puissiez combattre séparément Spinosa, Berkley ou Kant : leurs systèmes contradictoires se heurteront vainement ; ils triompheront de vous, et vous pousseront dans l’abîme ténébreux et sans fond du scepticisme. Or, comment cela se peut-il faire ? Je vous l’ai dit : c’est parce que l’homme n’est point un être simple. Fixez bien cette vérité. L’homme est triple ; et c’est selon que son unité volitive opère dans l’une ou l’autre de ses modifications, qu’il est porté à voir de telle ou telle manière. Platon l’a dit d’après Pythagore, et moi je vous le dis non seulement d’après Pythagore et Platon, mais d’après tous les sages et tous les théosophes de la terre. Platon plaçait dans la modification supérieure et spirituelle, composée du même, c’est-à-dire, de la substance indivisible de l’Univers, l’égémonicon, ou l’assentiment intellectuel ; dans la modification inférieure et matérielle, composée de l’autre ou, du divers c’est-à-dire de la substance divisible, le physicon ou la sensibilité physique ; dans la modification médiane ou l’âme proprement dite, composée de l’essence, c’est-à-dire, des parties les plus subtiles de la matière, élaborées par l’esprit, le logicon, ou le sentiment moral, logique ou raisonnable. On trouve dans Plutarque le résumé de la doctrine d’un philosophe nommé Sylla, qui, admettant, comme Platon, que l’homme est un composé d’esprit, d’âme et de corps, disait que le corps tire son origine de la terre, l’âme de la lune, et l’esprit du soleil. Mais sans nous inquiéter pour l’heure, de l’origine de ces trois parties, puisque assurément la terre, la lune et le soleil, que ce philosophe leur assignait pour principes, sont des choses très difficiles à connaître en elles-mêmes, contentons-nous de savoir, comme je l’ai déjà dit que ces trois grandes modifications qui forment le quaternaire humain, se manifestent par la sensation, le sentiment et l’assentiment, et développent les facultés principales de l’instinct, de l’entendement et de l’intelligence. L’instinct est le siège du sens commun ; l’entendement celui de la raison ; et l’intelligence, celui de la sagacité, ou de la sagesse. L’homme ne peut jamais acquérir aucune science, aucune connaissance véritables, si, à la faveur de l’intelligence qui élit le principe et le pose avec sagacité, l’assentiment ne se détermine ; car on ne sait, on ne connaît jamais véritablement que ce que l’intelligence a consenti . Tous les résultats que l’entendement privé d’intelligence, procure au moyen de la raison, ne sont que des opinions ; ceux de ces résultats qui se démontrent rigoureusement à la manière des géomètres, sont des identités ; le sens commun, transporté même dans l’entendement, n’y donne que des notions, dont la certitude, quelque fondée qu’elle soit sur l’expérience, ne passe jamais celle de la sensation physique, dont l’autorité fugitive et bornée, n’est d’aucun poids dans l’assentiment des vérités intelligibles. Osons maintenant divulguer un secret des mystères, auquel Pythagore faisait allusion quand il disait : que toutes sortes de bois ne sont point propres à faire un Mercure ; et malgré le préjugé vulgaire, qui s’oppose à cette vérité, affirmons que l’égalité animique parmi les hommes, est une chimère. Je sens, qu’ici, je vais heurter beaucoup d’idées théologiques, et me mettre en opposition avec plusieurs paradoxes brillants que des philosophes modernes, plus vertueux que sages, ont élevés et soutenus avec plus de talent et de raison que de sagacité; mais la force de mon sujet m’entraîne, et puisque j’explique la doctrine de Pythagore, il faut bien que je dise pourquoi Lysis, après avoir examiné et recommandé en détail toutes les vertus humaines dans la partie purgative de son enseignement, recommence une nouvelle instruction dans la partie unitive, et promet de conduire aux vertus divines. Cette distinction importante, qu’il fait entre ces deux espèces de vertus, a été faite par Platon, par Aristote, par Gallien, et par beaucoup d’autres philosophes de l’antiquité, [1]. L’un d’eux auquel nous devons la connaissance et l’explication de beaucoup de secrets mystiques, qui, malgré le soin extrême qu’on apportait à les cacher, transpiraient hors des sanctuaires, Macrobe, a fait un rapprochement entre les degrés de l’initiation et ceux qu’on admettait dans l’exercice des vertus ; et il en compte quatre. Ce nombre, qui se rapporte au Quaternaire universel, a été le plus constamment suivi, quoiqu’il ait varié pourtant depuis trois jusqu’à sept. Le nombre trois était regardé par les anciens comme le principe de la nature, et le nombre sept comme sa fin. Les degrés, principaux de l’initiation étaient au nombre de trois, comme sont encore aujourd’hui les grades d’apprenti, de compagnon et de maître dans la franc-maçonnerie. De là venait l’épithète de Triple, donné à la mystérieuse Hécate, et même à Mithras, considéré comme l’emblème des connaissances mystiques. On ajoutait quelquefois trois degrés secondaires aux trois principaux, et on les terminait par une révélation extraordinaire, qui, en élevant l’initié au rang d’Epopte, ou de voyant par excellence, lui donnait la véritable, signification des degrés qu’il avait déjà parcourus ; lui montrait la nature sans voile, et l’admettait à la contemplation des lumières divines. Cétait pour l’Epopte seul, que tombait le dernier voile, et qu’on écartait le vêtement sacré qui couvrait la statue de la Déesse. Cette manifestation, appelée Epiphanie, faisait succéder l’éclat le plus brillant aux ténèbres qui, jusqu’alors, avaient entouré l’Initié. Elle était préparée, disent les historiens, par des tableaux effrayants, et des alternatives de frayeur et d’espérance. Le grade d’Elu a remplacé celui d’Epopte parmi les francs-maçons, sans offrir, à beaucoup près, les mêmes résultats. Les formes se sont bien à-peu-près conservées ; mais le fond a disparu. L’Epopte d’Eleusis, de Samothrace ou Hiérapolis, se regardait comme le premier des hommes, le favori des Dieux, et le possesseur des trésors célestes ; le soleil brillait à ses regards d’une clarté plus pure ; et la vertu sublime qu’il avait acquise dans des épreuves de plus en plus difficiles, et des leçons de plus en plus élevées, lui donnait la faculté de discerner le bien et le mal, la vérité et l’erreur, et d’en faire un libre choix. Mais si les divers grades de l’initiation exprimaient symboliquement les degrés différents de vertus auxquels les hommes peuvent parvenir en général, les épreuves que l’on faisait subir à chaque nouveau grade, faisaient connaître en particulier, si l’homme qui se présentait pour l’obtenir, en était digne. Ces épreuves étaient d’abord assez légères ; mais elles allaient en augmentant de telle sorte, que la vie du récipiendaire y était souvent exposée. On voulait connaître par-là, à quelle espèce d’homme il appartenait, et vérifier au creuset de la terreur et des souffrances, la trempe de son âme, et le titre de sa vocation à la vérité. On sait assez que Pythagore ne du qu’à son extrême patience, et au courage avec lequel il surmonta tous les obstacles, d’être initié aux mystères égyptiens. Ceux qui arrivaient comme lui au dernier degré de l’initiation étaient fort rares ; la plupart s’arrêtaient au second grade, et très peu parvenaient au troisième. On donnait à tous des leçons proportionnées à leurs forces, et à celles des facultés qu’on avait reconnu dominer en eux ; car, et c’est ici le point essentiel de cet Examen, on apprenait dans les sanctuaires à diviser la Masse de l’humanité en trois grandes classes, dominées par une quatrième plus élevée, selon les rapports que l’on établissait entre les facultés des hommes et les parties de l’Univers auxquelles elles correspondaient. On rangeait dans la première, les hommes matériels ou instinctifs ; dans la seconde, les hommes animiques, et dans la troisième, les hommes intellectuels. Ainsi l’on était bien loin de considérer les hommes comme égaux entre eux. La prétendue égalité dont on faisait parade à l’extérieur, était une pure condescendance aux erreurs du vulgaire, qui ayant saisi l’autorité dans la plupart des villes de la Grèce et de l’Italie, forçait la vérité à dissimuler un éclat qui l’aurait blessé. Le culte chrétien, élevé sur l’extinction de toutes les lumières, nourri au sein des esclaves et des derniers citoyens, sanctifia par la suite des temps un préjugé favorable à son agrandissement. Cependant, ceux d’entre les chrétiens qu’on appela gnostiques, à cause des connaissances particulières qu’ils possédaient, et nommément les Valentiniens qui se vantaient d’avoir conservé la lumière de l’initiation, voulaient faire un dogme public du secret des mystères à cet égard prétendant que la corruption des hommes n’étant que l’effet de leur ignorance et de leur attachement à la terre, il ne fallait, pour les sauver, que les éclairer sur leur état, et leur destination originelle ; mais les orthodoxes, qui sentirent le danger où cette doctrine les entraînerait, en firent condamner les auteurs comme hérétiques. Cette condamnation, qui satisfit l’orgueil du vulgaire, n’empêcha pas le petit nombre de sages de rester, en silence, fidèles à la vérité. Il ne fallait qu’ouvrir les yeux, et les détacher un moment de la Judée, pour voir que le- dogme de l’inégalité parmi les hommes, avait servi de base aux lois religieuses et civiles de tous les peuples de la Terre, depuis l’Orient de l’Asie jusqu’aux bornes occidentales de l’Afrique et de l’Europe. Partout, quatre grandes divisions établies, sous le nom de Castes, rappelaient les quatre principaux degrés de l’initiation, et retraçaient sur l’humanité en masse, le quaternaire universel. L’Egypte avait, à cet égard, et dans des temps très anciens, donné l’exemple à la Grèce ; car cette Grèce, si fière de sa liberté, ou plutôt de sa turbulente anarchie, avait été d’abord soumise à la division commune, ainsi qu’on le voit dans Aristote et dans Strabon. Les Chaldéens n’étaient, relativement aux peuples d’Assyrie que ce qu’étaient les Mages chez les Persans, les Druides parmi les Gaulois, et les Brahmes chez les Indiens. On sait assez que chez ce dernier peuple, les Brahmes constituent la première et la plus élevée des quatre castes dont se compose la nation entière. L’origine allégorique que donne la religion à ces castes, prouve évidemment l’analogie dont j’ai parlé. Voici ce qu’on trouve, à cet égard, dans un des Shastras. "Dès la première création, par Brahma, les Brahmanes naquirent de sa bouche ; les Kshatryas sortirent de ses bras ; les Vaïsyas de ses cuisses et les Soudras de ses pieds". Il est dit dans un autre de ces livres, contenant la cosmogonie des Banians, que le premier homme, appelé Pourou, ayant eu quatre fils, nommés Brahman, Kshetri, Vaïsa et Souderi, Dieu les désigna pour être chefs des quatre tribus qu’il institua lui-même. Les livres sacrés des Burmans, qui paraissent antérieurs à ceux des autres nations indiennes, établissent la même division. Les Rahans, qui exercent le sacerdoce chez ces peuples, y enseignent une doctrine conforme à celle des mystères : Ils disent que l’inégalité parmi les hommes est une suite nécessaire de leurs vertus ou de leurs vices passés, et qu’ils naissent dans une nation plus ou moins éclairée, dans une caste, dans une famille plus ou moins illustre, suivant leur conduite antérieure. On ne peut pas être, plus voisin de la pensée de Pythagore ; mais nul ne l’a exprimée avec plus de force et de clarté que Kong-Tzée. Je n’ai pas besoin, je pense, de dire que ces deux sages ne se sont point copiés. L’assentiment qu’ils donnaient à la même idée, prenait sa source ailleurs que dans une stérile imitation. Le peuple chinois est, de temps immémorial, divisé en quatre grandes classes, relatives au rang que les hommes occupent dans la société, suivant les fonctions qu’ils y exercent, à-peu-près comme aux Indes ; mais cette division, que le long usage a rendue purement politique, est envisagée sous d’autres rapports par les philosophes. L’Homme, selon eux, constitue une des trois Puissances productrices qui composent la Trinité médiane de l’Univers ; car ils considèrent l’Univers ou le grand Tout, comme l’expression d’une triple Trinité, enveloppée et dominée par l’Unité primordiale : ce qui constitue, pour eux, une décade, au lieu d’un quaternaire. Cette troisième Puissance, appelée Jin, c’est-à-dire, le genre humain, se subdivise en trois classes principales, qui, au moyen des classes intermédiaires admises par Kong-Tzée, produit les cinq classes dont parle ce sage. "La première classe, et la plus nombreuse, comprend, dit-il, cette multitude d’hommes qui n’agissent que par une sorte d’INSTINCT imitatif, faisant aujourd’hui ce qu’ils ont fait hier, pour recommencer demain ce qu’ils ont fait aujourd’hui ; et qui, hors d’état de discerner dans le lointain les avantages solides et réels, les intérêts de la plus haute importance, démêlent aisément un petit profit, un vil intérêt dans les plus petites choses et ont assez d’adresse pour se les procurer. Ces hommes ont un entendement comme les autres mais cet entendement ne va pas plus loin que les sens ; ils ne voient jamais, et n’entendent jamais rien que des yeux et des oreilles de leur corps. Voilà le peuple." "La seconde classe se compose, d’après le même sage, des hommes instruits dans les sciences, dans les lettres, dans les arts libéraux. Ces hommes se proposent une fin dans ce qu’ils entreprennent, et connaissent les différents moyens qu’on peut prendre pour y parvenir ; ils n’ont point pénétré dans l’essence des choses, mais ils les connaissent assez pour en parler avec agrément, et en donner des leçons aux autres ; soit qu’ils parlent ou qu’ils agissent, ils peuvent rendre raison de ce qu’ils disent ou de ce qu’ils font, comparer les objets entre eux, et en tirer des conséquences justes sur ce qui est nuisible ou profitable : ce sont les artistes, les lettrés, ceux qui s’occupent des choses où doit entrer le raisonnement. Cette classe peut influer sur les moeurs et même sur le Gouvernement." "La troisième classe, continue Kong-Tzée, comprend ceux qui, dans leurs paroles, dans leurs actions et dans l’ensemble de leur conduite, ne s’écartent jamais de ce qui est prescrit par la DROITE RAISON ; qui font le bien sans prétention quelconque, mais seulement parce qu’il est bien ; qui ne varient jamais, et se montrent les mêmes dans l’adversité comme dans la fortune. Ces hommes parlent quand il faut parler, et se taisent quand il faut se taire. Ils ne se contentent pas de puiser les sciences dans les divers canaux destinés à les transmettre mais remontent jusqu’à la source. Voilà les philosophes." "Ceux qui ne s’écartent jamais de la règle fixe et immuable qu’ils se sont tracée, qui remplissent avec la dernière exactitude, et une constance toujours égale, jusqu’aux moindres de leurs obligations qui combattent leurs passions, s’observent sans cesse, et empêchent les vices d’éclore, ceux enfin qui ne disent aucune parole qui ne soit mesurée et ne puisse servir d’instruction, et qui ne redoutent ni, la peine ni le travail pour faire prospérer la vertu, dans eux-mêmes et dans les autres, constituent la quatrième classe, qui est celle des hommes vertueux." "La cinquième classe, celle enfin, ajoute Kong-Tzée, qui est la plus élevée et la plus sublime, comprend les hommes extraordinaires, qui réunissent dans leur personne les qualités de l’esprit et du coeur, perfectionnées par l’heureuse habitude de remplir volontairement et avec joie ce que la nature et la morale imposent de concert à des êtres raisonnables vivant en société. Imperturbables dans leur genre de vie, tels que le soleil et la lune, le ciel et la terre, ils ne discontinuent jamais leurs bienfaisantes opérations ; ils agissent par l’INTELLIGENCE, et comme les esprits, voient sans être vus. Cette classe, très peu nombreuse, peut être appelée celle des Parfaits et des Saints." J’ai transcrit ce qu’on vient de lire, sans y changer un seul mot. Si le lecteur a donné à ce morceau l’attention qu’il mérite, il y aura vu la doctrine de Pythagore telle que je l’ai exposée, et la distinction importante entre l’Instinct, la Raison et l’Intelligence, telle que je l’ai établie ; il y aura vu le dogme des mystères sur l’inégalité animique des hommes dont je viens de parler, et y aura facilement reconnu, dans la droite raison qui constitue la troisième classe, selon le théosophe chinois, la raison pure qui a dirigé le philosophe allemand dans l’établissement du criticisme. Cette droite raison, pour être assez près des vertus humaines, est encore fort loin de la sagesse qui seule mène à la Vérité. Elle pourrait y arriver néanmoins, car rien n’est impossible à la volonté de l’homme, ainsi que je l’ai assez fortement exprimé [2] ; mais il faudrait, pour cela, faire l’acquisition des vertus divines, et de la même, manière qu’on s’est élevé de l’instinct à l’entendement par la purification, passer de l’entendement à l’intelligence par la perfection. Lysis en offre les moyens : c’est par la connaissance de soi-même qu’il promet de conduire à ce but désiré ; il l’assure, il en atteste le nom de Pythagore lui-même. [1] La première espèce de vertus se nommait nqrwpnh, humaine, et la seconde 3/4rwikh ka qea, héroïque et divine. On doit faire attention à ces épithètes, qui se rapportent aux trois principales facultés de l’Homme. Aristot. ad Nicom. L. VII, c. 1. Plato, in Theoetet. Gallian, in Cognit. et Curat. morb. anim. L. I, c. 3 et 6. Theod. Marcil. in.Aur. Carmin. [2] Voyez le 12ème Examen.
Les Vers Dorés la tradition d’Hermès chez Pythagore Livre : Les Vers Dorés de Pythagore, par Fabre d’Olivet
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